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Mécénat de compétences : une expérience «professionnalisante»

Publié le 20 novembre 2015

Des étudiants mobilisés pour travailler main dans la main avec des professionnels, au service d'associations. C'est le credo de l'association Pro Bono Lab. Reportage à Lyon lors d'un “Marathon”.

Pas de chrono en main, mais presque. Un Marathon Probono, c’est une journée de conseil de huit heures, durant laquelle des salariés et des étudiants sont mobilisés pour aider gratuitement des associations d’utilité sociale qui auraient des besoins en compétences : marketing, communication, RH… Cet engagement, c’est ce qu’on appelle le pro bono (“pour le bien public” en latin). Ce jour-là, trois associations sont accueillies dans les locaux de l’EMLyon Business School (une école de commerce). Une salle et une mission pour chacune.

Autour de chaque association représentée s’affaire une équipe de dix volontaires. La moitié sont des étudiants de l’EMLyon. Les autres, des salariés d’une banque et d’une chaîne de supermarchés. Un animateur guide tout ce petit monde.

Une fois par an, Pro Bono Lab lance un appel à candidatures pour permettre à des asso d’accéder à des missions. Depuis 2012, plus de 180 structures ont été accompagnées. Le parcours commence par un rendez-vous de deux heures : le diagnostic. On fait ensuite correspondre des associations qui ont des besoins x avec des entreprises qui ont des compétences x. Et nous, on gère la rencontre”, explique Muriel Wilfred, responsable RH à Pro Bono Lab.

“Des journées comme ça, c’est très professionnalisant.”

“Nos partenaires sont des entreprises et des écoles, surtout de commerce, d’ingénieurs, de communication, et éventuellement Sciences Po. Aussi bien en termes de mobilisation de compétences, que financièrement.” raconte William Mina, directeur de l’accompagnement à Pro Bono Lab. Finalement, tout le monde y gagne. “Lors de ces missions dans les campus, les partenaires peuvent développer leur marque employeur : c’est un levier d’images et de recrutements auprès des étudiants.”

Constance Ruppli, 23 ans, est en dernière année à l’EMLyon. En tant que membre de Noise, association étudiante “d’innovation sociale et solidaire”, coorganisatrice ce jour-là, elle aide à l’animation des ateliers. “Des journées comme ça, c’est très professionnalisant. Je l’avais déjà fait l’an dernier, et quand j’ai fait des stages, j’ai pu valoriser le fait d’avoir réalisé des missions conseil d’une journée auprès d’asso.”

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“Ce que j’aime, c’est le travail de l’intelligence collective”

Mounir Belaguide, 19 ans, est en première année. “Sur le cv, c’est un plus. On propose des conseils, et l’entreprise recherche ça.” À ses côtés, Inés Cherrah, 19 ans également : “ Ça fait un mois et demi que je suis en école de commerce, et à la base, je me disais que je n’avais pas de compétences, mais c’était faux. C’est la diversité des profils qui fait la richesse.”

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L’association villeurbannaise Éducation en Héritage gère le Caravansérail café. Suivie depuis plus d’un an par Pro Bono Lab, elle souhaite aujourd’hui développer son offre : proposer des repas. “Cet accompagnement permet d’avoir un regard extérieur, car on a toujours la tête dans le guidon. Être dans une démarche “entreprise-asso-école”, c’est super enrichissant. Cet autre regard, notamment étudiant, permet de pérenniser les actions du café. Ce que j’aime, c’est le travail de l’intelligence collective,”confie Nathalie Lafrie, cofondatrice de l’asso.

Perrine Boyer, 23 ans, en dernière année dans l’école lyonnaise, est également stagiaire chez Pro Bono Lab. Son travail au quotidien? Diagnostiquer les associations, comprendre leurs problématiques. “Quand on fait les missions, on voit des solutions, j’en vois beaucoup. Ça me donne des bagages très solides si un jour je veux monter ma structure. L’associatif est un monde qui se professionnalise, et aujourd’hui cette approche “business”, qui n’est pas malsaine, peut être utilisée. On peut la mettre à profit d’une certaine éthique. L’économie sociale et solidaire apporte un grand nombre de solutions aux problèmes socio-économiques. C’est hyper innovant, et donc enthousiasmant.”

Pour en savoir plus

Le site de Pro Bono Lab.

“Admical”, le portail du mécénat.

Si vous êtes intéressé(e) pour faire du pro bono, et que vous êtes étudiant(e) en Droit ou juriste, vous pouvez proposer vos compétences juridiques aux associations.

Enfin, toute personne qui a un savoir spécifique, peut le mettre au service d’une association d’intérêt général, sans qu’il y ait nécessairement de coordinateur. Il suffit de… foncer !

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Rédigé par

Virginie De Gouveia

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