Etudes & formations

Les Maisons familiales rurales forment « des citoyens complets »

Publié le 19 janvier 2018

Modèle d'éducation associatif unique, le mouvement des MFR réunit parents, professionnels et acteurs locaux pour proposer des formations sur des territoires majoritairement agricoles. Rendez-vous en Normandie, dans l'un de ces établissements.

«Si j’avais poursuivi ma formation dans l’Éducation nationale, je n’aurais jamais atteint ce niveau d’études. Grâce aux Maisons familiales rurales, je suis fière de mon parcours. » Jessica, 21 ans est aujourd’hui alternante en BTSA Développement Animations Territoires Ruraux à la MFR de la Bagotière, en Haute-Normandie.
La jeune femme fait ainsi partie des 50 000 personnes – jeunes et adultes – qui se forment chaque année dans les Maisons familiales rurales pour travailler – entre autres – dans le secteur de l’agriculture. 11 000 d’entre elles préparent des diplômes dépendant du Ministère de l’Agriculture ou du Ministère de l’Éducation nationale. Initié en 1937, le Mouvement continue de se développer : on compte 430 Maisons en France, et 1 000 dans le monde, l’internationalisation ayant débuté dès les années cinquante.

A la Bagotière, deux châteaux accueillent les 230 élèves. On peut par exemple y préparer un Bac Pro Gestion Administration, suivre la 4eme et la 3eme en alternance pour mieux préparer son orientation (services à la personne ou métiers de bouche) ou encore se préparer au BTS Assistant-e de Gestion PME PMI.

Une éducation attentive aux besoins des territoires

Le modèle éducatif des MFR repose pour une large part sur l’alternance entre des cours et des expériences de terrain. « En milieu professionnel, on ‘passe au fer’ », selon l’expression de la directrice, Valérie Davignon : « dès qu’on rentre dans la MFR, on fait plus que se préparer à un travail. On a d’emblée un rôle dans la société ! » Jessica le confirme : « On change de casquette tout le temps, cela permet de gagner en maturité. C’est moins confortable que de rester derrière un bureau ! Mais on est directement préparés à travailler là où on a choisi de travailler. »

Dès qu’on rentre dans la MFR, on a d’emblée un rôle dans la société. 

Valérie Davignon, attribue le succès du mouvement à son enracinement local : « Nous revendiquons fortement notre implantation dans les zones rurales, dont les dynamiques sont différentes de celles des métropoles, urbaines et tertiarisées, Nos partenaires sont les élus, les entreprises et les associations locales. » Agnès Autef, formatrice, ou plutôt monitrice dans la structure, ajoute : « les MFR proposent un modèle éducatif adaptable à des situations très diverses. »

Former des citoyens complets

Étymologiquement, le moniteur est « celui qui montre ». Une notion au cœur de la pédagogie des MFR selon Valérie Davignon : « au-delà de la transmission de savoirs, il s’agit d’accompagner les jeunes et adultes en formation vers le monde professionnel. L’appropriation des connaissances passe par un temps d’échange avec de véritables acteurs locaux, l’analyse de leurs méthodes et de leurs parcours. »

L’engagement des MFR, c’est de donner une chance à tout le monde, et d’abord à celles et ceux qui n’auraient pas trouvé leur place dans d’autres établissements.

Les moniteurs, eux-mêmes, viennent du monde du travail. Agnès a été DRH dans le secteur du bâtiment. Pour elle, « le diplôme n’est pas forcément une finalité. L’engagement des MFR, c’est de donner une chance à tout le monde, et d’abord à celles et ceux qui n’auraient pas trouvé leur place dans d’autres établissements : l’éducation que nous dispensons est un accompagnement tant sur le plan personnel, que professionnel ou scolaire. Nous voulons former des citoyens complets. »

« L’implication des parents est directe »

La structure associative des MFR reflète cette volonté de participation, et tisse un lien étroit entre la structure éducative et le territoire. « Le Conseil d’administration est réellement décisionnaire et comprend à parts égales maîtres de stages, parents d’élèves ou d’anciens élèves », affirme Valérie Davignon. « L’implication des parents est directe : les opérationnels, comme moi, échangent avec eux pour s’adapter continuellement aux besoins des jeunes et du terrain. »

Agnès Autef poursuit : « c’est leur engagement qui fait l’efficacité de notre modèle. Un fonctionnement plus traditionnel, où leur présence se limiterait aux convocations, remises de notes, etc., n’encouragerait pas à la participation des jeunes eux-mêmes à leur projet de développement personnel. Se sentir entourés leur redonne évidemment confiance en eux. » Une autre façon de penser et vivre la formation.

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Les Maisons Familiales Rurales forment à de nombreux métiers : dans l’agriculture, la sécurité, l’électricité, l’administration et la gestion, le bâtiment, les métiers de bouche, le commerce, les services à la personne… le détail est disponible ici.

Plus d’infos sur les inscriptions par ici.

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Rédigé par

Julien Palomo

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