Agir au quotidien

Chic, un dressing éthique !

Publié le 4 décembre 2014

Voici le constat : on ne porte pas la moitié de notre garde-robe. Et l'autre est composée de vêtements fabriqués dans des conditions à l'origine de catastrophes. Il ne s’agit pas de s’habiller comme un sac - ni de ne plus s’habiller du tout - mais d'essayer de faire mieux avec moins. Démonstration avec le parcours de Thomas Huriez dans la mode éthique.

DR

 « On bosse huit heures par jour pendant au moins 40 ans, donc autant se faire plaisir et réfléchir au sens qu’on donne à son travail. » Thomas Huriez, 33 ans, a tout plaqué il y a sept ans pour se lancer dans la mode éthique. Cet ancien informaticien ouvre d’abord le magasin Modetic à Romans (26), centre historique de l’industrie de la chaussure. Il assiste ensuite à la fermeture en série des boutiques éthiques en France. « Il n’y en a plus qu’une vingtaine aujourd’hui alors que nous étions 100 il y a trois ans, déplore-t-il. Les fournisseurs ont perdu 80% de leur marché en l’espace de deux ans. »

Back to basics

Jeans 1083

Pour endiguer ce phénomène, le jeune entrepreneur a l’idée de développer sa propre collection de vêtements. Si la mode éthique n’a pas touché son public, c’est que l’offre proposée n’était pas adaptée. « Soit elle rimait avec manque de style et on se retrouvait avec un poncho, plaisante-t-il à demi-mot. Soit, elle était hyper sophistiquée et très urbaine, donc peu accessible. » Thomas s’attaque donc aux basics : t-shirts, chaussettes… Puis il lance la marque de jeans made in France, signés 1083, en 2012. « Il y a 80 millions de jeans vendus chaque année en France, tout le monde porte des jeans !, s’exclame-t-il. En un an et demi, on en a vendu 10 000. »

Made in France

Cette année, il vient de lancer Le Tricolore, une marque de pulls en laine recyclée. Si ses collections se développent en ligne, Thomas mise toujours sur ses boutiques. « C’est grâce aux retours directs des clients que l’on a amélioré la coupe des jeans. »

Dans son aventure, il a déjà créé dix emplois. « On a débuté dans notre coin, et ça commence à se voir », sourit-il. Passionné, il a contribué à créer un label éthique pour les vêtements afin que que les consommateurs s’y retrouvent.  Et pour remercier ses clients, Thomas est allé à leur rencontre l’été dernier, de Menton (06) à Porspoder (29). Un parcours de… 1083 kilomètres.

This is box title

La haute couture éthique
La styliste Sakina M’Sa a inventé un « éco-système de la mode » :
-Son atelier intègre des personnes en insertion
-Elle recycle des tissus haute couture pour ses créations
-Elle propose une fabrication 100% européenne

« Les créateurs de mode sont des éponges, explique-t-elle. J’appartiens à cette génération qui veut prendre soin de la planète. » Faiza, participante à l’un de ses « ateliers du tissu social », est la femme qui l’a mise au défi de lancer cette SARL sociale de la mode : « Le jour où Jean-Paul Gaultier, Yves Saint Laurent décideront de devenir des entreprises d’économie sociale et solidaire, le changement du monde ne sera pas loin. »

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Rédigé par

Apolline Guichet

3 commentaires

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Natty

Publié le 01 juin 2017

Article percutant ! S'habiller de manière plus responsable c'est possible, oui ! Et pour cela il existe bien sûr le Made in France mais aussi plein d'autres moyens d'adopter une consommation plus responsable. J'en parle d'ailleurs un peu ici : http://inadendesign.com/blog/mode-ethique-definition/. Il n'y a pas UNE mode éthique mais de nombreuses initiatives positives. Et chaque initiative est un petit pas vers le changement ! Au plaisir d'en discuter :)

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Marc SITARZ

Publié le 20 janvier 2017

Parfaitement d'accord ! Bravo pour ce projet superbe ! Nous avons tous des choix à faire et et ils sont de moins en moins nombreux à mesure que l'échéance se rapproche. Pour nous, la Nature et la biodiversité sont les solutions évidentes à nos thématiques, car elles sont source de bien-être, de solutions, et de savoir. Natureally les propage, les partage, et les protège.

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Chic, un dressing éthique ! - Say Yess |...

Publié le 04 décembre 2014

[…] Voici le constat : on ne porte pas la moitié de notre garde-robe. Et l'autre est composée de vêtements fabriqués dans des conditions à l'origine de catastrophes. Il ne s’agit pas de s’habiller comme un sac - ni de ne plus s’habiller du tout - mais d'essayer de faire mieux avec moins. Démonstration avec le parcours de Thomas Huriez dans la mode éthique.  […]

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