Entreprendre, mode d'emploi

Se lancer grâce au micro-crédit

Publié le 21 septembre 2016

Difficile de trouver un financement auprès des banques, lorsqu'on est jeune et qu'en plus, on ne cherche pas à faire de gros profits! Une solution existe pourtant, le microcrédit. Financé par l'Adie, Pierre a ainsi pu créer sa coopérative.

Selon un sondage réalisé par l’Institut Think pour Lendopolis et le Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables à l’occasion du 22ème Salon des Entrepreneurs en 2015, 46% des jeunes de 18-24 ans ont envie de créer leur entreprise. Problème, la plupart d’entre eux ne parviennent pas à trouver de financement pour se lancer. « Il y a trois ans, quand j’ai décidé avec mon ami Yohann de créer les Petits Cinéastes, une coopérative d’éducation à l’image qui anime des ateliers dans les écoles ou en milieu associatif, aucune banque n’a voulu nous faire confiance », se souvient Pierre, 30 ans aujourd’hui.

Un mini prêt pour créer sa boîte

« Manque d’expérience professionnelle, peu ou pas d’économies personnelles… les banquiers considèrent souvent les jeunes comme insolvables », regrette Matthieu Barrier, directeur adjoint du réseau de l’Adie. « Nous ne voulions ni dissimuler notre projet et contracter un crédit à la consommation, ni demander de l’argent à nos parents », raconte Pierre. Et c’est à la mairie de St Ouen, sa ville, que le jeune homme entend parler de l’Adie et du microcrédit. Un prêt de 10.000 euros maximum, remboursable sur 48 mois, réservé à ceux qui n’ont pas accès aux crédits bancaires et qui souhaitent créer leur entreprise.

« Nous finançons tout type d’activité (vente sur les marchés, services aux particuliers et aux entreprises, bâtiment, artisanat, commerce en boutique, vente sur Internet, transport, restauration, etc.) et tout type de statut ou régime d’entreprise », précise Matthieu Barrier. Achat d’un local ou de matériel, avance de trésorerie… cet argent peut financer n’importe quel besoin visant à créer son propre emploi ou à développer son entreprise. Les 7.000 euros empruntés ont permis à Pierre d’acheter le matériel de base pour démarrer son activité : une caméra, un micro, une perche de son…

Un vrai programme d’accompagnement

« Mais au-delà du prêt, on a surtout reçu un vrai coup de pouce, en étant accompagné dans la création de notre coopérative, ajoute-t-il. Gestion, communication, conseil juridique… Des bénévoles nous ont aidé à consolider notre projet et faire en sorte qu’il tienne la route ». Le tout rapidement, puisqu’en quelques semaines seulement, le crédit était accordé, le projet finalisé et les premiers clients démarchés. En 2015, 18.000 personnes ont ainsi bénéficié d’un microcrédit de l’Adie,  dont 23% de moins 30 ans.

Pour ceux dont le projet est encore vague, l’Adie a mis en place dans une vingtaine de villes CréaJeunes, un programme d’accompagnement à la création d’entreprise proposé gratuitement aux jeunes de 18 à 32 ans. Durant cinq semaines, par petits groupes, les jeunes alternent ateliers collectifs centrés sur la montée en confiance et la connaissance pratique du monde de l’entreprise, et entretiens individuels,  pour passer de l’idée à la réalisation concrète de leur projet, et si besoin obtenir un financement de l’Adie.

Cet accompagnement explique certainement les bons résultats affichés par l’Adie. Deux ans après avoir obtenu un prêt, 70 % des entreprises soutenues sont toujours en activité. Et le taux d’impayés s’élève à seulement 7 %. Pierre, lui,  a fini de rembourser son prêt l’année dernière.

A vous de jouer

Pour prendre contact avec l’Adie, appelez le 0 969 328 110 (appel non surtaxé). Au bout du fil, un conseiller analysera votre situation et votre projet. Selon l’état d’avancement de celui-ci, il proposera un rendez-vous à l’antenne la plus proche, afin d’étudier en détail votre demande de microcrédit, fixer son montant et déterminer les besoins en termes d’accompagnement.

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Rédigé par

Céline Deval

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