Solidarités

Ils soignent les animaux des plus démunis

Publié le 14 février 2018

Pas facile de bien nourrir ou de faire soigner son animal lorsqu’on peine soi-même à terminer le mois. Voire lorsqu’on est à la rue. Plusieurs structures et initiatives existent, pour tenter de garantir une “ égalité des chances “ à nos compagnons.

La salle d’attente du dispensaire de la SPA de Toulouse ne désemplit que rarement. « En ce moment, on a jusqu’à deux semaines d’attente pour une consultation classique, et deux mois pour les opérations« , confie Christelle Haguet, responsable de la structure. La raison de ce succès ? Des prestations vétérinaires accessibles aux plus démunis. « Nous nous adressons aux personnes en difficultés financières, que ce soit ponctuel ou de longue date ».

 


Sur présentation de justificatifs de leur de situation, les propriétaires d’animaux viennent faire soigner chien ou chat -voire rongeurs. « Les gens donnent ce qu’ils veulent. Mais nous insistons sur le fait que nous avons besoin de leur participation financière, sans quoi nous ne pourrions pas vivre« , met en garde Christelle.

Détresse financière et morale

Adultes en situation de handicap, personnes isolées en grande précarité, étudiants… Les vétérinaires du dispensaire voient défiler tous les profils. « Une grande partie de notre mission relève du social. Les bénéficiaires sont en difficulté financière mais aussi souvent morale. Nous ne sommes pas là que pour dispenser des soins. »

Cet après-midi-là, les consultations s’enchaînent. Dans l’une des salles de soin, Mela, chat âgé d’un an, se laisse manipuler par la vétérinaire et son assistante. Les maîtres, un jeune couple, semblent tout à fait sereins. « Elle vient seulement pour un rappel de vaccin, donc tout va bien ! »

Dans la salle d’attente, l’ambiance est légèrement plus tendue. Kin, un petit chien, type pinscher nain, attend son tour en tremblant. Sa maîtresse, Daniela, tente de le réconforter. « Il s’est blessé à la patte. Il a son vétérinaire habituel, où je l’ai déjà emmené plusieurs fois ce mois-ci, et ça commence à me coûter cher… Alors cette fois-ci, j’ai décidé de venir le faire soigner au dispensaire. »

La réinsertion sociale, jamais son mon animal !

Pour les chiens qui vivent dans la rue avec leur maître, le quotidien est souvent plus compliqué. L’association Gamelles pleines œuvre depuis près de 10 ans pour que la réinsertion des personnes en grande précarité se fasse avec leur animal.

Yohann Severe, président-fondateur, travaille avec les services sociaux, et a véritablement réussi à faire bouger les choses, du moins sur le secteur de Caen, où est née l’association. « Autrefois, une personne qui appelait le 115 se voyait systématiquement dans l’obligation de laisser son animal à la porte… Aujourd’hui toutes les structures sur Caen acceptent les chiens, en plus des maîtres ». Un vrai changement dans la manière d’appréhender la relation homme-animal, ce dernier étant souvent considéré comme un obstacle à l’insertion sociale.

Gamelles pleines organise de nombreuses maraudes, à Caen mais aussi à Quimper, Rennes et Paris. Les bénévoles distribuent croquettes et équipement : une laisse par-ci, une muselière par-là… « Les bénéfices vont au maître, à l’animal, mais aussi à la société », résume Yohann.

Enfin, qu’il s’agisse de la SPA ou de Gamelles pleines, la responsabilisation des amoureux des animaux reste au cœur de leurs actions. Aider, oui ; assister, sûrement pas. Et prévenir, toujours, en pratiquant la stérilisation des chiens et des chats : uniquement sur la base du volontariat des maîtres, mais en leur faisant bien comprendre que les refuges débordent d’animaux abandonnés et malheureux…

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Rédigé par

Claire Villard

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