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Juriste pour une asso: au service de la société

Publié le 26 janvier 2015

Clarisse assiste les personnes dans le besoin sur leurs questions de droit, en tant que juriste consultante pour l'association Accès aux Droits Solidarité Paris. Rencontre.

Comment rédiger un courrier à une administration ? Quelles démarches effectuer en cas de litige avec son patron ? Comment demander un titre de séjour ? Si nul n’est censé ignorer la loi, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans la législation française, d’autant plus quand on est en situation de fragilité.

Pour venir en aide aux personnes dépourvues face aux questions de droit, l’association Accès au Droits Solidarité Paris a mis en place depuis près d’une dizaine d’années des permanences gratuites dans plusieurs associations ou structures institutionnelles parisiennes. Chacun peut venir poser les questions qui compliquent son quotidien à un(e) juriste de l’association.

Des publics variés

Clarisse, 27 ans, assure ainsi des permanences à l’espace solidarité du Samu Social, à la Coordination de l’accueil des familles demandeuses d’asile (CAFDA), dans un centre d’accueil de jour pour SDF d’Emmaüs Solidarité ou encore à la Maison du droit du 17e arrondissement. «J’ai des semaines bien chargées et je travaille avec des publics variés», explique-t-elle.

Le plus souvent, elle assiste des étrangers qui cherchent à régulariser leur situation. Elle les aide par exemple à faire le meilleur dossier possible pour une demande d’asile ou un visa. Les entretiens durent environ 40 minutes, parfois un peu plus, si la présence d’un(e) interprète est nécessaire. «Certains viennent pour une simple question, tandis que d’autres sont suivis dans le temps, il m’arrive même de me déplacer à la préfecture», explique-t-elle.

Mais Clarisse ne fait pas seulement du droit des étrangers, elle rencontre des profils différents selon les structures où elle intervient. Elle peut par exemple expliquer à une personne divorcée comment obtenir une pension alimentaire, ou encore renseigner une jeune locataire qui a des problèmes avec son propriétaire. «Je touche à tout», glisse-t-elle.

Chaque fois que je fais face à une nouvelle situation j’apprends de nouvelles choses

Le choix de l’associatif

«Mon activité n’est pas monotone, chaque fois que je fais face à une nouvelle situation j’apprends de nouvelles choses», estime-t-elle. Elle fait une veille sur l’actualité législative, et les débriefs mensuels avec la trentaine d’autres juristes de l’association sont l’occasion d’échanger des questions sur ses dossiers.

Après un master en droit public spécialité Droits de l’Homme décroché en 2012, Clarisse savait qu’elle avait de fortes chances de travailler dans l’associatif. Pour elle, c’était un choix, «je n’étais pas spécialement intéressée par le droit des affaires», affirme-t-elle. Et puis elle avait déjà un pied dans l’associatif, pour avoir été bénévole chez SOS Racisme quand elle était étudiante. Elle assurait déjà des permanences en droit.

«J’aime le contact avec les gens, et j’avais envie de servir un peu à quelque chose», avance Clarisse. Pour elle, l’empathie est essentielle dans son travail, mais il faut savoir trouver un équilibre et se protéger. Elle confie s’être parfois laissée rattraper par les émotions face aux problèmes confiés par les personnes qu’elle assiste. «Il faut être animé par l’envie d’aider, tout en gardant une distance car on ne peut pas porter toute la misère du monde sur son dos», rappelle-t-elle.

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Rédigé par

Héloïse Leussier

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