Planète

Asso, ONG… à chacun sa façon de sauver la planète

Publié le 26 novembre 2015

A l'approche de la COP21, ONG et associations environnementales de France et du monde sont dans les starting-block. L’annulation de la marche mondiale pour le climat de Paris n’a pas entamé leur motivation. Car la société civile et ses initiatives ont un rôle essentiel à jouer. Et plusieurs moyens d'action.

Il y a les associations qui font un travail de fourmi de sensibilisation, comme Avenir Climatique. L’association étudiante termine tout juste son CliMarathon: un cycle de conférences qui s’est tenu cet automne dans une quarantaine d’établissements de l’enseignement supérieur. Leur force ? Leur légitimité. «Nous sommes pour la plupart d’anciens étudiants scientifiques. On produit l’information et on la divulgue. On fait un travail de décryptage» explique Benoît Montels, secrétaire général d’Avenir Climatique.

Les conférences s’articulent en 4 parties: mécanisme du changement climatique, enjeux liés aux énergies, fonctionnement de la COP21, alternatives et solutions. «L’Objectif ? La prise de conscience. Qu’ils sachent d’où vient le changement climatique et ce qu’il faudrait changer. On veut sortir de l’éco-geste car ce n’est pas suffisant». Co-organisateurs de la COY, un rassemblement de jeunes pour le climat, Avenir Climatique offrira sur son stand un bilan carbone à tous les volontaires. Avec un but : sensibiliser les citoyens à la cause climatique.

Faire bouger les décideurs

Autre structure, autre stratégie. Armelle Lecomte est chargée de plaidoyer climat et énergie fossile au sein de l’ONG internationale Oxfam. En d’autres termes, elle fait du lobbying. Son rôle ? «Pousser nos positions et nos recommandations auprès des parlementaires, des ministères, de Matignon et des décideurs économiques. Nous essayons de modifier une loi ou de la faire voter, de leur faire prendre certaines décisions.»

Le combat actuel d’Armelle, c’est le soutien financier aux pays pauvres par les pays riches dans la lutte contre le réchauffement climatique. Un des points brûlants de la COP21. «Nous avons poussé pour que la France fasse de nouvelles annonces. Le résultat de nos efforts s’est vu fin septembre à l’ONU lorsqu’elle a annoncé que sa contribution passerait de 3 à 5 milliards d’euros d’ici à 2020. Une victoire pour nous».

Armelle a aussi suivi à Bonn (Allemagne) les trois sessions de préparation de la COP21. C’est là que le brouillon du texte de Paris a été rédigé. «Il y a des lobbies extrêmement puissants du côté des industriels. Imaginez-vous que dans ce brouillon, il n’y a mentionné nulle part le mot «énergie»? On ne nomme pas les principaux responsables du changement climatique qui sont le charbon, le pétrole et le gaz! Ca, c’est le résultat des lobbyistes des pays producteurs de pétrole et des entreprises qui ne veulent pas toucher au statut quo. Nous, les ONG, tentons d’équilibrer les choses.»Accréditée à la COP21, Oxfam suivra les négociations en direct. 

Inventer un monde nouveau

Et puis, il y a ceux qui travaillent à inventer un autre monde, à montrer le chemin, comme Alternatiba. «Il y a des grandes batailles à gagner comme en ce moment avec la COP21 mais il faut aussi construire le monde de demain pour que les gens s’engagent. Notre philosophie, au départ, c’est de partir des solutions» explique Cécile Marchand, étudiante et bénévole chez Alternatiba. C’est ce qu’il feront les 5 et le 6 décembre au village mondial des alternatives à Montreuil. «Si on attend les politiques, on peut attendre encore longtemps. Alors on reprend la main. Les citoyens se mettent en mouvement.»

Et ils profitent du village des alternatives pour faire la démonstration de modes de transports doux, mettre en avant une consommation éthique ou encore des modes de vie responsable. Bref, montrer aux citoyens comment ils peuvent eux aussi agir et faire changer le monde, sans attendre les politiques !

La société civile pour « maintenir la pression« 

Contre-pouvoir face aux puissants ou contre-poids pour tout faire basculer, le rôle et l’importance de la société civile dans les questions climatiques n’est plus à démontrer. «Leur rôle est essentiel ! « éclaire d’Albert Ogien, sociologue à l’EHESS et coauteur du Principe démocratie. « La société civile sert à poser les bonnes questions, les faire entrer dans l’agenda politique et maintenir la pression. Elle sert, au minimum, à ce que la question ne meure pas ! Regardez le nombre de scandales que les ONG et les associations ont soulevé ! Combien de dossiers ont-elles sorti ? Sans elles, ces questions ne seraient jamais venues à la table des négociations.»

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Rédigé par

Sophie Babaz

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