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Travailler dans l’ESS sans le bac

Publié le 28 janvier 2015

Nul besoin d'être surdiplômé pour travailler dans l'ESS! Des dispositifs comme les emplois d'avenir, mais aussi un certain état d'esprit, une confiance partagée entre les acteurs du secteur permettent à des jeunes peu ou pas diplômés de trouver un job. Découvrez les métiers et les filières qui recrutent.

Marie Martinez, 35 ans et Mohamed El Khadriouni, 22 ans, auraient pu continuer longtemps à enchaîner les petits boulots, l’intérim et les périodes de chômage… Comme beaucoup de jeunes qui n’avaient pas le niveau, la motivation ou le soutien des parents, ils ont fini par quitter l’école avec peu voire aucun diplôme. Et finalement « sans réellement d’avenir« , reconnaissent-ils… Jusqu’à qu’ils décrochent un job dans l’ESS ! « La chance de ma vie« , assurent en chœur les deux témoins.

Des emplois nombreux, dans des structures variées

« L’ESS est un secteur particulièrement bienveillant envers les personnes en mal d’insertion, confirme Julie Ressot, conseillère au CIDJ. Et riche d’opportunités professionnelles pour les jeunes peu ou pas qualifiés, puisque le CREDOC recense plus de 110.000 embauches potentielles par an à destination ce public ».

Plus largement, les entreprises de l’ESS (associations, entreprises d’insertion, coopératives, mutuelles, fondations, …) annoncent près de 270.000 projets de recrutement par an. Des chiffres élevés, qui peuvent surprendre, mais il faut savoir que le secteur a globalement moins souffert que d’autres de la crise financière et économique. Il  a continué à créer de l’emploi : près de 400.000 sur les dix dernières années, soit 23 % d’emplois supplémentaires contre 7 % en moyenne dans l’économie française (et 4,5 % pour le secteur privé). Et la tendance ne devrait pas s’inverser : d’ici 2020, 600.000 emplois seront à renouveler, pour faire face au départ à la retraite d’un quart des salariés du secteur !

C’est dire si les recrutements seront nombreux. En tête des embauches : les fonctions sociales et médico-sociales (les aides à domicile ou ménagères, les travailleuses familiales et auxiliaires de vie, mais aussi les aides-soignants, auxiliaires de puériculture, aides médico-psychologiques ou assistants médicaux). Sans oublier, les professionnels de l’animation socioculturelle et du sport (animateurs) accessible avec le seul BAFA.

Un secteur où l’humain est réellement au centre

Marie, elle, a décroché un job dans une fondation – « la fin de la galère » comme elle dit ! « En France, on a du mal à faire confiance à un jeune sans le bac », déplore-t-elle. Pendant 10 ans, cette trentenaire aventureuse a travaillé dans l’hôtellerie-restauration, en Australie et au Canada, dans des établissements prestigieux, « sans qu’aucune fois, on ne regarde avec méfiance mon CV, j’étais jugée sur mes compétences et ma motivation« . De retour en France, il y a trois ans, c’est la douche froide. « Sans diplôme, on ne me proposait que des postes de femme de chambre ou de réceptionniste. J’avais envie de découvrir d’autres secteurs, mais là encore, pas d’expériences, pas de diplôme, pas job ! » résume amèrement la jeune femme.

Découragée, elle se confie à une amie, qui la présente aux responsables de la Fondation I Loge You (lutte pour le mal logement) en quête d’un community manager. Coup de chance,  Marie est aussitôt embauchée en CDI ! « Cette chaleur humaine et cette confiance font parties des valeurs de l’ESS, assure Marie. Aucun autre secteur n’offre de telles opportunités. »

Le tremplin des emplois d’avenir

Mohamed, lui, a bénéficié des emplois d’avenir. Il y a deux ans, lassé des « petits contrats » d’animation qu’il enchainait, il découvre le dispositif à la Mission Locale. Méfiant devant ce qui lui semblait être un énième contrat aidé, pas toujours efficace, il se laisse convaincre par l’opportunité d’accéder enfin à un job durable, tout ayant l’assurance de suivre une formation.

Mohamed devient agent de médiation dans une association de quartier lilloise. « Pendant plus d’un an, j’ai goûté aux joies d’un emploi stable, payé au Smic, aux horaires fixes, avec des collègues et un responsable qui me faisaient confiance », se souvient-il. Le jeune homme en profite pour repasser avec succès son Bac en candidat libre et suivre deux formations en gestion d’équipe et de conflits.

Avec un CV plus étoffé, il décroche à la fin de son emploi d’avenir, un CDD de deux ans chez Veolia Environnement. « L’emploi d’avenir a été un vrai tremplin ! » répète-t-il. Une réussite parmi d’autres puis que 150.000 emplois d’avenir ont dors et déjà été signés.

Le point sur les emplois d'avenir

– Créés par la loi du 26 octobre 2012, les emplois d’avenir sont destinés aux 16-25 ans (jusqu’à 30 ans pour les travailleurs handicapés) peu diplômés et ayant des difficultés d’accès à l’emploi.

– Ce sont des contrats aidés, subventionnés par l’État à hauteur de 75% du Smic pendant trois ans. Il peut s’agir d’un contrat à durée indéterminée (CDI) ou d’un contrat à durée déterminée de trois ans ou d’un an renouvelable (CDD), à temps plein, payé au Smic, conclu dans le secteur marchand ou non-marchand.

– Un projet de formation doit être prévu.

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Rédigé par

Céline Deval

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