Au fait, c'est quoi ?

Les Scic, des sociétés coopératives qui fédèrent toutes les énergies

Publié le 16 avril 2014

Moins connue que sa cousine, la Scop, la Scic (Société coopérative d’intérêt collectif) permet d'associer autour d’un même projet différent types d’acteurs: salariés, bénévoles, usagers, collectivités, associations... On en compte environ 360 en France.

« La Scic, c’est une manière pour les salariés de gérer collectivement leur outil de production. C’est également l’occasion pour nos clients de s’investir autrement dans une entreprise. C’est une bonne chose : ils ont une approche et des idées différentes. » Nicolas, 32 ans, est sociétaire du Pain sur la table, une boulangerie et lieu de restauration bio situé à Cluny (Saone-et-Loire).

Au fait, c’est quoi une coopérative ? On vous explique ça par ici.

La particularité de cette coopérative ? Elle est dirigée par ses salariés, par les fondateurs, mais aussi par des clients, bénévoles et fournisseurs, soit une cinquantaine de personnes. « Tous les deux mois, un conseil consultatif est ouvert à tous. Il permet à chacun de s’exprimer sur les grandes orientations. Les sociétaires sont également conviés chaque année à une assemblée générale. Les salariés ont 40% des voix, les fondateurs 30%, les clients et bénéficiaires 30% également », explique Nicolas. Lui-même, ancien salarié, appartient au collège des fondateurs.

La culture, le bio et les énergies renouvelables en pole position

« Les Scic ont été créées en 2001 », explique Alix Margado, délégué Scic à la CG Scop. « Comme les Scop, elles sont soumises à toutes les règles qui s’appliquent aux sociétés commerciales. Comme elles, elles sont fondées sur le principe suivant : une personne égale une voix. Cependant, c’est le seul statut qui permet de réunir toutes sortes d’acteurs, y compris des collectivités territoriales, des entreprises ou des associations », ajoute-t-il.

Les principaux secteurs où l’on trouve ce type de structures ? La culture, les énergies renouvelables ou la vente de produits bio. Selon Alix Margado, on a constaté un pic de créations de Scic à partir de 2012, et en 2013, 84 nouvelles sociétés ont vu le jour.

A chacun son poids dans la balance

Des étudiants s’investissent également dans les Scic. C’est le cas de Grégory, 22 ans, bénévole au sein de Solidarité étudiante, une coopérative qui implante des épiceries et cafétérias solidaires sur les campus. Etudiant en Staps, il coordonne l’action des bénévoles à la cafétéria de l’université de Nanterre.

« Les salariés et les bénévoles ont tous leur poids dans la balance. Ils décident des directions, donnent les grandes orientations, construisent les partenariats, les évènements, conseillés par les salariés de la structure nationale », s’enthousiasme-t-il. Ainsi, à Nanterre, se prépare pour le mois de mai une « Olympiade », qui réunira des animations effectuées avec des associations sportives (initiation aux arts martiaux, sensibilisation au handisport…).

Des artistes sont séduits

DizzylezLes Scic savent aussi séduire les artistes. Depuis 2007, le slammeur Dizzylez est sociétaire d’Akwaba, une salle de concert et espace d’exposition constituée en Scic en 2005, et située à Châteauneuf-de-Gadagne (Vaucluse). Pour le musicien, cette implication s’est faite naturellement. « L’ancien directeur m’a proposé d’animer des soirées régulièrement. J’ai découvert le statut de Scic comme ça, et de fil en aiguille je me suis dit que ce serait une bonne chose de devenir sociétaire. »

Il est courant que les salles de concert soutiennent des artistes, explique-t-il. Cependant, le statut de Scic peut faciliter les choses, notamment les demandes de subventions auprès des pouvoirs publics.

Si Mathieu, alias Dizzylez, avoue « ne pas trop aimer les réunions », il s’est néanmoins investi dans le rapprochement entre Akwaba, le collectif artistique Freesson et la Gare de Coustellet (Espace d’exposition, concerts, organisation d’animation) pour la mise en place d’une coopération d’actions autour des musiques actuelles sur le territoire Sud-Vaucluse. « J’étais au bureau de coopération, chargé de s’assurer que le rapprochement se passe bien », explique-t-il. Dizzylez sort son deuxième album, « Aux Anges » le 12 mai prochain. A découvrir ici et !

Je veux monter une Scic. Quel interlocuteur ?

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site dédié de la CG Scop. Vous y trouverez le contact d’Alix Margado et de son équipe qui peuvent vous apporter une aide dans le montage d’une Scic.

La Fédération nationale des Cuma (Coopératives d’utilisation de matériel agricole) est également un interlocuteur adéquat si votre projet se trouve dans le champ agricole ou agroalimentaire.

Photo de Dizzylez, DR Jérôme Rey

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Rédigé par

Anaëlle Guisset

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