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Sage-femme au planning familial : prescrire de l’écoute

Publié le 8 septembre 2017

Sobiha Sbaï, 27 ans, exerce comme sage-femme depuis quatre ans, notamment au planning familial de Lille. Elle travaille au service de ses patientes, ou plutôt des femmes qu’elle rencontre.

contraception

Rien ne la prédestinait au métier de sage-femme qu’elle méconnaissait jusqu’à sa première année de médecine. Au sortir du bac, Sobiha souhaitait intégrer le milieu médical. Une fois le concours en poche, le choix entre dentaire et sage-femme s’est fait naturellement. C’est lors d’un stage qu’elle découvre le planning familial : « J’y ai tout de suite été très à l’aise. Je me retrouvais dans les valeurs féministes du planning, c’est-à-dire la défense de la liberté de choix et de pensée comme pour la contraception par exemple. »

Sobiha, sage-femme au planning familial
Sobiha, sage-femme au planning familial

Après un remplacement d’été, Sobiha intègre l’équipe de quatre sages-femmes en vacations, correspondant généralement à trois ou six heures, en plus de son activité en libéral et de quelques gardes en milieu hospitalier. « Le planning a une identité militante forte. J’apprécie de rencontrer un public que je ne côtoie pas en dehors. » Sobiha se reprend constamment lorsqu’elle utilise le terme « patiente » pour le remplacer par « femme ».

Au planning, elle prescrit avant tout de l’écoute. « Les femmes sont étonnées parfois de repartir sans ordonnance ou de ne pas avoir été auscultées pendant la consultation. » Son activité consiste souvent à accompagner un premier choix contraceptif, en mentionnant pourquoi pas le stérilet ou l’implant pour celles qui se disent tête en l’air. « Notre rôle est d’entendre les inquiétudes des femmes, de les informer et de prendre le temps de leur proposer une méthode qui leur convienne. » Les temps de consultation y sont plus longs qu’en milieu hospitalier, avec la possibilité de déborder.

Un engagement au delà du médical

Le planning l’a sensibilisée bien au-delà du médical, notamment sur la violence faites aux femmes. Lorsqu’elle en est témoin, elle connait désormais les structures qui peuvent les accompagner afin de mieux les orienter.

Bien sûr, elle a eu des modules de communication ou de psychologie de la personne pendant sa formation : « mais cela reste théorique. J’ai vraiment appris au planning grâce aux femmes que je rencontre et en travaillant en binôme avec des conseillères du planning ». Hier, par exemple, une femme est venue lui parler de ses difficultés psychologiques à surmonter une interruption volontaire de grossesse. « J’ai pu l’orienter vers ma collègue conseillère qui lui a apporté le réconfort dont elle avait besoin. »

Quelle différence entre sage-femme et gynéco ? « Les sages-femmes s’occupent de tout ce qui est physiologique, de manière naturelle. Dès qu’il y a une complication, c’est-à-dire une maladie, cela dépend de la gynécologie. Par exemple, si aucune pathologie d’infertilité n’est détectée, nous pouvons accompagner les femmes pour les rassurer face à leur difficulté à avoir des enfants.  »

En plus des consultations rémunérées du planning, Sobiha se déplace bénévolement dans les collèges et les lycées pour informer les jeunes. Ses petites batailles ? Voir de jeunes couples qui ont le réflexe de s’informer d’une contraception longue durée et non pas se contenter de la contraception occasionnelle d’urgence. Mais lorsqu’elle est témoin de remarque sexiste, elle se dit qu’il lui reste du travail à faire.

Le planning familial, c'est quoi ?

Association créée dès 1956 en opposition de la loi 1920 interdisant l’avortement et la liberté de contraception, le planning familial a toujours maintenu son positionnement militant féministe et d’éducation populaire, notamment autour des questions de sexualité. C’est avant tout un lieu de parole et d’écoute.

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Rédigé par

Caroline Venaille

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