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Créateur de jeux vidéo : « Je n’en pouvais plus de vendre des croquettes pour chat »

Publié le 4 mai 2015

Nordine a quitté une boîte traditionnelle pour devenir salarié co-fondateur d’une SCOP. Aujourd’hui, il travaille sur des serious games qui sont utiles à la société.

« Les jeux vidéo ? J’ai dû commencer à en créer vers 11 ans, sur les vieux ordis de l’époque », se souvient Nordine Ghachi, bientôt 37 ans. A l’époque, il est fan de jeux de combats. Aujourd’hui, les jeux vidéo sont toujours son quotidien, puisqu’il en a fait son métier. Par contre, la thématique a changé ! Co-fondateur de la SCOP Dowino (une coopérative), dont il est également le salarié, il se concentre sur des serious games autour de la santé, du handicap ou encore de la mixité.

« En ce moment, par exemple, on travaille sur un jeu sans images, pour voyants et non-voyants, qu’on auto-produit », explique-t-il. Autres jeux réalisés par Dowino : une application qui explique aux enfants diabétiques comment gérer leur traitement ou encore une autre avec des informations sur le handicap et le travail. « On choisit les produits que nous faisons. Nous avons la chance de pouvoir refuser certains grands comptes, si leurs demandes ne sont pas en adéquation avec nos valeurs », poursuit Nordine Ghachi.

Quelque chose de nouveau pour celui qui a d’abord exercé son métier dans une SARL, où il réalisait déjà des jeux vidéos, mais pour des clients très différents. « A la fin de mon expérience dans cette structure, je n’en pouvais plus de vendre des croquettes pour chat », se souvient-il. C’est ce ras-le-bol, l’envie de faire des « choses utiles », de mettre ses compétences au service de l’environnement ou de la santé, qui ont poussé Nordine à se lancer. Avec deux associés, Pierre-Alain Gagne et Jérôme Cattenot, ils ont créé leur coopérative en 2013. Ils sont désormais 5 à temps plein.

« Je pilote le jeu de la conception à la production »

Aujourd’hui, Nordine est également salarié de la structure, en tant que directeur technique. Il « ne met plus les mains dans le code », mais travaille en amont, sur la conception du projet, tant sur le contenu que l’architecture, puis le suivi de la fabrication, en lien avec des prestataires. « Je pilote le jeu, de la conception à la production », résume-t-il. Ce qui lui permet d’avoir de multiples casquettes, sur la création, la dimension technique et également la gestion de projets, contrairement à la structure précédente où, à la fin, « on voulait le mettre dans une seule case ».

Un travail prenant, mais dans lequel il trouve son équilibre. « C’est une autre motivation. On est crevés pareil le soir, mais on a le sourire aux lèvres, car on sait qu’on a été utiles ».

Depuis toujours, il a ressenti ce besoin de s’engager : « Je suis quelqu’un qui a besoin de se sentir apprécié par les autres. Et pour cela, il faut être bon, et faire des choses bien ». Notamment dans sa vie professionnelle. « C’est ma femme qui m’a soufflé l’idée. Quand je lui ai expliqué que j’en avais marre de travailler sur les croquettes pour chat, entre autres, elle m’a encouragé à faire ce que je trouvais utile pour les autres. C’est ce qu’on a fait, et ça marche ! Mais je n’aurais jamais réussi tout seul, avec mes deux associés, nous sommes complémentaires. »

 

Encadré : Comment créer des jeux vidéo ?

Nordine est titulaire d’une maîtrise LEA Anglais/Espagnol, ainsi que d’un master 2 en édition numérique. Cela lui a permis d’avoir une palette large de compétences, avec la maîtrise de nombreux logiciels, des connaissances sur le dessin, le son, etc.

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Rédigé par

Oriane Raffin

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