Entreprendre, mode d'emploi

Intrapreneuriat social : 5 conseils de pro

Publié le 26 mars 2014

Ils ont monté des activités solidaires au sein de leur propre boîte ou en ont étudié les mécanismes. Forts de leur expérience, Arnaud Habert, Emmanuel de Lutzel et Amandine Barthélémy livrent à Say Yess leurs clés de réussite pour se lancer dans l’intrapreneuriat social.

Monter un projet au sein de son entreprise, c’est possible, grâce à l’intrapreneuriat social. Mais avant de vous y mettre, autant bien vous préparer. Quelques conseils de pro :

1. BIEN CONNAITRE SON ENTREPRISE

« Il faut maîtriser la culture de l’entreprise avant de se lancer, connaître son fonctionnement », explique Amandine Barthélémy, co-auteur d’un livre sur l’intrapreneuriat social. « S’adapter au cadre dans lequel on est reste primordial : il y a possibilité de faire des choses, il suffit de bien identifier le mode d’emploi ».

emmanuel_de_lutzel_4En effet, pour que le projet prenne, mieux vaut « intégrer les process » de sa structure, indique Emmanuel de Lutzel, vice-président social business à la BNP Paribas. Il ne s’agit pas seulement de savoir en amont où est décidé quoi et de bien appréhender les leviers d’action de l’entreprise. Selon Arnaud Habert, directeur général délégué de Vinci Insertion Emploi (ViE), « Il faut aussi établir une cartographie des acteurs qui paraissent importants, connaître leur zone de pouvoir ». Et ce, afin de ne zapper personne lors de la phase de communication, en interne, du projet. « Et de s’allier les décideurs ! » ajoute Amandine Barthélémy.

>> Découvrez les projets d’intrapreneuriat social d’Emmanuel de Lutzel et d’Arnaud Habert dans cet article !

2. RENFORCER SA CREDIBILITE

Pour s’allier les décideurs, il est nécessaire d’être crédible, d’être considéré comme légitime dans le domaine concerné par le projet. Un engagement bénévole dans le secteur d’activité investi par l’intrapreneur social est souvent bienvenu, surtout s’il a lieu dans une association reconnue par tous.

« Il faut accumuler beaucoup de connaissances » conseille par ailleurs Emmanuel de Lutzel. L’enjeu est de devenir expert de son sujet et d’avoir ainsi « toujours une longueur d’avance ».

Lancer de petites initiatives peut également permettre d’expérimenter un certain nombre d’actions innovantes dans l’entreprise et d’évaluer l’impact en interne. « La politique de responsabilité sociale et environnementale (RSE) de sa boîte, c’est un peu un cheval de Troie », suggère Amandine Barthélémy. « Ça peut donner lieu à de belles initiatives d’entrepreneuriat social ! ».

Enfin, pour éviter les écueils, rencontrer des intrapreneurs ou entrepreneurs sociaux peut également être intéressant en termes d’échanges de pratiques et d’apprentissage des trucs et astuces. « Il ne faut pas en faire l’économie », recommande  Arnaud Habert. « On retombe toujours sur des fondamentaux forts utiles »,  poursuit-il.

3. CREER UNE COMMUNAUTE AUTOUR DE SON PROJET

Si la motivation individuelle est importante, il ne faut pas oublier le rôle de l’intelligence collective : le voisin de bureau ou les collègues de la pause-café ont sans doute de quoi challenger le projet d’intrapreneuriat social… et donc, l’enrichir.

habert_arnaud« Le fait d’avoir quelqu’un avec qui on peut échanger, ça permet de confronter ses idées quand on en a besoin », affirme Arnaud Habert. Selon lui, « il s’agit de créer une communauté interne autour du projet ». Pour Amandine Barthélémy, c’est même un avantage indéniable pour les jeunes salariés ou les nouveaux arrivants dans l’entreprise : « on peut s’appuyer avec bénéfice sur les profils plus expérimentés, les salariés qui ont de la bouteille » pour renforcer l’adhésion au projet et son relai en interne.

Cette communauté sera également un atout pour convaincre plus facilement. Pour Emmanuel de Lutzel, « quand on communique, ce n’est pas seulement auprès de l’institution, c’est aussi auprès des personnes qui pensent autrement. Si l’entreprise accepte de jouer le jeu, c’est qu’il y a un mouvement qui part de la base ». Plus il y a de convaincus, plus le projet aura d’envergure auprès de la direction.

4. SAVOIR VENDRE SON IDEE

Arnaud Habert prévient : « Quand on est dedans, ça paraît clair, très facile. Un des sujets sur lesquels il faut travailler : la vulgarisation ! ». Il s’agit de rendre accessible son projet au plus grand nombre. « L’important c’est de vendre l’idée, mais on n’aborde pas la question de la même manière selon ses interlocuteurs » poursuit-il.

Ainsi, lorsqu’il a voulu monter ViE, il n’avait pas un support de présentation unique, mais une trentaine. « Orientés sur l’intérêt de la personne que je cherchais à convaincre, sur son service, son entité » indique-t-il. Même constat chez Emmanuel de Lutzel : « j’ai résumé mon projet en une cinquantaine de pages puis j’ai fait un résumé de ce résumé en une page ». On n’entre pas forcément dans les détails avec tout le monde : l’adaptation est essentielle.

« La capacité à convaincre » doit conduire, d’après Amandine Barthélémy, la démarche de l’intrapreneur social. Il faut montrer à ses collègues l’intérêt de ses idées, mais aussi à ses managers, et enfin, à la direction. « Quand le projet est assez mûr et qu’il y a un certain nombre de personnes qui en sont supporters, il faut crever le plafond de verre ! » affirme Emmanuel de Lutzel.

5. ADOPTER UNE ATTITUDE PRAGMATIQUE

L’entreprise ne souhaitera pas forcément investir tout de suite financièrement dans le projet porté par un salarié. Il faut rester pragmatique. La mise à disposition de matériel semble être une piste simple à explorer. Pour Emmanuel de Lutzel, tout a commencé par « une salle de réunion, un ordinateur et un téléphone ».

« D’autres types de ressources peuvent être allouées » assure cependant Amandine Barthélémy. A commencer par les compétences internes de la société : comptabilité, gestion, expertise technique… Dans certaines entreprises, du mécénat ou du bénévolat de compétences peut être mis en place pour soutenir le projet. La boîte a également de nombreux réseaux : clients, partenaires, contacts privilégiés… L’intrapreneur social peut ainsi se constituer facilement un solide carnet d’adresses.

Dans les faits, les ressources peuvent être hybridées, et l’entreprise sera plus à l’écoute des besoins si le salarié inscrit son projet d’intrapreneuriat social dans un axe de sa stratégie.

En savoir plus

Vous pouvez télécharger le livre co-écrit par Amandine Barthélémy, « Intrapreneuriat social ».

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Rédigé par

Sébastien Levrier

3 commentaires

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La redaction

Publié le 06 juillet 2016

Bonjour, le lien a changé effectivement. Vous pouvez le trouver ici : http://www.ddline.fr/wp-content/uploads/2013/06/intrapreneuriat-social-nouvelle_frontiere-innovation-sociale.pdf

image commentary

Marine

Publié le 05 juillet 2016

Le lien "Vous pouvez télécharger le livre co-écrit par Amandine Barthélémy, « Intrapreneuriat social »." renvoie vers la page d'accueil de Convergences puis impossible de trouver l'ouvrage indiqué. Pouvez-vous m'aider

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Intrapreneuriat social: 5 conseils de pro - Say...

Publié le 26 mars 2014

[…] Ils ont monté des activités solidaires au sein de leur propre boîte ou en ont étudié les mécanismes. Forts de leur expérience, Arnaud Habert, Emmanuel de Lutzel et Amandine Barthélémy livrent à Say Yess leurs clés de réussite pour se lancer dans l’intrapreneuriat social.  […]

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