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Juliette, animatrice maraîchage du groupement des agriculteurs bio d’Ile-de-France

Publié le 8 janvier 2018

A 23 ans, la jeune femme accompagne une centaine de maraîchers bio franciliens à travers des actions collectives et individuelles : organisation de réunions, formation, mise en lien des producteurs, visites à la ferme…

Pour sa première expérience, Juliette Guespin, 23 ans, n’a pas choisi le plus simple des défis : son métier consiste à répondre aux besoins et questions des maraîchers bio d’Île-de-France. « Ce poste est très polyvalent ! », explique la jeune femme, animatrice au sein du réseau de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). Et pour cause, les demandes des maraîchers peuvent concerner aussi bien les plannings des cultures et des variétés, les innovations en maraîchage bio visant à tendre vers l’autonomie des fermes, l’achat de matériel agricole, les problèmes de main d’œuvre, etc. Pas le temps de s’ennuyer !

Répondre aux besoins des maraîchers

Première étape : la visite de chaque ferme pour connaître le maraîcher, ses cultures, ses points faibles et ses points forts. « Je suis celle de l’équipe qui est le plus en déplacement. Je fais facilement 300 km A/R dans la journée ! ». Selon les besoins identifiés, Juliette met en réseau les maraîchers. « Si l’un d’entre eux a une problématique autour de la culture des choux-fleurs, alors je le mets en relation avec un maraîcher qui maîtrise la technique ! ».

Seconde étape : l’organisation de groupes d’échanges locaux – les « GEL » – des réunions pour rassembler les maraîchers d’un territoire. L’objectif : les amener à partager des solutions en s’appuyant sur leurs savoirs et leurs compétences. « Dans ces groupes, on essaye d’avoir toujours quelques maraîchers anciens, avec plus de 10 ans d’expérience, pour épauler les jeunes installés ». C’est aussi l’occasion de faire des commandes groupées de semences, de petit matériel agricole ou de plants.

Pour les aider à monter en compétence, Juliette organise des formations adaptées. « Cela peut porter aussi bien sur la biodiversité, la fertilisation que sur la fonction employeur ou les gestes et postures pour préserver son corps ». Juliette a la charge de la préparation de la formation : identification du formateur, validation du contenu pédagogique, logistique…

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Les GAB, qui existent dans toutes la France, sont des groupements professionnels créés par des agriculteurs bio. Leur objectif est de défendre l’agriculture biologique face aux nombreux enjeux du secteur : faciliter l’installation et la transmission des fermes pour éviter leur disparition (moyenne d’âge des agriculteurs bio : 52 ans), faire face à la suppression des aides au maintien de la bio, accompagner la montée en puissance de la vente directe et des AMAP et la recherche d’autonomie énergétique, économique et dans la production de semences…

Entre autonomie et coopération

Très autonome, Juliette peut toutefois compter sur son équipe pour mieux répondre aux attentes des maraîchers. Le GAB Ile-de-France est constitué d’une quinzaine de salariés, dont des animateurs spécialisés : grandes cultures et conversion bio, installation/transmission, aides et règlementation de l’agriculture biologique, etc. « Quand je n’ai pas la réponse, je peux orienter vers un collègue ou me tourner vers ma coordinatrice technique », explique Juliette. La jeune animatrice peut aussi compter sur un comité de pilotage composé de 4 maraîchers volontaires et d’un maraîcher référent.

L’équipe du GAB Ile-de-France mutualise aussi beaucoup avec les autres groupements locaux et régionaux, membres du réseau FNAB (la fédération nationale de l’agriculture bio). « On monte une commission Grand Nord Est en ce moment pour mutualiser et développer des outils communs pour mieux accompagner les producteurs ».

« Je sais ce que c’est de planter un chou ! »

Une grande majorité des 250 animateurs du réseau FNAB sont ingénieurs agricoles… Mais pas Juliette ! « Plus que ma formation, l’équipe a apprécié mon profil car j’ai travaillé 7 mois dans une ferme maraîchère. A moitié ouvrière agricole, à moitié conseillère en AB, j’ai vraiment compris ce que c’était de planter un chou ! ». Avec sa formation Bac+3 alliant écologie et agriculture, elle ne manque jamais de donner des conseils pour préserver la biodiversité, comme l’installation d’un perchoir à buses ou d’une haie. Du haut de ses 23 ans, Juliette a aussi un caractère bien trempé, qui lui permet de se faire écouter et de s’imposer face aux agriculteurs lors des réunions et formations.

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Rédigé par

Pauline Bian-Gazeau

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Inès

Publié le 11 janvier 2018

BRAVO à Juliette, des jeunes motivés avec de l'expérience dans des fermes c'est ce qui fera avancer le secteur !!

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