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Responsable stratégie et marketing dans l’ESS : « donner du sens » à son job

Publié le 14 novembre 2014

À 29 ans, Maÿlis de Laboulaye fait partie de cette génération qui souhaite donner du sens à son travail. Passée du conseil chez le géant IBM à la stratégie et au marketing pour une start-up, l’association United Way Tocqueville France, elle retrace son parcours et ses choix.

© United Way Tocqueville France

Démarcher de nouveaux partenaires, co-construire le projet qui réunira entreprises et jeunes, définir et mettre en œuvre la stratégie de communication sur les réseaux sociaux, gérer les relations presse… Depuis six mois, Maÿlis de Laboulaye est responsable stratégie et marketing de l’association United Way Tocqueville France, créée en 2008 (NDLR : branche indépendante de l’association américaine United Way, fondée en 1887) et spécialisée dans le soutien auprès d’associations françaises qui œuvrent contre le décrochage scolaire.

J’ai pris conscience de la nécessité de répondre à des besoins locaux et avec les acteurs locaux.

Après une école de commerce et quatre ans de conseil en organisation et conduite du changement chez IBM, Maÿlis de Laboulaye a senti le besoin de « donner du sens à ce qu’[elle] faisai[t] ». « J’avais derrière moi un long parcours associatif : colos, animation, responsable de partenariats d’une association étudiante de solidarité puis d’un projet solidaire au Bénin. Une expérience forte qui m’a marqué et où j’ai pris conscience de la nécessité de répondre à des besoins locaux, avec les acteurs locaux, pour une action correspondant à nos compétences. Nous passions de la construction d’une école à du soutien scolaire et des échanges interculturels. »

Des rencontres utiles

Si Maÿlis a vite senti que son travail chez IBM ne la satisfaisait pas pleinement, elle a choisi d’y rester quelques années pour se forger une expérience et découvrir le monde du travail. « J’ai profité d’un plan social pour prendre le temps de trouver ma voie. J’ai commencé à chercher dans l’aide au développement, les grandes ONG, mais sans retour sur mes multiples candidatures, je me suis dit qu’il fallait que je rencontre des personnes travaillant dans ce secteur », précise la jeune femme.

Elle alors devenue bénévole pour l’association Advise for Change, coach de l’Arche dans le cadre du programme Impact for Change d’Ashoka ou encore bénévole pour l’entreprise sociale SenseSchool, dont elle a audité la page Facebook et le site pour développer leur stratégie de communication.« Au fil de mes rencontres, j’ai pu définir trois axes qui me tenaient à cœur : l’éducation, la professionnalisation des associations et la co-création, soit le fait de monter des projets qui rassemblent entreprises et associations. »

Un métier polyvalent

La jeune femme est recrutée en mai dernier par United Way grâce au bouche-à-oreille. En tant que responsable stratégie et marketing, elle doit notamment identifier de nouveaux partenaires (entreprises, associations et collèges), co-construire le projet qui réunira ces parties prenantes, tout en veillant à la cohérence et à la stratégie de l’association. Elle doit également gérer la communication des programmes une fois qu’ils sont lancés, celle des associations soutenues et de United Way Tocqueville, faire de la veille en matière de décrochage scolaire, etc…

« Voir l’impact de son travail à travers les projets »

« Travailler au sein d’une petite équipe permet d’avoir plus de responsabilités, de voir l’impact de son travail à travers les projets menés, de s’investir dans une start-up dont le business model me plaît. United Way est certes une petite association mais très professionnelle : sur 4 salariés, nous sommes 3 à venir du privé. En ce moment, nous avons par exemple un programme avec Airbus, à Toulouse. Des employés d’Airbus mènent des ateliers avec des élèves de 4e, 3e et seconde, en partenariat avec un étudiant d’école supérieure : ils témoignent de leur expérience, exposent leur parcours, aident à la rédaction de CV, travaillent sur l’estime de soi. »

Si elle aimerait parfois être plus proche des bénéficiaires des programmes, Maÿlis apprécie la partie management de son métier et pense que ses compétences lui permettent d’être plus utile en amont. Pour ce métier multitâches, il faut selon elle être « ouvert d’esprit, curieux, rigoureux, organisé, réactif et faire preuve d’une certaine aisance relationnelle ». En passant d’une multinationale à une petite association, Maÿlis de Laboulaye a accepté de réduire son salaire qui oscille aujourd’hui  entre 27 et 35 K€ (soit 1 680 à 2 200€ nets mensuels de fixe, auxquels s’ajoute une part variable).

 

Comment devenir responsable stratégie et marketing ?

Le métier de responsable ou directeur marketing est accessible à Bac + 5, souvent avec un diplôme de gestion, un master professionnel marketing et gestion ou marketing, publicité et communication ou encore après une école de commerce. Les responsables ou directeurs de la stratégie sont souvent passés par un cabinet de conseil.

 

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Publié le 15 novembre 2014

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