Planète

Grainothèque, prenons-en de la graine!

Publié le 22 avril 2015

Récolter, conserver et partager des graines avec les jardiniers de tout poil, c'est le principe d'une grainothèque. Un projet avant tout pédagogique pour revenir aux bases : comprendre cette nature qui fait pousser tout ce qu'on mange.

S’appeler Lilia et apprendre au monde comment poussent les fleurs, il y a des choses qui ne s’inventent pas… C’est à travers une toute nouvelle grainothèque, au sein de l’association d’écologie urbaine nantaise Ecos, que la jeune biologiste de formation s’affaire à transmettre son savoir sur l’univers complexe des plantes et de leur reproduction.

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Cette bibliothèque de graines, destinée aux quelques 120 adhérents, prend la forme d’un joli meuble en carton à tiroirs. Les jardiniers peuvent y prendre ou déposer des graines de leur choix. « L’idée, ce n’est pas de laisser des graines en libre-service, qu’on prendrait parce que c’est gratuit. Ce qu’on a envie de faire ici c’est surtout échanger ».

Prendre et donner

L’asso propose de cotiser pour recevoir un kit de graines et les explications pour les semer correctement dans le respect des équilibres naturels. « Le jardinier adhérent s’engage à cultiver ces plants, à faire des retours d’expérience, et à ramener de nouvelles graines à la fin de la saison, qu’on lui aura appris à récolter ou troquer ! » De cette façon la grainothèque élargit sa collection d’espèces et ainsi de suite. « On formalise ce que les jardiniers ont toujours fait avant l’industrialisation… »

Le concept existe un peu partout (voir ici la carte). Le réseau Graines de troc tente de fédérer les initiatives et donne les clefs pour se lancer. « Tout cela vient de Kokopelli : à la base, le mouvement des 90’s pour une semence libre, partant du principe que cette nature appartient à tous ! » relève Lilia, tout autant inspirée par la pensée de Gilles Clément jardinier en chef qui propose d’accompagner la nature dans ce qu’elle propose, plutôt que de la forcer.

Un jardin pédagogique avant tout

Pour ce qui est de la grainothèque nantaise, la boîte est directement liée à un jardin pédagogique qui fournit une bonne partie des graines, à quelques pas des locaux de l’association. « On part de la graine pour parler de la biodiversité et du rôle primordial des insectes. Il s’agit avant tout de réapprendre à ceux qui veulent ce qu’est la complexité de la nature, ce qu’elle apporte, comment elle fonctionne et de faire ça ensemble. On amène donc les participants au jardin

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Trônant au milieu de ce qu’elle appelle son « oasis de verdure » au milieu des immeubles, Lilia explique par exemple, à qui passe par là, les bienfaits d’un sol où on a laissé faire les « mauvaises herbes ». « Oh ! Là, une abeille butine ! Elles sont arrivées, enfin !», se réjouit la passionnée.

Parti de rien il y a quatre ans, son jardin accueille désormais des colonies de petites bêtes, attirées notamment par l’hôtel à insectes. « Ils ont un rôle indispensable pour la reproduction des plantes ! Les fourmis par exemple transportent des graines», détaille-t-elle.

Renouer avec le cycle complet de la nature

Dans ce joyeux bazar vert, on devine çà et là plantain, millepertuis, sarriette, cosmos, soucis, capucines… Des plantes que Lilia laisse « grainer » pour préserver et partager les variétés. « L’art de la semence, c’est un travail phénoménal : conservation, reproduction, préservation, contrôle qualité. On souhaite le mettre en lumière à travers la grainothèque ».

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Entre l’hybridation naturelle, le risque du gel, le grainage, il y a beaucoup de connaissances à accumuler. « Rien que de savoir où trouver la graine sur la fleur ! », dit-elle en poussant délicatement les pétales d’une fleur entre ses pouces. « L’idée c’est avant tout d’initier à toute cette logique naturelle… Cela incite les curieux à reprendre le cycle complet de la nature. Savoir par exemple que quand on mange une tomate, le mieux est d’éviter de croquer les graines pour en faire pousser d’autres ! »

A vous de jouer !

Il existe des grainothèques dans beaucoup de villes françaises. N’hésitez pas à les rejoindre ! Vous pouvez vous engager auprès des bibliothèques par exemple (comme ici à Brest, ou là à Lille).

Mais il est aussi possible de créer la sienne, avec un réseau de passionnés. Le mieux est d’entrer en contact avec le réseau national Graines de Troc.

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Rédigé par

Jeanne La Prairie

3 commentaires

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Say Yess

Publié le 25 octobre 2018

Malheureusement non pas spécialement ! Bonne recherche :)

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Jeanne

Publié le 05 octobre 2018

Merci pour l'article ! Connaissez vous des grainothèques à Londres ? :)

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cottereau

Publié le 08 mars 2016

Bonjour, Dernièrement, j'ai réalisé une grainothèque en carton pour l'asso "les pt'tites mains de Gaïa. Elle est à la disposition des habitants de Roz sur-Couesnon à l'épicerie... Frédérique Cottereau de la valise créative.

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