Culture

Cartoneras: l’édition participative qui cartonne

Publié le 23 décembre 2015

Des livres solidaires, en récup’, créateurs de lien social et qui permettent la publication de d’auteurs alternatifs ? Le concept des Cartoneras est arrivé en France dans les bagages d’Alicia à Clermont-Ferrand et Flora à Angers après des séjours en Amérique latine.

A la suite de la crise économique de 2001 en Argentine, les « cartoneros », ramasseurs de carton dans les poubelles, se multiplient à Buenos Aires. En 2003, un éditeur décide de leur acheter directement le carton pour relier ses livres avec des couvertures peintes. Depuis, le concept de la coopérative autogérée Eloísa Cartonera s’est multiplié. Les « cartoneras » deviennent un véritable mouvement international d’éditeurs fondé sur la création participative d’un livre à la couverture en carton recyclé. Réduire les coûts de production permet en outre d’éditer des auteurs, artistes locaux ou collectifs peu entendus.

cartoneros2

Actuellement, deux associations de « cartoneras » sont actives en France. Elles se conforment à la « fabrication de livres solidaires avec des couvertures en carton récupéré dans la rue et s’engageant à produire le moins de déchets possibles », explique Alicia en service civique dans l’association Kartocéros à Clermont-Ferrand. Depuis un an, l’association fonctionne dans le milieu étudiant.

LA MARGE – Fabrication d’un livre from Samuel Robin on Vimeo.

Kartocéros imprime aujourd’hui ses livres depuis une cave prêtée. Quant à la réalisation de la couverture et des reliures, elles font l’objet de rendez-vous hebdomadaires au café lecture Les Augustes. On s’y retrouve à tout âge pour bricoler et bavarder. Les couvertures en carton recyclé sont illustrées à la main par une équipe de peintres volontaires.

L’accès aux beaux livres pour tous

cartonerosAliciaSpécialisée dans le carnet de voyage, la « cartonera » d’Auvergne a tiré son premier ouvrage à 300 exemplaires vendus à des prix « adaptés aux portes monnaies » : « nous souhaitions que tous les lecteurs puissent avoir accès aux beaux livres », précise Alicia. L’équipe a donc créé une fourchette de trois prix : prix coûtant pour couvrir les frais du matériel utilisé, prix de soutien et prix de bienfaisance pour permettre de financer d’autres ouvrages. Depuis l’an passé, Kartocéros édite le lauréat du prix étudiant des « Rendez-vous du carnet de voyage » de Clermont-Ferrand.

A Angers, l’association la Marge s’est développée suite au retour de Flora d’Argentine. Il y a deux ans, une campagne de crowdfunding a permis de lancer le projet à hauteur de 3.000 euros pour financer de quoi imprimer, découper et loger l’association. Aujourd’hui, la Marge propose des ateliers d’édition participative autour de la fabrication du livre pour tous les âges.

Sensibiliser à l’interculturel

Ces prestations, notamment auprès des écoles, permet également à Kartocéros de développer son modèle économique. L’association propose la conception d’un recueil de poésie, de carnet de voyage ou de recyclage mais pas que : « à travers ces ateliers sur le thème du voyage, nous sensibilisons les enfants à l’interculturel », insiste Alicia. Kartocéros espère pouvoir ainsi salarier un de ses membres. En attendant, l’association multiplie les partenariats pour l’échange de textes au sein de la « petite famille » internationale des « cartoneras ». Le dernier porte sur des portraits des étudiants mexicains disparus et sera remis à leur famille.

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Rédigé par

Caroline Venaille

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