Culture

Elyx: « L’art est aussi là pour annoncer les changements »

Publié le 7 mai 2015

Elyx, c’est ce petit bonhomme dessiné qui se promène sur les réseaux sociaux. Engagé, il participe aux évènements autour de la conférence sur le climat « COP21 » et visite des lieux innovants et solidaires pour dessiner un avenir heureux. Rencontre.

Qui êtes-vous ?

Je suis une rencontre entre le réel et le virtuel. Mon ancêtre est apparu il y a une vingtaine d’année dans une revue pour les jeunes qui s’appelait XL. Lui s’appelait Ixel et faisait à peu près ce que je fais aujourd’hui mais à l’intérieur du magazine.

Moi je suis né il y a 4 ans dans un dessin où mon créateur, Yak, m’a assis contre un arbre de la place de Vosges. On me compare souvent au travail de Keith Haring, à La Linéa ce dessin animé italien des années 70-80 ou au nain de jardin qu’on balade un petit peu partout dans Amélie Poulain. Tout ça me va.

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Je suis un personnage de « digital street-art » qui ne laisse pas de trace ailleurs que sur les réseaux sociaux. Je suis le shot de bonne humeur du matin. J’ai l’imaginaire libre d’un enfant qui pense aller sur la lune ou marcher sur les étoiles. Plus le temps passe, plus on le met de côté. Je suis ce rappel qui ne sert à rien et qui est donc totalement essentiel.

Pourquoi vous engagez-vous?

L’art a cette fonction de rendre visible ce qui ne l’est pas, d’annoncer les changements, de toucher par l’émotion, de parler à ce qu’il y a de plus humain en nous au-delà des discours chiffrés, purement rationnels.

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Je ne crois pas changer le monde en un dessin mais à travers des centaines de dessins, avec un rapport quotidien avec le public, en essayant de faire sourire et en amenant une énergie positive. Grain de sable après grain de sable, on finit par créer quelque chose de solide. C’est un travail de longue haleine qui, de manière quasi-inconsciente ou subliminale, peut créer un environnement positif et propice au changement.

Nous ne sommes pas des Bisounours, car nous n’avons pas les yeux fermés.

Ce n’est pas parce qu’on est conscients des enjeux qu’on ne doit pas avoir un regard optimiste sur le monde. Au contraire même, ça fait partie des solutions. Nous ne sommes pas des Bisounours, comme certains aiment nous décrire, car nous n’avons pas les yeux fermés. Je connais les chiffres et les rapports du GIEC. Le cynisme de ceux qui agissent de manière négative en pleine conscience est impardonnable. En tout cas, mon créateur, Yak, aurait dû mal à raconter ça à sa fille quand elle sera grande.

Il y a un changement passionnant pour notre génération qui va connaître un modèle de transition. On se réveille d’un cauchemar, on a la gueule de bois mais il faut se lever, se brosser les dents et se demander comment on peut agir positivement. Ça ne va pas aller de soi, il va falloir défendre nos idées car les forces qui retiennent ce changement sont extrêmement minoritaires mais très puissantes.

Vous allez être partout à l’occasion de la COP21, qu’est-ce qui va se passer ?

Je suis indépendant, une sorte de label par le bas, validé par les gens qui me suivent. Je participe à plusieurs opérations sur les berges de Seine avec la ville de Paris. Il y a un côté participatif avec une « Elyx Party » à partir du 4 juillet : on va distribuer des cartes au public pour qu’il puisse faire ses propres montages.

Je suis l’ambassadeur virtuel des Nations Unies avec un projet de prix de journalisme sur ce thème du climat, je serai aussi sur Ushuaïa Tv pour des émissions spéciales, à Place to B pour raconter cette conférence autrement.

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Je permets une médiation sur cette question climatique. Elle est essentielle car elle est liée aux enjeux économiques et sociaux : les changements demandés pour ne pas dépasser les deux degrés de réchauffement induisent forcément un changement de société.

En ce moment il y a un éco-optimisme : un éco-système de gens qui travaillent en bonne intelligence, et qui s’aident mutuellement au lieu de s’écraser comme c’était le cas dans l’ancien monde. Je pense à des initiatives comme l’Institut des futurs souhaitables, le site de pétitions citoyennes Avaaz qui travaille dans l’espace de co-working de La Ruche.

Les questionnements actuels nous poussent à remettre en question certains pans de notre société et notre économie.

Cette nouvelle organisation citoyenne, très liée aux réseaux sociaux, se prend en mains parce qu’elle est déçue des pouvoirs plus organisés qui n’ont pas su empêcher ce contre quoi on lutte aujourd’hui. Elle est minoritaire mais elle gonfle, et on sait que toutes les évolutions majeures de société se font quand elle atteint un pourcentage significatif de la population.

D’ailleurs, dans des sommets comme la COP21, il y a autant d’actions autour de l’évènement que pendant la signature elle-même qui va réunir des puissants au front avec des lobbies industriels qui nous dépassent. Les questionnements actuels nous poussent à remettre en question certains pans de l’industrie chimique, agricole, la répartition du travail, l’éducation. Il y a une frustration généralisée qui se traduit malheureusement politiquement de manière un peu chaotique mais qui pourrait aboutir à une prise de conscience : plutôt que d’aller vers le pire, on peut aller chercher le meilleur.

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Rédigé par

Apolline Guichet

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