Accompagnés pour créer

Entreprendre en mode coopératif, ça s’apprend ?

Publié le 4 octobre 2017

Vous êtes lycéen, étudiant ou en recherche d’emploi et vous avez envie de découvrir le monde de l’entreprise, en participant à un projet collectif ? De nombreux programmes existent pour entreprendre en mode coopératif. Tour d’horizon à Saint Brieuc, Paris et Poitiers.

Des jeunes de la CJS de Lannion (Côtes d'Armor) © Joël Bellec

Des jeunes de la CJS de Lannion (Côtes d'Armor) © Joël Bellec

« J’avais envie de travailler », raconte Sarah, pour expliquer pourquoi elle a rejoint la Coopérative Jeunesse de Service (CJS) de Saint Brieuc en 2016. En effet, quand on a moins de 18 ans, pas toujours facile de trouver un boulot d’été. « J’avais envoyé quelques cv et toujours eu des réponses négatives, ajoute la lycéenne. Là on m’a dit oui ! » Entraînée par une amie, Sarah ne sait pas très bien où elle met les pieds au départ. Mais au fur et à mesure, ses attentes sont comblées et dépassent même ses espérances. « J’ai appris comment s’organise une entreprise et je me suis fait des amis. J’ai bien aimé le fait que nous décidions de tout et que tout le monde ait son mot à dire. »

C’est en effet un des principes de la CJS : apprendre le fonctionnement d’une entreprise coopérative et le mettre en pratique pendant les deux mois d’été, en proposant des services aux particuliers et aux entreprises. Chaque décision est prise en commun lors de conseils d’administration. Les rôles sont définis au départ : on choisit un président, un secrétaire, un trésorier. Et la quinzaine de jeunes de 16 à 18 ans qui constituent la coopérative se répartissent en trois pôles : ressources humaines, finances et marketing.

Morgane a tellement apprécié son expérience au sein de la CJS de Quintin, petite commune rurale des Côtes d’Armor, qu’elle a décidé d’y revenir un deuxième été. « Je suis fille d’agriculteurs, donc on n’est jamais partis en vacances. La CJS m’a permis de faire quelque chose pendant l’été. La deuxième année, j’ai apporté mon expérience. On a pu démarcher les clients dès juillet pour avoir des chantiers en août. »

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Les Coopératives Jeunesse de Service (CJS) existent depuis 2013 en France. Ce concept venu du Québec et déployé en France par le réseau Coopérer pour Entreprendre, sensibilise les jeunes de 16 à 18 ans à l’entrepreneuriat coopératif. Pour en savoir plus, lisez notre article.

 

Les CJS, un apprentissage de l’entreprise et de la vie en groupe

Toute expérience de CJS commence par une semaine de formation au fonctionnement d’une coopérative. Patricia, en CJS à Saint Brieuc en 2015 a perçu dans cette structure juridique « plus d’humanité que dans une entreprise classique ». Cette expérience l’a d’ailleurs inspirée pour choisir ses études : le droit. Elle n’occulte pas pour autant les difficultés rencontrées : « On se rend compte que tout le monde ne travaille pas autant, que les caractères sont différents. En tant que présidente, j’ai dû gérer ça. C’était très délicat car je devais temporiser. »

Gurvan, jeune coopérant à la CJS du Pays glazik dans le Finistère, a découvert son engouement pour l’entrepreneuriat, mais aussi la réalité du travail coopératif : « J’ai appris que pour travailler, il faut s’appuyer sur les autres. Mais aussi qu’on ne peut pas toujours compter sur eux… Si je crée mon entreprise plus tard, je choisirais bien mes associés ! »

Déménagement par les membres d'une CJS.
Déménagement, babysitting, désherbage ou mise sous pli, les services proposées par les CJS sont diversifiés.

Gérer les différentes personnalités, les crises ou accepter les décisions de la majorité sont aussi le lot d’une coopérative. Des situations auxquelles Morgane a su faire face : « Cette année, on a commencé la CJS à 15 et on a fini à 13. Certains ne respectaient pas les règles qu’on avait fixées. Toutes les semaines en conseil d’administration, on en parlait. Puis on a décidé de les laisser partir, un choix qu’ils ont finit par faire eux-mêmes. »

Le mode coopératif pour remettre le pied à l’étrier

Si l’expérience des CJS, touche les jeunes de 16 à 18 ans (près de 400 en 2016), le concept se développe également auprès des jeunes adultes. Plusieurs Coopératives Jeunes Majeurs (CJM) se sont ainsi mises en place dans le grand ouest. « Les CJM sont une expérimentation. Trois expériences ont déjà eu lieu à Vannes, Redon et Locminé », explique  Mathilde Lebreton, chargée de mission de l’association Rich’ESS, pôle d’économie sociale et solidaire au sein du pays de Saint Brieuc. En octobre, débute la quatrième session. « L’objectif est de permettre à des jeunes de rebondir. Sur cette période, on s’adresse plutôt aux  jeunes en décrochage ou en réorientation. La différence la plus importante avec les CJS, c’est que l’activité économique créée par la coopérative doit sensibiliser et aider à construire son parcours professionnel. »

Participants à le première Teame 75 © Pauline Coutier
Participants à la première Teame 75 © Pauline Coutier

L’expérience des Teame en région parisienne est sensiblement similaire. Portées par le groupe SOS, elles ont également pour outil la création d’une coopérative éphémère de services. « Mais l’entreprise est un prétexte ! explique Adèle Hagler, coordinatrice des Teame. Notre objectif est de remettre des jeunes déscolarisés et désocialisés dans une dynamique, de leur faire prendre conscience de leurs compétences en termes de savoir-être et de savoir-faire. »

Dans le projet Teame, la coopérative reste fictive. Une agence d’intérim bénévole gère les aspects administratifs. Mais la gouvernance et l’organisation restent sur un mode coopératif. En octobre 2017, les 5ème et 6ème  éditions commencent à Paris.

Apprendre à créer son entreprise en Campus coopérative !

Pour les étudiant-e-s et autres entrepreneurs en herbe enfin, Campus coopératives est encore un autre mode de découverte de l’entrepreneuriat. Comme les CJS, le concept vient du Québec. Depuis 2012, l’expérience se renouvelle tous les deux ans. Le projet porté par l’Union régionale des Scop (URSCOP) Poitou Charentes propose aux 18 à 35 ans de monter un projet coopératif. La formule est plus condensée que les autres dispositifs. « L’objectif est d’amener les jeunes à créer, explique Yohan Baufreton, délégué régional de l’URSCOP Poitou Charentes. On propose un parcours allant de l’idée à la construction collective. La première semaine est dédiée au cheminement, la deuxième à la structuration du projet pour construire un modèle économique viable. » La prochaine session se déroulera en juillet 2018, et probablement sur une semaine, pour permettre aux étudiants qui travaillent l’été d’y participer plus facilement.

Vous avez un projet d’entreprise coopérative, l’envie de passer un été utile ou de rebondir après une période de creux ? L’expérience de la coopérative est peut-être pour vous !  Renseignez-vous près de chez vous pour trouver la structure qui vous apprendra à entreprendre en mode coopératif !

 

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Rédigé par

Emmanuelle Genoud

1 commentaire

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Nelly Lechaplain

Publié le 11 octobre 2017

Bonjour. Merci pour ce bel article sur l'entrepreneuriat coopératif et la présentation des Coopératives Jeunesse de Services. Pour en savoir plus sur ce projet vous pouvez nous contacter par mail à cjs@cooperer.coop ou consulter notre page web www.cjs-france.coop. Au plaisir.

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