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Chargé-e de mission : un job aux multiples facettes

Publié le 7 décembre 2015

S'il y a un métier que l'on retrouve fréquemment dans les associations, c'est bien celui de "chargé de mission". Aude et Carolina occupent toutes les deux ce poste, dans des structures différentes. Et si certaines de leurs missions se ressemblent, leur quotidien est bel et bien différent.

Quand Aude, 26 ans, passe des journées rivée à l’écran d’un ordinateur à animer les réseaux sociaux, Carolina, 30 ans, s’affaire dans une arrière salle au milieu de centaines de tableaux… La première est la chargée de mission du programme ADB Solidatech, porté par Les Ateliers du Bocage (membre de mouvement Emmaüs) – une campagne de solidarité numérique dédiée aux associations, fondations et bibliothèques pour les aider à utiliser le potentiel du numérique. La seconde est chargée de mission à l’Artothèque « Mémoires du futur », au Centre pour l’UNESCO Louis François de Troyes.

Salariés tout terrain !

Sur le papier, les deux jeunes femmes occupent donc le même poste. Si l’on s’en réfère aux fiches métiers, un chargé de mission est à la fois l’initiateur et le chef d’orchestre d’un programme d’actions mené dans un secteur particulier. Tel un responsable de projet, il gère tout, de la naissance du projet à sa concrétisation : budget, communication, recrutement, etc. Il jongle entre les coups de fil et les réunions au bureau et les journées sur le terrain, pour suivre la mise en œuvre.

Mais dans les faits, derrière cet intitulé générique, se cachent souvent des réalités fort différentes. Que l’on exerce dans une petite ou grosse structure, en France ou à l’International, dans l’environnement, le social ou l’humanitaire, … Seule certitude, plus la structure est importante, plus le job est spécialisé, plus elle petite et plus le périmètre d’action est large et le poste polyvalent.

En pratique, des quotidiens bien différents

Au sein d’ADB Solidatech, Aude joue principalement le rôle de Community manager : « je gère et j’anime nos différents Facebook, Twitter, … Cela implique un important travail de veille, pour publier du contenu varié et de qualité, explique cette titulaire d’une licence Pro Marketing des services et des TICS (Technologies de l’Info et de la Communication). Vient ensuite, le travail de reporting, en collaboration avec notre chargé de communication, pour adapter notre façon de communiquer. Enfin, j’anime à la demande, des ateliers dans des associations qui souhaitent développer leur usage dans les TICS. »

Carolina, diplômée d’un Master en gestion du patrimoine culturel, joue davantage le rôle d’un commissaire d’exposition. « Notre mission est de diffuser l’art dans les milieux ruraux. Nous organisons des expositions itinérantes ou ponctuelles dans des médiathèques, des musées, … Avec une spécificité, nos artistes ne sont pas connus mais en devenir puisqu’il s’agit d’enfants ou de jeunes. » Carolina gère ainsi pas moins de 8 000 œuvres, qu’il faut repérer, réceptionner, stocker et classer selon certains thèmes…

Organisation, polyvalence, sens relationnel, etc. 

Même si leurs quotidiens sont bien éloignés, les deux jeunes femmes s’accordent néanmoins sur les qualités d’un bon chargé de mission. Au-delà des compétences techniques et d’une bonne connaissance du secteur, « il faut être multifonction, précise Carolina. D’autant plus dans le milieu associatif où les choses sont moins cadrées que dans le privé ». Tout aussi important pour Aude, « l’organisation, la gestion et le management, car on doit être capable de gérer un budget, une équipe, un projet, etc. » Sans oublier, le sens relationnel et le travail en équipe.

Enfin, ce job, elles auraient pu l’exercer dans le privé, mais elles ont choisi l’économie sociale et solidaire (ESS) et pour elles, cela change tout ! « Je ne travaille pas seulement pour développer un chiffre d’affaires, répète Aude. Chaque jour, à mon échelle, je tente de faire changer les choses. Je me sens beaucoup plus impliquée et utile, en étant dans l’ESS. »

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Rédigé par

Céline Deval

1 commentaire

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Jessica

Publié le 09 décembre 2015

Le poste de "chargé de mission" est vraiment passionnant, c'est vrai que cela demande beaucoup plus de boulot et de responsabilité, mais si on est passionné par le métier, on ne verra que des avantages.

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