Au fait, c'est quoi ?

Quand les chambres à air deviennent ceinture et les mobiles retrouvent une jeunesse

Publié le 18 septembre 2017

Réparer, redonner une nouvelle vie aux objets permet d'augmenter le cycle de vie et donc de réduire l'impact environnemental. Depuis plusieurs années, l'économie circulaire prend de l'essor, innove et crée de l'emploi.

Recycles © Kamel Secraoui

Recycles © Kamel Secraoui

Les déchets s’accumulaient dans le quartier de Bogota où Hubert Motte finissait ses études d’ingénieur. Une idée a alors germé dans l’esprit du jeune homme.« Faisons quelque chose avec ces ordures pour les réduire, et qui mobilisera les habitants », raconte l’ingénieur de 24 ans.

Cette idée a pris forme à son retour en France. Il allait recycler les chambres à air de vélo, récupérées chez des marchands ou des particuliers. Hubert a donc créé La vie est Belt. « Je suis allé rencontrer différents créateurs en cuirs, j’ai regardé leur manière de faire pour essayer d’adapter l’outillage à mes problématiques. J’ai récupéré de vieux outils que j’ai retapé », explique l’entrepreneur. Le premier lot de ceintures réalisées avec de vieilles chambres à air, uniques, numérotées et sur-mesure était créé. A Lille, il y aura désormais moins de chambres à air de vélo incinérées et une mode est née : la ceinture qui a roulé des kilomètres avant de devenir ceinture.

Près de Lyon, Réversible invente des sacs à partir de ballons, des trousses à partir de bâches avec un objectif : éviter l’incinération du produit et travailler à une économie propre.

Refabriquer et créer de l’emploi

A Toulouse, ce sont les vélos dans leur intégralité qui retrouvent une seconde vie. L’association les Cycles-Re propose de donner une seconde vie aux cycles destinés au rebut et ainsi prolonger leur durée de vie. « Au début on prenait des pièces de plusieurs vélos pour en fabriquer un très personnalisé. Cela prenait un temps monstrueux car rien n’était adaptable. Économiquement, ce n’était pas viable, nous avons donc industrialisé le processus », explique Florent Motte, 38 ans, le fondateur.

Réparation de vélos chez Recycles © Kamel Secraoui
Réparation de vélos chez Recycles © Kamel Secraoui

Cette optimisation de la refabrication a également une autre finalité : « rendre la transmission plus aisée », explique Florent. L’idée est de mettre la formation au cœur du dispositif. Les cycles-Re vont accueillir des salariés en atelier d’insertion entre 6 mois et 2 ans. Il faut donc que le processus ne soit pas trop compliqué, sinon, la transmission est difficile, et ce n’est pas sécurisant pour les salariés en insertion.

Une démarche partagée par Hubert Motte à Lille qui forme trois personnes en situation de handicap à sa technique de la ceinture en chambre à air.

Changer les habitudes et acheter un téléphone reconditionné

La société Recommerce estime pour sa part avoir crée 2000 emplois en France depuis 2009. Mais à l’origine, Benoît Varin et ses associés avaient « envie de lutter contre le gaspillage des téléphones portables ». La construction de ces appareils est très consommatrice en matières premières et au bout de 14 mois en moyenne ils sont changés.

Packaging séduisant pour les smartphones reconditionnés de Recommerce
Packaging séduisant pour les smartphones reconditionnés de Recommerce

Les créateurs de Recommerce ont donc développé une filière pour collecter les téléphones usagers et les valoriser en les réparant pour les revendre. Une sorte d’Emmaüs 2.0 à grande échelle. « Nous aidons les commerçants à devenir des recommerçants » se félicite Benoît Varin. Il rappelle l’importance d’acheter des produits reconditionnés « qui sont souvent de meilleure qualité ». Et Benoît a un rêve : créer une vraie France de la réparation.

Alors, innovez, réparez, réinventez !

Image writer

Rédigé par

Pierre Vincenot

Sur le même thème

Décryptage

  • Co-création : entreprises classiques et sociales alliées pour la bonne cause

    Lire la suite
  • Modèle économique entreprise ESS

    À quoi ressemble le modèle économique d’une entreprise de l’ESS ?

    Lire la suite
  • Recycles © Kamel Secraoui

    Quand les chambres à air deviennent ceinture et les mobiles retrouvent une jeunesse

    Lire la suite
  • L’ESS, à quoi ça sert ?

    Lire la suite

Say yess tv

  • Ensemble, ici et maintenant

    icone-youtube-play

    Par: Step Aside Project

  • L’affranchi jardinier

    icone-youtube-play

    Par: Step Aside Project

  • Le tourisme m’a sauvé

    Alternative Urbaine à Paris - Solidarum
    icone-youtube-play

    Par: Solidarum

Nos derniers articles

Citoyenneté

« J’ai donné un sens à mon travail grâce au Service Civique ! »

Après avoir travaillé quelques années en tant que pâtissier, Mikaël Treilhaud Daramy se lance dans un service civique, poussé par une envie de changement. Un véritable tremplin vers le secteur de l’économie sociale et solidaire pour ce jeune de 23 ans.

Rédigé par Déborah Antoinat En savoir plus

Entreprendre, mode d'emploi

Pourquoi se compliquer la vie en créant une entreprise éthique et solidaire ?

Comme si créer une entreprise ce n'était pas suffisamment compliqué, certains y ajoutent des ambitions écologiques, sociales et solidaires... Seraient-ils un peu maso?

Rédigé par Laure Jouteau En savoir plus

Tech

L’agriculture urbaine boostée par le numérique

Et si les agriculteurs, jardiniers ou botanistes locaux s'unissaient aux acteurs du web ? C'est le principe des rencontres « Hackgriculture », proposées par le collectif « Nantes ville comestible » qui vise à mêler les énergies locales pour penser la ville comestible. Avec le numérique comme engrais.

Rédigé par Jeanne La Prairie En savoir plus

Afin d'améliorer votre expérience, Say Yess utilise des cookies. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies, pour nous aider à analyser les audiences de ce site.
En savoir plus
Votre commentaire a bien été soumis. Il est en attente de validation.