Etudes & formations

Et si vous appreniez la langue des signes?

Publié le 8 août 2014

Langue à part entière, la Langue des Signes Française (LSF) est une porte d’entrée incontournable vers la découverte de la culture sourde. Initiation.

 

Pourquoi apprendre la langue des signes ?

« Les motivations sont très variées », indique d’emblée Ronit Leven, directrice pédagogique de l’Académie de la Langue des Signes Française, la première  association délivrant des cours de LSF à Paris. « Dans nos formations, il y a des personnes sourdes comme des personnes entendantes qui veulent communiquer avec des proches. Certaines viennent pour des raisons professionnelles, parce qu’elles travaillent à l’accueil d’un service public, par exemple. D’autres viennent tout simplement apprendre une nouvelle langue. »

Angèle, 30 ans, a  « atteint un niveau plutôt honnête » après des cours à l’International Visual Theatre (IVT). Elle a commencé il y a quatre ans dans le but de donner des cours de danse aux personnes sourdes ou malentendantes. Quant à Claire, maître de conférences à l’université, elle prend des cours au Centre d’animation des Halles « par curiosité intellectuelle ». « L’apprentissage de la LSF ouvre à la culture sourde et permet de mieux comprendre les difficultés auxquelles sont confrontés les sourds au quotidien. »

 

Comment les cours s’organisent-ils ?

« Nous organisons nos cours selon le CECRL (Cadre européen de référence pour les langues) et proposons 20 modules de 30 heures divisés en quatre niveaux: A1, A2, B1 et B2. Pour avoir une conversation simple avec une personne sourde, il faut finir le cycle A, ce qui représente 240 heures », explique Ronit Leven. A l’issue du cycle B (360 heures),  on peut être à l’aise avec plusieurs sourds s’exprimant à un rythme normal. Les stagiaires peuvent choisir le nombre de modules et s’inscrire en fonction de leurs disponibilités.

Les premiers cours permettent « une désinhibition  au niveau du corps » et une « plongée immédiate dans le visuel via des jeux et activités pédagogiques », ajoute la directrice pédagogique. Plusieurs offres existent : cours du soir ou cours intensifs.

La langue des signes n’est pas un langage, c’est une vraie langue avec sa propre syntaxe.

 

Quelles sont les principales difficultés de l’apprentissage ?

« La LSF n’est pas un langage, c’est une vraie langue, elle est précise, elle a sa propre syntaxe », précise Ronit Leven. « Il est préférable que les formateurs soient sourds. Comme dans d’autres écoles de langue étrangère, on privilégie un enseignement assuré par des personnes du pays d’origine de la langue. »

« Comme pour l’apprentissage d’une autre langue, le plus difficile c’est de mémoriser les signes, estime Claire. Il faut également respecter les paramètres propres à la LSF: configuration des mains, orientation des mouvements, expression du visage. »  Selon Angèle, il est nécessaire d’être très motivé et/ou d’avoir un projet précis car on peut être découragé par les difficultés d’apprentissage. Elle-même se rappelle avoir eu des difficultés en voulant se confronter trop tôt à des personnes sourdes.

 

Existe-t-il un diplôme de LSF ?

Pas encore. Néanmoins, les centres de formations délivrent leurs propres attestations, qui sont harmonisées entre elles. Celle de l’Académie de la Langue des Signes est reconnue, et existe depuis 35 ans.

 

Puis-je avoir accès à des aides financières pour payer les cours ?

Pour les salariés d’entreprise, différents dispositifs permettent d’obtenir un financement pour vos cours (droit individuel à la formation appelé à devenir Compte personnel de formation, congé individuel de formation ou plan de formation de l’entreprise). A vous d’en faire la demande auprès de votre service RH. Les demandeurs d’emplois peuvent quant à eux se renseigner auprès de Pôle emploi.

« Les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) attribuent des aides, notamment si l’on a un enfant sourd », indique Ronit Leven. A cet égard, cette dernière lutte pour un accès des enfants sourds à un apprentissage en LSF à l’école. «La plupart de ces enfants ne peuvent pas apprendre dans leur langue. Ce qui occasionne des difficultés et des retards d’apprentissage injustes.»

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Rédigé par

Anaëlle Guisset

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