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Floriane, salariée dans un garage solidaire

Publié le 5 mars 2018

A 30 ans, Floriane a choisi de se réorienter pour devenir carrossière-peintre. Poncer, redresser la tôle, peindre et vernir les carrosseries est devenu son projet professionnel. Portrait.

Floriane - garage solidaire de Carhaix

Au milieu des ailes cabossées et des moteurs hors d’usage, Floriane est dans son élément. « Je ne sais pas comment l’expliquer, mais ça m’a tout de suite plus ici », explique la jeune femme. La première fois qu’elle a mis le pied dans le garage solidaire de Carhaix, situé dans le Finistère, ça a été le coup de cœur. « Je devais faire réparer ma voiture, mais j’avais pas les moyens. Mon assistante sociale m’a donc fait connaître ce garage », explique Floriane.

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 C’est quoi un garage solidaire ?
Les garages solidaires sont le plus souvent constitués sous forme associative. Ils proposent des services d’entretien et de réparation de véhicules à tarif solidaire pour les personnes en situation précaire, orientées par des professionnels de l’insertion. En complément, ils peuvent développer des activités de vente, location ou d’autres services de mobilité. Les salariés de ces garages, quant à eux, sont majoritairement embauchés en contrats d’insertion.

Depuis quelques années déjà, elle enchaînait les petits boulots sans arriver à trouver sa voie, après avoir travaillé dans la restauration. « Un secteur qui n’est pas tout rose, où l’on fait beaucoup d’heures sans la paye qui va avec, et difficilement compatible avec un projet de famille ».

Apprendre à redresser la tôle

Floriane décide alors de postuler et le garage solidaire de Carhaix lui ouvre ses portes pour un CDD d’insertion de 8 mois. Comme tous les autres employés du garage, mis à part les chefs d’atelier et les postes administratifs, elle travaille ici 26 heures par semaine. Si l’activité principale du garage concerne les réparations mécaniques automobile, Floriane souhaite s’orienter vers la carrosserie. Elle profite ainsi des véhicules destinés à la déconstruction pour apprendre à « redresser la tôle ».

Intérieur du garage solidaire de Carhaix
Intérieur du garage solidaire de Carhaix

Elle est formée par le chef d’atelier, qui a aussi en charge les 13 autres employés en insertion. Elle apprend aussi parfois sur le tas. Les CDDI peuvent être reconductibles jusqu’à 2 ans, mais « on n’est pas censés rester ici, c’est un tremplin. » C’est pour cela que Floriane envisage de reprendre une formation comme carrossière réparatrice ou carrossière-peintre en alternance

Le fait d’avoir été bénéficiaire du garage donne aussi une autre dimension à son travail. « Être dans un garage solidaire, ça nous (re)met un pied dans le monde du travail. Mais ce que j’aime aussi, c’est aider des gens qui n’auraient pas les moyens de réparer leur voiture sans ça. Parce-que pour vivre en centre Bretagne sans voiture, il faut avoir du courage ou être bon coureur ! » déclare-t-elle avec ironie.

« Ici, on prend soin les uns des autres »

Dans l’atelier, un pare-chocs est en attente de peinture. « Il avait pas mal de chocs. Je l’ai poncé, j’ai essayé d’enlever les rayures et j’ai mis du mastic quand je ne pouvais pas les enlever. Après il sera peint, verni et redeviendra comme neuf ! Indirectement, quand je suis contente d’avoir travaillé sur une pièce, je pense au client. »

Le garage solidaire de Carhaix emploie 14 personnes en insertion et 7 salariés classiques.
Le garage solidaire de Carhaix emploie 14 personnes en insertion et 7 salariés classiques.

Si Floriane se sent bien dans cette structure, c’est aussi pour des raisons humaines et pour l’ambiance de travail. « C’est très familial. On prend soin les uns des autres, on sait que ce n’est pas facile pour tout le monde, que chacun a ses problèmes. On se soutient », explique la seule jeune femme de l’atelier. Si elle le pouvait, elle aimerait d’ailleurs travailler dans une structure de ce type après son contrat. Mais quand elle aura suivi une formation, elle sera alors trop qualifiée pour ces emplois destinés aux personnes en insertion.

En attendant, Floriane devrait être accueillie dans un garage classique pour valider son projet de formation et choisir sa voie entre la carrosserie et la peinture.

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Rédigé par

Emmanuelle Genoud

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