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De jeunes convertis à l’agriculture bio misent sur l’ESS

Publié le 16 mai 2014

Se convertir au bio est un pari gagnant. Si les vertus éthiques sont souvent mises en avant, le secteur est également porteur économiquement. L’économie sociale et solidaire –notamment les Amap, les épiceries associatives ou coopératives - offre, à cet égard, des débouchés intéressants.

« Ingénieurs, nous étions employés dans un bureau d’étude qui diagnostique les problèmes acoustiques et vibratoires. Dans ce cadre, je travaillais pour l’industrie de l’armement, ou le nucléaire… Mon travail m’intéressait mais pas les domaines dans lesquels je l’exerçais » explique Marie, 28 ans.  C’est pourquoi avec Matthieu, son compagnon, elle fonde le Bio Gardin, une exploitation maraîchère bio, en 2011.

Besoin d’éthique, de liberté

Ils ne sont pas les seuls à avoir une telle démarche. A l’origine de la conversion au bio, on trouve souvent une envie de travailler en accord avec ses valeurs. L’agriculture bio se présente alors comme une option naturelle pour le couple, attiré aussi par la perspective « d’être leur propres chefs ». D’autant que les parents de Marie sont agriculteurs céréaliers, convertis au bio depuis 10 ans. Lorsqu’un terrain se libère près de la propriété familiale, à Oudeuil, en Picardie, ils se jettent à l’eau.

>> Florence et Baldo ont installé leur exploitation bio grâce à Terre de liens. Témoignage.

« Mon travail me plaisait, mais je ne connaissais pas mes voisins, je me nourrissais mal. J’avais besoin d’agir au niveau local », confie quant à lui  Florent, 32 ans, qui travaillait dans des associations de solidarité internationale. Après trois ans de recherche pour trouver un terrain, lui et sa compagne, Sylvie, fondent la Ferme Sapousse à Pussay (Essonne), en 2011, également spécialisée dans le maraîchage.

Pas besoin de savoir-faire pour se lancer !

gregoireContrairement à ce que l’on imagine, il n’y a pas besoin de prérequis pour se lancer dans l’agriculture bio. Grégoire, 34 ans, travaille comme moniteur de ski l’hiver. C’est pour gagner sa vie l’été qu’il passe un BPREA (Brevet professionnel responsable d’exploitation agricole), et fait un stage de 6 mois chez un apiculteur bio. « Ça m’a plu immédiatement », s’enthousiasme-t-il. En 2007, il fonde Les abeilles de Grégoire, qu’il tient avec sa compagne, Perrine, près de Toulouse, avant de se convertir au bio.

S’il est nécessaire d’avoir un diplôme pour devenir exploitant agricole (Marie et Matthieu ont dû passer un BPREA, Florent un BTS production horticole), aucune formation spécifique n’est obligatoire pour passer au bio. C’est à travers des stages chez des exploitants bio que ces jeunes gens se sont initiés aux spécificités de ce type de culture. Charge à eux de monter un dossier auprès des organismes de labellisation. « J’ai fait une demande auprès d’Ecocert. Un inspecteur est venu vérifier que je respectais bien le cahier des charges», explique Grégoire l’apiculteur.

Des réseaux d’entraide

« Les maraîchers bio en Île-de-France ne sont pas isolés », se félicite Florent. La ferme Sapousse commercialise sa production par le biais d’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), et bénéficie à cet égard d’un véritable réseau d’entraide. En effet, le réseau des Amap d’Île-de-France a vocation, notamment, à aider l’installation de jeunes agriculteurs. A cet égard, les nouveaux venus sont tutorés, et reçoivent toute l’information nécessaire sur les aides auxquels ils ont droit.

Le bio Gardin travaille également avec des Amap : « Il y a énormément d’avantages : la récolte est pré-financée, on a la même rentrée d’argent tous les mois », explique Marie. Au total, l’exploitation fournit 220 paniers par semaine. Grégoire, quant à lui, vend du miel, du pain d’épice et du nougat via la coopérative de magasins Biocoop, mais aussi via Bio Complices, un système de paniers privilégiant la production locale.

Une demande forte

Et personne ne regrette son choix, d’autant que le bio rencontre un succès grandissant. « Dès la 2ème année, on pouvait se payer ! De plus en plus de jeunes sont intéressés car en cette période de crise, l’agriculture bio permet de gagner sa vie », indique Florent. Marie ne dit pas autre chose : « les Amap sont en vogue, surtout en Île-de-France, et l’on continue de refuser de la demande ». La jeune femme souligne néanmoins que le métier est rude, qu’il faut « produire beaucoup pour en vivre ».

Grégoire, quant à lui, affirme que l’on peut « vivre de l’apiculture bio », même s’il admet que ses 200 ruches ne suffisent pas, et que ses activités de moniteurs de ski lui permettent d’assurer un revenu minimal. « Mais c’est un métier magnifique, qui n’est pas dangereux du tout et très facile d’accès ! », s’enthousiasme-t-il cependant.

Tenté par l’agriculture bio ?

Porté par plusieurs acteurs en Île-de-France (réseau des Amap Île-de-France, association Terre de Liens, couveuse d’activités agricoles Les Champs des Possibles et le Groupement des agriculteurs biologiques (GAB) d’île de France), le Pôle Abiosol a vocation à accompagner les porteurs de projets d’installation en agriculture biologique.

Les non-franciliens peuvent s’informer auprès du mouvement inter-régional des Amap.

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Rédigé par

Anaëlle Guisset

2 commentaires

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boisseau

Publié le 04 mars 2016

Oui c'est juste pour avoir des aides comme la dja par exemple qu'il faut un diplôme de niveau IV.

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neant

Publié le 02 mars 2016

Une petite rectification, point besoin de diplôme pour être exploitant agricole, de la terre, un passage au CFE et à la MSA et voilà

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