Dis-moi pourquoi tu bosses

Responsable de production : inviter la performance dans les assos

Publié le 21 octobre 2014

«Business intelligence», «consolidation des performances», «procédure de zonage»… Études d’ingénieur obligent, Claire Laffore parle un jargon un peu technique. Pourtant son quotidien consiste à simplifier le monde industriel : elle supervise la production d’une centaine de techniciens, tous en parcours d’insertion ou en situation de handicap.

Chaque jour, ces prestataires de la société Recommerce Solutions reçoivent des téléphones portables usagés par cartons entiers. Ils les trient en fonction de leur état, les réparent puis les reconditionnent avant qu’ils soient revendus. « Mon travail consiste à définir les cahiers des charges, à optimiser les processus, à former les techniciens aux outils industriels… Optimiser les choses, c’est gratifiant », expose la jeune femme, diplômée en génie industriel et spécialisée en gestion de production.

Elle a par exemple mis au point une interface de gestion aussi simple et intuitive que possible. « Dans les grandes sociétés, ce sont souvent des logiciels compliqués, avec beaucoup de champs à remplir, on pense que c’est inné. Mais certains techniciens n’ont pas fait beaucoup d’études, ou alors ils sont en reconversion et n’ont pas l’habitude de l’informatique », dit-elle.

Faire la chasse aux pertes de temps ou d’efficacité

Entre le siège de la société, en banlieue parisienne, et les huit ateliers de sous-traitance situés en Vendée ou en Normandie, Claire Laffore fait la chasse aux pertes de temps et d’efficacité, comme pour la mystérieuse « quarantaine » des smartphones. « La réparation exige parfois que l’on demande une information au client, raconte-t-elle. En attendant la réponse, les appareils étaient stockés en vrac et il fallait ensuite très longtemps pour retrouver un produit précis. »

L’ingénieure a remplacé le grand bac de stockage par une dizaine de petits, où les portables sont classés par numéros. « On a divisé par dix le temps de recherche », conclut cette passionnée d’innovation et de « qualité de prestation ». « L’enjeu c’est d’apporter une culture qui se rapproche de celles des industries, notamment pour identifier les obstacles à la performance. Ce n’est pas un réflexe dans l’économie sociale alors que c’est nécessaire », assure-t-elle.

Des salariés qui partent vers l’industrie classique

En deux ans et demi dans l’entreprise, les outils de Claire ont permis à de nombreux salariés de progresser. Comme ce technicien qui a commencé par trier les téléphones, a apprivoisé une interface informatique pour tester leurs fonctions et a fini par devenir réparateur. « Certains trouvent ensuite un poste dans l’industrie classique. Ca fait plaisir, on se dit que l’on fait partie d’une aventure valorisante », dit-elle modestement.

Alors que ses anciens camarades de promo travaillent dans le conseil ou dans des multinationales, Claire Laffore apprécie les valeurs et la taille moyenne de son entreprise. Même s’il faut parfois affronter les situations très difficiles des techniciens. « Lorsqu’ils ont des soucis de santé ou de famille, ça se ressent, leurs réactions peuvent être frustrantes ou faire de la peine », reconnaît-elle. « Mais lorsqu’ils disent : ‘C’est parfait, les processus sont clairs, j’ai tout compris’, ça compense tout », assure-t-elle. On la croit sur parole.

 

Comment devenir responsable logistique ?

Les supply chain managers ou « responsables de production » sont généralement titulaires d’un bac+4 ou bac+5 obtenu dans une école d’ingénieur ou une école de commerce avec spécialité « gestion de production », ou encore via un master d’ingénierie logistique ou de gestion de la supply chain (chaîne d’approvisionnement).

Il est également possible d’entrer dans le métier avec un bac+2 ou bac+3 : via un BTS « transports et logistique », un DUT « gestion logistique et transport » ou encore un DUT « qualité, logistique industrielle et organisation », complété par une licence pro dans le secteur. Il faudra alors quelques années d’expérience pour obtenir un poste de coordination.

Des écoles spécialisées comme l’EM Normandie, le groupe AFT-IFTIM, EuroMed Management ou encore le groupe Promotrans proposent des formations spécialisées à la logistique et à la gestion de la supply chain.

logo_phosphore-etudesDécouvrez plus d’informations sur le métier d’ingénieur et les formations qui y mènent sur le site de Phosphore.

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Rédigé par

Hélène Seingier

2 commentaires

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Travailler autrement – Jardin d'Eden

Publié le 11 août 2018

[…] « Mon travail consiste à définir les cahiers des charges, à optimiser les processus, à former les techniciens aux outils industriels… Optimiser les choses, c’est gratifiant. Dans les grandes sociétés, ce sont souvent des logiciels compliqués, avec beaucoup de champs à remplir, on pense que c’est inné. Mais certains techniciens n’ont pas fait beaucoup d’études, ou alors ils sont en reconversion et n’ont pas l’habitude de l’informatique » lire la suite … […]

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PLURIEL

Publié le 25 mars 2016

Excellent article ! Je suis également très sensible à cette idée de transformation, de professionnalisation de l'économie sociale, notamment ici par la rationalisation l'optimisation des procédures. Bravo Claire !...votre job me plaît !

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