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Directeur d’EHPAD : un quotidien d’équilibriste au service de la bientraitance

Publié le 26 novembre 2014

Frédéric Platz dirige une maison de retraite associative. Son quotidien ? Bien accueillir les « aînés », tout en respectant un budget tiré au cordeau.

Le quotidien de Frédéric Platz, 37 ans, est bien rythmé. Il dirige depuis quatre ans un Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) de 27 résidents géré par l’Association Hospitalière de la Vallée de l’Orne, en Lorraine.

« Mes missions sont très diversifiées car je dois faire connaître mon établissement au grand public, en assurer la bonne réputation et garantir le respect de nos objectifs financiers tout en proposant un accueil de qualité à nos résidents », explique le jeune directeur, passionné par sa fonction d’équilibriste. « On parle des maisons de retraite uniquement quand il y a un problème, un décès, poursuit-il. Je dois donc convaincre et rassurer en permanence. Et bien entendu, je dois m’assurer qu’il n’y ait pas d’accident ! »

« Je connais les gestes qui soulagent, les mots qui font du bien »

Frédéric Platz a commencé sa carrière comme ergothérapeute dans un établissement public. Il voulait soigner, aider les gens qui traversent une période difficile et les aider à se reconstruire. Progressivement, il a gravi les échelons et est devenu directeur d’EHPAD : « C’est un vrai atout pour moi d’avoir été soignant puis cadre de santé. Je peux parler concrètement de bientraitance avec mes équipes, je sais combien de temps il faut pour donner un bain dans de bonnes conditions, je connais les gestes qui soulagent, les mots qui font du bien. »

« Nous ne cherchons pas à enrichir qui que ce soit »

Cette connaissance du terrain permet aussi au directeur d’être crédible auprès du Conseil d’Administration de l’association gérante, qui définit la politique de la maison de retraite. Développer une animation d’art-thérapie, ouvrir de nouvelles places ou construire un bâtiment… toute décision exige de convaincre le CA. « J’ai choisi de travailler dans une structure associative car nous avons une plus grande liberté de gestion, les liens hiérarchiques sont beaucoup plus légers et le bien-être des résidents est notre préoccupation principale, nous ne cherchons pas à enrichir qui que ce soit », explique-t-il.

Principal défi de la profession : accompagner au mieux des personnes de plus en plus âgées et dépendantes. Pas si facile quand les financements se font rares… Motiver les équipes malgré tout, développer des projets à petit budget pour que les résidents se sentent « chez eux », voilà son exercice de funambule quotidien.

 

Comment devenir directeur d'établissement médico-social ?

– Une première option consiste à passer le concours de l’EHESP (École des Hautes Études en Santé Publique) dans la foulée d’une licence ou après 2 à 4 années dans la fonction publique.
– D’autres passent par la voie universitaire, avec le master Économie et gestion des établissements sanitaires et sociaux (EGESS).
– Il est également possible de progresser en interne dans un établissement social ou médico-social en passant le CAFERUIS pour devenir cadre puis le CAFDES pour accéder au poste de directeur. Ces cursus sont proposés notamment dans les Instituts Régionaux du Travail Social (IRTS).
En début de carrière, un jeune directeur peut espérer un salaire annuel brut d’environ 40.000€.
– Pour plus d’informations sur le métiers de directeur(trice) de structure, consultez la fiche métier sur le portail de l’emploi dans l’ESS de l’UDES.

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Rédigé par

Ingrid Arnoux

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