Des idées pour s'engager

Et si vous troquiez la colo, pour la coopérative d’été ?

Publié le 30 juillet 2015

Les Coopérative Jeunesse de Service (CJS) se développent un peu plus chaque été. Le but : que les ados créent leur job d'été, tout en découvrant l'ESS et le marché du travail.

C’est quoi une CJS ?

Les Coopérative Jeunesse de Service regroupent des jeunes âgés de 16 à 18 ans, le temps d’un été. Encadrés par une structure de la jeunesse (type maison pour tous, mission locale), ils montent leur propre coopérative de travail et offrent des services dans leur quartier.

En général, on y retrouve entre 12 et 15 personnes. Il ne s’agit pas de se former à un métier. Mais plus de comprendre le fonctionnement d’une coopérative, le rôle d’acteur économique du territoire et de prendre confiance en ses capacités d’agir.

D’où ça vient ?

Les CJS existent au Québec depuis 25 ans ! « Il s’en crée 300 par an là-bas, c’est répandu, explique Nelly Le Chapelain, à la tête du collectif Coopérer pour entreprendre, à la base des CJS françaises. Depuis 3 ans, nous l’avons importé ici pour sensibiliser sur l’économie sociale et solidaire (ESS), en croisant économie et éducation populaire. » En 2013, trois premières CJS ont vu le jour en Bretagne. Aujourd’hui on en compte 21 en métropole.

Quel sont les jobs, concrètement ?

Ca dépend des territoires ! Au préalable le groupe réalise une étude de marché… comme les vraies entreprises ! Ils proposent en général des petits services aux entreprises ou aux collectivités (archivage, nettoyage, désherbage..) ou aux particuliers (lavage de voitures, jardinage, courses, dogsitting…). L’occasion pour eux de nourrir leur CV et un peu leur porte-monnaie. « On a découvert ce qu’étaient les charges sociales dans un salaire, quand on a essayé de fixer les prix de nos prestations. On a dû sérieusement augmenter nos tarifs pour être rentable du coup ! » s’étonne le jeune Anys.

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Comment s’organise-t-on dans une CJS ?

C’est une coopérative. Ce qui implique que les décisions soient partagées. « Le groupe gère ensemble combien il se rémunère, comment il se partage les bénéfices, les tâches de travail. Il s’organise en CA, en AG, élit un président et se divise en trois comités (finance, ressource humaine et marketing). », raconte Nelly Le Chapelain.

Oumou, 16 ans, est la présidente de La Jeun’scop de St Herblain, elle anime le CA où chacun vote le planning, ou les objectifs à atteindre : « On s’est par exemple fixé de découvrir 6 métiers, et de réussir à gagner 6.000€ ; avoir au moins 20 clients différents », explique la jeune fille.

Justement, combien peut-on gagner ?

« En gros, on peut évaluer à 300 € pour l’été, pour chacun. Ce qui fait à peu près 4.000/5.000€ par CJS », relève Nelly Le Chapelain. Mais ce n’est pas la vocation première, c’est d’abord un moment pédagogique. L’an passé à La Jeun’scop, Maëlis a gagné 182 €. Enthousiaste elle retente volontiers l’expérience cette année « pour découvrir la facette gestion des ressources humaines », avance-t-elle du haut de ses 17 ans.

« Ca peut nous avancer pour payer le code et le permis », explique de son côté Romany. Pour Benjamin « vu que je n’ai que 16 ans, je ne peux pas trouver un job d’été, la CJS me permet de gagner un peu de sous et de ne pas m’ennuyer pendant les vacances, d’avoir un projet. » Pour Anys, son collègue, c’est l’occasion de découvrir comment décrocher des contrats et de jouer le rôle de l’employé et l’employeur en même temps. « Ce n’est pas tout rose, mais certains disent que c’était les meilleures vacances de leur vie ! », conclut Nelly Le Chapelain.

Comment s’organise le travail ?

Certains travaillent de lundi 9h à 17h vendredi. D’autres s’organisent un mi-temps dans la semaine. C’est propre à chaque coopérative. « Ils peuvent prendre une semaine voire 15 jours de vacances, mais l’idée c’est qu’ils restent là pendant tout le processus, pour comprendre les étapes de production et de gestion de la coopérative. », raconte Nelly Le Chapelain. A la La Jeun’scop, par exemple c’est 20 h par semaine pour tout le monde ! Sans compter les heures sur le terrain à honorer les contrats obtenus.

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Comment sont perçues les CJS sur le territoire ?

Le public et les clients sont très bienveillants, « ça change carrément le regard sur les jeunes des territoires », se félicite Nelly Le Chapelain. Les entreprises redécouvrent des jeunes motivés, et les jeunes découvrent une relation d’égal à égal, ils ne sont pas stagiaires mais prestataires. « Les collectivités locales sont ravies aussi, elles qui ne savent pas trop quoi faire avec les ados ! »

Pourquoi ça vaut le coup ?

« Les jeunes gagnent en confiance en eux, ils se sentent reconnus et prennent conscience de leur pouvoir. Les CJS les aident aussi à mieux connaître leur territoire et les institutions qui sont là pour eux, témoigne Nelly Le Chapelain. Par exemple, il y avait l’an passé une jeune fille déscolarisée qui a découvert par la CJS, l’existence du Point info jeunesse. L’organisme l’a aidée cette année à partir comme jeune fille au pair. Ce qu’elle n’aurait jamais fait sans savoir qu’elle le pouvait ! »

Chaque jour on en apprend un peu plus sur la vie professionnelle et sur soi-même. « On les prend un peu par la main au départ, et on travaille beaucoup la posture professionnelle, sourit Coralie, l’animatrice de La Jeun’scop. Par exemple, on vient de dire à Benjamin d’aller se changer avant le rendez-vous avec le client, car il est en short et tong. On lui a rappelé gentiment qu’on ne va pas à la plage ! »

Comment créer une CJS ?

C’est avant tout un projet de territoire, qui rassemble plusieurs acteurs : association, collectivité, entreprises, etc. Trois types d’acteurs sont indispensables : une CAE (coopérative d’activité et d’emploi), une structure jeunesse (type maison pour tous, mission locale) et une structure de l’ESS (CRESS,…). « D’autres acteurs s’ajoutent parfois : un centre commerciale, une mutuelle… Tous ceux qui ont envie de faire vivre le projet », témoigne Nelly Le Chapelain.

Deux animateurs, embauchés à temps plein pendant trois mois, accompagnent la création de l’entreprise et le bon fonctionnement du groupe. Le but étant qu’ils soient de moins en moins présents au fur et à mesure que l’été avance. Coralie et Klervie jouent ce rôle au sein de La Jeun’scop à St Herblain : « Nous travaillons toutes deux à l’année dans la gestion d’entreprises et l’accompagnement de projets. Pour la CJS, on est épaulées par quatre entreprises locales ainsi que le service jeunesse de la ville. »

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Rédigé par

Jeanne La Prairie

2 commentaires

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haidara

Publié le 16 juillet 2016

bonjour j’aimerais bien être membre de la coopérative d’été

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Moussa Bogoreh

Publié le 09 août 2015

j'aimerais bien être membre de la coopérative d’été

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