Etudes & formations

Etudiant-entrepreneur: un cursus adapté, «comme des sportifs de haut niveau»

Publié le 13 octobre 2015

Pas besoin d’attendre d’avoir son diplôme pour créer! Les bonnes idées peuvent germer dès la fac. Zoom sur ce statut tout récent…

Y a-t-il un moment idéal pour créer sa boîte ? « Quand j’étais plus jeune, je disais à mes étudiants d’attendre 5 ans après la fin de leurs études pour entreprendre. Il y a deux ou trois ans, je leur disais d’attendre la fin de leur formation. Maintenant, je leur dis d’y aller tout de suite. Déjà parce que les idées, notamment dans le numérique, ne peuvent pas attendre. Ensuite, parce que c’est le bon âge pour se lancer ! », résume Jean-Pierre Boissin, coordonnateur national Plan Etudiants Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat.

Autre avantage : les étudiants et jeunes diplômés peuvent désormais bénéficier du statut d’étudiant-entrepreneur. Pour l’année 2014/2015, année de lancement, 645 étudiants-entrepreneurs ont obtenu le statut sur l’ensemble du territoire, leur conférant notamment de la crédibilité face à leurs interlocuteurs.

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Un accompagnement pour « aider à prendre du recul »

C’est le cas de Julien Capone, 25 ans, et co-fondateur de Grizz, une entreprise francilienne qui développe des vêtements intelligents, guidant les aveugles grâce à des vibrations. Un projet imaginé en cours, avec 3 autres étudiants. Aujourd’hui diplômés, ils sont deux dans l’équipe à avoir choisi le statut d’étudiant-entrepreneur. « Nous sommes redevenus étudiants à la fin de notre master, donc nous pouvons bénéficier du statut d’étudiant et de la sécurité sociale, et d’un accompagnement de notre projet », détaille Julien.

En effet, les étudiants-entrepreneurs sont suivis par un des 29 PEPITE (Pôle Etudiant pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat) de leur campus, encadrés par deux tuteurs, l’un « académique », l’autre « entrepreneur ». Le premier les accompagne dans les démarches liées à la formation, l’autre les guide sur la partie création d’entreprise. « Ils nous suivent de près, nous guident, nous aident aussi à prendre du recul, alors qu’on est à fond dans notre projet », explique Julien.

« Leur faciliter la vie »

Pour ceux qui sont encore étudiants, le statut leur simplifie généralement les choses, pour mener de front formation et création d’activité. « Avant, beaucoup faisaient leur projet contre les profs, ou en toute discrétion, déplore Maixent Genet, chargé d’animation et de coordination du PEPITE PON (Paris Ouest Nord). Aujourd’hui, notre rôle est de leur faciliter la vie, avec la possibilité de remplacer un stage par leur projet, ou de faire valider certains modules automatiquement. L’idée n’est pas de chasser les étudiants-entrepreneurs de la fac, mais de trouver des solutions, parfois au cas par cas, un peu comme pour les sportifs de haut niveau ! ».

Devenir étudiant-entrepreneur ?

Les conditions pour devenir étudiant-entrepreneur :

– Le statut s’adresse à tous les étudiants ou jeunes diplômés, sans condition d’âge, de sexe ou de nationalité. Cependant, seuls les personnes âgées de moins de 28 ans peuvent bénéficier de la sécurité sociale étudiante.
– Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà lancé sa structure.
– Le baccalauréat (ou équivalence) est le seul diplôme requis
– Pour les jeunes diplômés, il est obligatoire de s’inscrire au diplôme d’étudiant entrepreneur

On peut obtenir le statut pour un projet individuel ou collectif. Pour postuler, il suffit de remplir un dossier de candidature, à adresser à son PEPITE. C’est ensuite le comité d’engagement qui décidera si la demande est retenue.

Les étudiants-entrepreneurs peuvent également accéder à un espace de co-working, voire un incubateur ou un pré-incubateur, pour les projets les plus avancés. « C’est gratuit pour les étudiants, souligne Maixent Genet. Ils ont ainsi le droit à avoir un accompagnement, via le service public, ça répond à un vrai besoin. Ils peuvent y voir plus clair dans l’éco-système de l’entrepreneuriat, ont accès aux bons interlocuteurs et évitent les arnaques ! »

A terme, « l’idée est d’aboutir à des collectivités d’étudiants-entrepreneurs, sur les campus, en mixant les formations », ajoute Jean-Pierre Boissin. Ce qui permettrait aussi de multiplier les projets collectifs, souvent plus pérennes.

« On peut entreprendre de 1.000 manières »

Sur le fond, tous les projets de création d’activité peuvent être éligibles au statut : reprise de structure, création d’association étudiante (ou forte implication dans une existante), entreprise sociale, hi-tech ou qui vise l’entrée au CAC40… « On peut entreprendre sur le campus de plus de 1.000 manières », souligne Maixent Genet. Les projets relevant de l’économie sociale et solidaire sont donc les bienvenus !

A chacun de trouver sa voie et son projet. « Ils ne prennent pas beaucoup de risques avec ce statut », ajoute Jean-Pierre Boissin. Il s’agit d’un laboratoire, qui permet de sortir de l’isolement et de tester ses idées. « Les étudiants peuvent bénéficier d’un contrat CAPE pour leur permettre de tester leur projet, avec une structure tiers qui fait notamment la facturation à leur place. »

Le D2E, kézako ?

Le diplôme d’étudiant-entrepreneur est obligatoire pour les jeunes diplômés (ils auront le statut étudiant grâce à ce diplôme). Pour ceux encore en cours d’études, l’inscription est décidée avec le PEPITE.

Le contenu de la formation menant au diplôme est défini en fonction du profil de la personne et de son projet. On peut y retrouver des modules de différentes formations proposées sur le campus. Le D2E permet d’obtenir des crédits ECTS pouvant être validés dans la formation initiale de l’étudiant.

A partir du moment où l’entreprise est créée, les étudiants sont réorientés vers les structures classiques de l’accompagnement. « Et si le ou les créateurs de la structure sont toujours en cours d’études, on sera attentif à ce que le projet et les études puissent être menés de front », explique Maixent Genet.

« Entreprendre, ce n’est pas que libéral et individuel »

La limite ? « Il faut combattre certaines idées reçues. Dans certaines formations, il y a un travail pédagogique à faire, pour montrer qu’entreprendre, ce n’est pas que libéral et individuel », estime Jean-Pierre Boissin. Aujourd’hui, les étudiants-entrepreneurs sont à 20% étudiants en gestion et 10% en école d’ingénieur. Dans la même veine, les femmes semblent encore peu enclines à se lancer, puisque seuls 20% des étudiants-entrepreneurs sont des entrepreneuSES.

Conseils de spécialistes

« Il faut une idée à maturité et montrer sa motivation et sa conviction », prévient d’entrée de jeu Jean-Pierre Boissin.

Maixent Genet conseille pour sa part de ne « pas rester isolé » : il faut parler de son projet et de son idée « à un maximum de personnes, pour avoir des retours et voir si les gens adhèrent ».

Pour lui, on entre généralement par l’aspect projet : « à quel besoin veut-on répondre ? » Cela permet d’éviter les nombreux freins. On se posera ensuite les questions sur le statut juridique ou le modèle à développer.

Enfin, Maixent Genet rappelle que les étudiants porteurs de projets « ont tout intérêt à se rapprocher des PEPITE » pour recevoir conseils et aide. Sans oublier que « l’année de césure est aussi une chance formidable, qui doit encourager à s’engager ».

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Rédigé par

Oriane Raffin

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Say Yess

Publié le 14 juin 2017

Bonjour Edoh, merci pour votre commentaire. Une partie de Say Yess est consacrée à l'entrepreneuriat social : Se lancer, Être accompagné, Se financer. Vous trouverez très probablement des réponses à vos questions. Si votre projet s'inscrit dans l'entrepreneuriat social, vous pouvez également voir du côté d'Enactus. Bonne continuation ! L'équipe de Say Yess

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Edoh

Publié le 14 juin 2017

Bonjour, je suis étudiante béninoise en licence 3 de commerce international à l'Université Catholique de l'Ouest à Angers. J'ai en effet un projet que j'aimerais réaliser des maintenant de mon pays à la France qui j'en suis certaine sera profitable. Mon plus grand soucis est de trouver des potentiels acheteurs ici en France afin de faciliter la rentabilité du projet. Je souhaite avoir votre aide et vos orientations. Merci

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DIATTA JACOB

Publié le 22 mars 2016

Bonjour, je suis un étudiant d'origine sénégalaise et je suis en Licence 2 Info-com à Nice Sophia Antipolis. Récemment diplômé en licence de Lettres Modernes, j'ai un projet d'envergure, qui j'en suis sûr, aura un succès. Je voudrai réaliser ce projet dans mon pays et je ne sais comment m'y prendre ni à qui m'adresser. Et je demande aussi si ce statu peut me concerner d'autant que c'est un projet qui, géographiquement, sera réalisé dans un pays autre que la France.

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