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RAF dans une asso : « ne pas m’investir dans une entreprise qui abîme l’homme ou la nature »

Publié le 28 juillet 2015

Céline Lefèvre est aujourd'hui responsable administrative et financière (RAF) pour Rejoué, une association qui donne une seconde vie aux jouets. A bientôt 35 ans, elle exerce son métier avec toujours ce goût de faire « quelque chose qui a du sens ».

« J’ai su très tôt que je voulais m’engager dans les filières de l’économie solidaire », raconte Céline. Après un Deug AES (administration économique et sociale) puis une licence en économie, elle intègre l’école 3a, école du développement responsable et international à Lyon [et qui vient d’ouvrir une antenne à Paris] et choisit une spécialisation en finance. « Je me suis dit qu’avec cette spécialité, je pourrais plus facilement intégrer une structure de l’économie sociale et solidaire et avoir des postes à responsabilités, piloter une société. Je ne me suis jamais sentie en accord avec les valeurs des entreprises classiques et même si j’aurai pu gagner plus d’argent ailleurs, l’argent n’a jamais été mon leitmotiv. Dans ce secteur, il ne faut pas s’attendre à gagner 5.000 euros par mois », précise la jeune femme.

RAF2Son diplôme en poche, Céline trouve son premier job « rapidement, en quelques semaines seulement » et intègre l’ONG Tech-Dev, une association de solidarité internationale qui vient notamment en appui aux entrepreneurs africains. Elle fait ensuite un passage à la Nef, la coopérative de finances solidaires. Après cela, elle entre chez France Active en tant que chargée de mission Financement des entreprises sociales et solidaires, devient ensuite directrice adjointe chez Envie et réalise le lancement de l’activité industrielle de tri mécanisé de déchets d’équipements électroménagers. « Le fil conducteur de mon parcours professionnel, c’est de ne jamais avoir fait le choix de m’investir pour une entreprise qui abîme l’homme ou la nature », souligne Céline.

« Un véritable challenge »

Depuis fin 2013, elle est responsable administrative et financière du mécénat pour Rejoué. Actrice du réemploi de jouets en Ile-de-France, la structure embauche 15 personnes en chantier d’insertion. « Mes missions ? Créer et contrôler l’activité à travers des outils de gestion économique et financier (prévisionnel, plan de trésorerie) ainsi que la collecte de fonds. »

Sur ce créneau là, le défi est de taille : « Chaque année, il faut aller chercher 250.000 euros de subventions car nous sommes une petite structure. C’est un véritable challenge de s’engager dans une association créée il y a 3 ans et dont le modèle économique est encore fragile. C’est en même temps stressant et stimulant. »

L’ESS, un secteur créatif et dynamique…mais de plus en plus concurrentiel

Avec 2.200 euros net par mois, Céline est aujourd’hui épanouie dans son poste qu’elle juge « très complet et valorisant ». D’ici 5 ans, elle se voit diriger une structure ou bien partir dans le secteur social. « Il y a beaucoup à faire auprès des personnes âgées et beaucoup de souffrance », estime la jeune femme. «  Le secteur de l’ESS est de plus ne plus concurrentiel. C’est bien parce qu’il est dynamique et créatif et en même temps, les places sont de plus en plus chères ».

 

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Rédigé par

Déborah Antoinat

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