Projets inspirants, créateurs inspirés

Jérémie, entrepreneur social hyper actif et incontournable

Publié le 27 septembre 2017

Entrepreneur dans l’âme, Jérémie Loevenbruck a créé Palanca, sa première société coopérative, à 25 ans. Il a également fondé la conciergerie de quartier Allo Bernard à Toulouse, et il est un acteur incontournable des projets de l’économie sociale et solidaire dans la ville Rose.

Jérémie, Fondateur de la Conciergerie Allô Bernard à Toulouse

Jérémie Loevenbruck est un hyperactif. Il dort peu, travaille beaucoup. Figure du quartier Arnaud Bernard à Toulouse, le jeune homme de 32 ans est investi dans de nombreux projets en parallèle. Sur son vélo pliable, il passe des locaux de Palanca à la conciergerie de quartier Allo Bernard – deux entreprises qu’il a co-fondées – avant de foncer à une réunion avec des partenaires.

Son énergie hors norme, il la consacre à l’amélioration de la vie de la cité. Entrepreneur dans l’âme, Jérémie a co-fondé sa première société à 25 ans : Palanca. Depuis 2012, cette SCOP accompagne et conseille les entreprises dans une démarche RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et développe des actions autour du développement durable.

« Ces mecs qu’on accompagnait étaient en train de changer le monde, mais nous, on ne créait rien ! »

Quelques années plus tard, les fondateurs font un premier bilan. « Ces mecs qu’on accompagnait étaient en train de changer le monde, mais nous, on ne créait rien ! » Frustrant. En 2015, après plusieurs mois de gestation, Jérémie et ses deux associés ouvrent Allo Bernard, une conciergerie de quartier. Apporter des repas aux personnes âgées, créer du lien, emprunter une perceuse, déménager un meuble, déposer des clefs… Ils réinventent le métier de concierge, à l’échelle d’un quartier. L’équilibre est trouvé entre leur activité de conseil et l’envie de concret.

Enjeu : ne pas dépendre des aides publiques

Le projet a pu voir le jour grâce à l’expertise de Palanca. L’entreprise mère a fait une levée de fond de 150 000 euros. Une partie de cette somme a permis aux consultants de Palanca de dégager du temps pour élaborer le projet de conciergerie. Ils ont ensuite été embauchés au sein d’Allo Bernard. La coopérative emploie aujourd’hui 8 personnes à temps plein.

Devanture de la Conciergerie Allô Bernard à Toulouse
Devanture de la Conciergerie Allô Bernard à Toulouse

Les aides ponctuelles ou les prix qu’a décrochés Allo Bernard par la suite de la part des institutions publiques ou de fondations comme France Active ou Aviva ont permis à la jeune coopérative de gagner en notoriété.

En quelques années, la conciergerie de quartier a séduit son public : 200 clients particuliers et une vingtaine d’entreprises font appel à ses services. La rentabilité n’est pas encore au rendez-vous, mais Allo Bernard est un prototype très regardé au niveau national qui a gagné une légitimité réelle dans la métropole toulousaine. « L’enjeu de la conciergerie, c’est que ce soit un modèle à fort impact social qui ne dépende pas des subventions », insiste Jérémie.

Pour cela, Allo Bernard doit encore grandir, toucher de nouveaux clients particuliers, mais surtout des entreprises ou des institutions qui ont des besoins importants et des capacités plus grandes à se payer les services de la conciergerie. D’ici un an, les fondateurs espèrent atteindre la rentabilité et l’indépendance financière.


« Il y a un côté maladif dans mon besoin d’agir, de créer, mais Jean-Lou, mon associé m’aide à me canaliser. Il n’hésite pas à me dire : « Calme toi, calme ton ego ! » , avoue l’ancien sportif de haut niveau. Changer le monde passe d’abord par se changer soi. Une fois qu’on est dans un chemin, on s’améliore, ensuite on rayonne. » Une philosophie de vie qu’il a acquis par son expérience et son parcours.

Du sport de haut niveau à l’économie sociale et solidaire

Né dans une famille de 8 enfants, Jérémie a gagné très vite en autonomie. A 16 ans, il quitte la maison pour jouer au rugby à un haut niveau. Il est porté par ce sport avant de se blesser et de de ressentir une lassitude du milieu. « Les valeurs rugby, elles existent juste à l’intérieur de la communauté…  Il y a un fonctionnement hyper descendant, le président est le grand patron, l’entraîneur un dieu vivant. On implique les gens par la peur ».

Jérémie Loevenbruck, 32 ans.
Jérémie Loevenbruck, 32 ans.

Une vision de l’entreprise qui ne lui correspondait pas. Son sentiment qu’il fallait imaginer une entreprise différente, plus sociale, plus horizontale a fini de se forger avec ses voyages, en Afrique du Sud et au Brésil notamment. Les rapports de domination qu’il a observé lors de son périple l’ont aiguillé vers l’économie sociale et solidaire.

« Au pire, tu auras vécu une expérience de vie. »

Ainsi, quand il a dû choisir entre chercher du boulot dans une entreprise très pyramidale ou créer sa boîte après son école d’ingénieur, il n’a pas hésité longtemps. « Après 3 ans d’entrepreneuriat, tu as moins d’argent que si tu avais pris un CDD, mais une expérience valorisable partout et ce que tu as gagné en expérience de vie, c’est monstrueux ! »

Services aux séniors, conciergerie de quartier ou d'entreprise, Allô Bernard recrée du lien social.
Avec ses services aux seniors, sa conciergerie de quartier ou d’entreprise, Allô Bernard recrée du lien social à Toulouse.

Un choix qu’il défend aujourd’hui encore. « Il faut simplement trouver le bon compagnon de route, c’est fondamental. Il ne faut pas forcément le chercher, mais écouter et laisser venir les choses en provoquant la rencontre. Et au pire, même si ton entreprise s’arrête, tu auras vécu une putain d’expérience ! »

Image writer

Rédigé par

Pierre Vincenot

1 commentaire

Cliquez sur le + pour voir les commentaires. Et remplissez le formulaire ci-dessous pour commenter un article.
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

image commentary

Riera genevieve

Publié le 28 septembre 2017

Merci pour ce témoignage de vie ,la relève est assurée!! La mutation se fait .Ca fait plaisir .j'aime la remarque sur le travail intérieur .le changement ne vient que de la et le reste se fait tout seul

Sur le même thème

Décryptage

  • Co-création : entreprises classiques et sociales alliées pour la bonne cause

    Lire la suite
  • Modèle économique entreprise ESS

    À quoi ressemble le modèle économique d’une entreprise de l’ESS ?

    Lire la suite
  • Recycles © Kamel Secraoui

    Quand les chambres à air deviennent ceinture et les mobiles retrouvent une jeunesse

    Lire la suite
  • L’ESS, à quoi ça sert ?

    Lire la suite

Say yess tv

  • Ensemble, ici et maintenant

    icone-youtube-play

    Par: Step Aside Project

  • L’affranchi jardinier

    icone-youtube-play

    Par: Step Aside Project

  • Le tourisme m’a sauvé

    Alternative Urbaine à Paris - Solidarum
    icone-youtube-play

    Par: Solidarum

Nos derniers articles

Social, solidaire, etc.

Où et comment s’informer sur l’économie sociale et solidaire ?

Il n’y a pas que Say Yess dans la vie !

Rédigé par Say Yess
le 31 juillet 2018 En savoir plus

Culture

Des librairies de ville en ville, pour recréer du lien

A vélo ou en camion, ils ont décidé de se lancer sur les routes de leur territoire pour apporter la culture au plus près des habitants. Embarquement dans la tournée des libraires itinérants.

Rédigé par Jérémy Pain
le 24 juillet 2018 En savoir plus

Culture

Bronzez solidaire !

Une petite sélection de livres dévorés par la rédac de Say Yess, à glisser dans ses valises...

Rédigé par Say Yess
le 19 juillet 2018 En savoir plus

Afin d'améliorer votre expérience, Say Yess utilise des cookies. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies, pour nous aider à analyser les audiences de ce site.
En savoir plus
Votre commentaire a bien été soumis. Il est en attente de validation.