Projets inspirants, créateurs inspirés

Chantiers-Passerelles : le travail d’intérêt général comme vecteur d’intégration

Publié le 23 janvier 2015

Et si au lieu d’emprisonner les personnes condamnées, on leur imposait des peines favorisant l’insertion sociale ? C’est le postulat de Chantiers-Passerelles, une association qui veut lutter contre la récidive. Rencontre avec son fondateur.

Sylvain Lhuissier a 23 ans. Ce tout jeune diplômé de l’école Centrale, à Paris, est pourtant déjà entrepreneur social. Avec Agathe Zebrowski, il a créé l’association Chantiers-Passerelles, « avec l’ambition que les personnes condamnées ne soient plus écartées le plus loin possible de la société, mais qu’elles réalisent leur peine au cœur même de la société. » Sylvain répond aux questions de Say Yess.

Comment est né ce projet d’entrepreneuriat social ?

Cela fait plusieurs années que la notion d’engagement est forte pour moi, et j’ai su tôt que je voulais un métier qui fasse sens et qui porte mes valeurs. Il existe différentes façon de s’engager (associative, bénévole, politique…). Pour moi, l’entrepreneuriat social c’est une façon de confronter rapidement son idéal à la réalité du terrain. Me sachant de nature plutôt idéaliste, j’ai choisi cette forme d’engagement. La spécialisation « Entrepreneuriat » de l’Ecole Centrale Paris m’a permis de concrétiser cette volonté.

>> Rencontrez Sylvain Lhuissier à l’occasion du Salon des entrepreneurs, les 4 & 5 février à Paris.

Comment t’es-tu intéressé à la question des personnes incarcérées ?

J’ai fait partie, il y a 4 ans, de l’association GENEPI (Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées). Cette association intervient en détention pour donner des cours ou animer des ateliers avec les personnes détenues. Elle porte également toute une réflexion sur le sens que l’on donne à la peine et une activité de sensibilisation grand public.

C’est dans ce cadre que je me suis rendu compte à quel point le sujet pénal est méconnu et ignoré de notre société. Nous avons créé Chantiers-Passerelles avec l’ambition que les personnes condamnées ne soient plus écartées le plus loin possible de la société, mais qu’elles réalisent leur peine au cœur même de la société.

Où en est le projet aujourd’hui ?

Nous avons mené depuis plus d’un an une étude terrain qui nous a permis de comprendre les enjeux des acteurs, et de formuler le projet associatif de Chantiers-Passerelles : exploiter la peine de travail d’intérêt général (TIG) comme une vraie opportunité d’insertion sociale et professionnelle. Nous avons reçu le soutien et l’intérêt de personnes reconnues et impliquées sur les questions pénales, mais également le soutien d’institutions : la Croix-Rouge française.

L’association Chantiers-Passerelles travaille à la mise en place d’une expérimentation de ses deux axes d’activité (accompagnement et développement d’une plateforme de coordination). Ce projet pilote devrait démarrer en début 2015, et nous permettre d’accompagner une centaine de personnes.

Quel conseil donnerais-tu à un jeune porteur de projet qui souhaite se lancer aujourd’hui ?

Jette-toi à l’eau ! On peut toujours attendre d’avoir la bonne idée, et d’avoir tout en main pour la mettre en œuvre. Mais ça n’arrivera jamais. La bonne idée, le bon projet, ils viennent en avançant. Alors le meilleur moyen de savoir si on veut entreprendre dans l’ESS, c’est de se décréter entrepreneur social du jour au lendemain, et de se mettre en marche : tester son idée, écouter les retours, modifier, recommencer. Le projet se construit à partir de là.

En ce sens, l’entrepreneuriat social n’est pas différent de l’entrepreneuriat. Ce qui change, c’est qu’on sait pourquoi on le fait et comment on veut le faire.

Accompagnement et prix

Chantiers passerelles a été accompagnée par deux incubateurs : SenseCube et Ronalpia. L’association a également remporté deux prix : le prix Jeun’ESS du PEEES (Prix de l’étudiant entrepreneur en économie sociale) et le prix de la meilleure initiative sociale et solidaire du Petit Poucet.

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La redaction

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