Planète

Des activités paysannes à Paris pour repenser la ville

Publié le 20 février 2015

Des oies au pieds de la Défense, un poulailler sur la terrasse d'un restaurant du 18e, des moutons sur un campus universitaire.... tour d'horizon des initiatives liées à l'agriculture urbaine dans la capitale et ses environs.

Comme chaque année, le parc des expositions à Paris va se transformer en immense grange pendant une dizaine de jours, accueillant les milliers d’animaux stars du traditionnel Salon de l’Agriculture. Mais la ferme à Paris, ce n’est pas seulement une fois par an porte de Versailles.

Ces dernières années, quelques initiatives paysannes ont vu le jour dans la capitale et en petite couronne. Dans la droite lignée du très en vogue développement de l’agriculture urbaine, poules, chèvres et moutons pointent à nouveau le bout de leur nez en ville.

Expérimentation à Nanterre

Si vous vous promenez du côté du campus de Nanterre, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir les oies ou les moutons de la Ferme du Bonheur, lieu atypique où se mêlent effervescences artistiques et paysannes depuis plus de vingt-ans. «Les animaux font partie de notre univers depuis toujours, et sont aussi un médium puissant», note avec poésie l’artiste touche-à-tout Roger des Prés, à l’origine du projet.

L’association a également investi une friche voisine de 4 hectares au dessus de l’A14, où chacun peut venir participer à diverses activités agricoles le dimanche après-midi. «Nous sommes encore dans l’expérimentation, mais le but est de montrer qu’on peut redonner une valeur au terrain, recréer un petit bout de campagne», explique Mathieu, 32 ans, paysagiste.

Installation bio à Vincennes

Pour voir des vaches, c’est au bois de Vincennes que ça se passe, à la Ferme de Paris, en activité depuis 1989. Ici, tout est bio : du potager au verger, en passant par l’élevage des animaux. La ferme a surtout une vocation pédagogique, pour faire découvrir aux citadins les circuits de production et d’alimentation. Mais elle est aussi un terrain d’expérimentation et d’échanges, où se tiennent des ateliers et conférences.

La ferme propose par exemple des ateliers pratique de permaculture, système d’exploitation durable et respectueux de l’environnement. «Le but est de montrer au citoyen ce qu’il peut faire en ville», explique Magali Drutinus de l’Agence de l’Écologie Urbaine de la Ville de Paris.

Lien social à la REcyclerie

Le café-cantine de la REcyclerie, ouvert en juin 2014 dans l’ancienne gare Ornano dans le 18e arrondissement à Paris, a aussi son petit bout de campagne. Le restaurant donne sur un terrain de 800m² sur les quais de la petite ceinture. Des plantations, un poulailler et des chèvres y ont été installés. Les déchets du restau sont utilisés pour nourrir les animaux et alimenter un compost.

«Nous voulons que les habitants du quartier s’approprient cet espace», affirme Judith, stagiaire pour l’association Les Amis Recycleurs, qui gère les activités de cette petite ferme urbaine. Des groupes scolaires des environs sont régulièrement accueillis pour des ateliers pédagogiques.

Économie vertueuse avec Clinamen

L’association Clinamen, de son côté, élève une soixantaines moutons, sur le campus de Paris 13 à Villetaneuse (93), et sur la base militaire de Houilles (78). Elle gère également une parcelle jardinée dans une cité de Saint-Denis, et organise régulièrement des transhumances en ville. Le credo de cette association créée par un groupe d’amis issus d’horizons divers est : «le terroir a droit de cité».

Avec leurs activités, ils souhaitent démontrer l’impact social, écologique, mais aussi économique des activités paysannes en ville. «Nous voulons aller plus loin que ‘ça amuse les enfants’, expliquent-t-ils, il faut que les politiques se rendent compte de l’intérêt de remettre de l’agriculture en ville». Les jeunes Clinamen ont récemment créé une coopérative, Bergers Urbains, grâce à laquelle ils commencent à être payés en tant que paysans de villes.

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Rédigé par

Héloïse Leussier

1 commentaire

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DM

Publié le 25 février 2015

J'ai visité récemment le "parc naturel urbain " de Rueil Malmaison, qui au sud de la D913 recouvre d'anciens vergers et petits bois. y pâturer des moutons serait une évidence, puis reprendre la culture des arbres fruitiers ensuite... L'idée est lancée !

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