Culture

Des associations itinérantes mènent la culture jusqu’à nous

Publié le 14 mars 2014

Desservir un territoire rural peu équipé, toucher un public pas toujours habitué aux manifestations culturelles, ou tout simplement, envie d’aller à la rencontre de son prochain… Pour différentes raisons, des associations ont choisi de faire circuler l’art et le savoir.

Etoffer l’offre de loisirs sur un territoire

« Nous sommes connus dans le département. Les gens sont fidélisés et nous attendent.» Aurélie, 30 ans, est la responsable de la ludothèque itinérante Micado, créée en 2005 pour promouvoir le jeu sous toutes ses formes : jeu d’éveil, d’adresse, de construction, de règles… Basée à Henrichemont (Cher), la camionnette circule dans tout le département, auprès d’écoles, de centres de loisirs, de maisons de retraites, de communes… « L’idée était de pallier l’insuffisance des équipements sur le territoire », explique Aurélie.

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L’association permet aux habitants d’emprunter des jeux, mais aussi aux centres de loisirs qui n’ont pas de gros budget. « Nous renouvelons notre stocks tous les mois », explique la responsable de Micado. Aujourd’hui, la ludothèque fonctionne essentiellement grâce à des subventions de la Caf (Caisse d’allocations familiales), du département, de la région Centre, de la MSA (Mutualité sociale agricole). Elle entre en jeu dans le cadre d’interventions conventionnées, qui sont régulières, et d’interventions ponctuelles. « C’est intéressant. On ne fait jamais la même chose !», nous explique Aurélie. Néanmoins, elle indique que son travail, et celui des deux animatrices qui l’accompagnent demandent une flexibilité, notamment horaire : « Nous travaillons souvent le week-end selon les demandes !»

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Se cultiver autrement

Aller à la rencontre des gens peut également leur permettre d’aborder la culture autrement. Alexander, 26 ans, a rejoint il y a quatre ans le musée itinérant, spécialisé dans les périodes mérovingiennes et carolingiennes (de l’année 251 à 752 après JC). Grâce à des expositions, des reconstitutions, des présentations, les membres – vêtus de costumes qu’ils ont eux-mêmes recréés – présentent au public des aspects de cette époque. L’association circule entre la Haute-Normandie, le Nord, la Picardie et l’Île-de-France souvent pour des musées, des archéo-sites ou des associations de valorisation du patrimoine.

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«Nous pouvons donner l’occasion à ceux qui ne vont pas au musée de faire une sortie en famille ! La manière dont nous procédons est plus interactive que dans un musée classique.  Nous parlons aux gens, leur présentons des reconstitutions d’objets d’époque. Ils peuvent toucher, soupeser… Souvent ils sont étonnés par les belles verreries, les bijoux et les armes raffinées ! », s’enthousiasme Alexander. Cet étudiant en médecine, passionné d’archéologie, mène des recherches pour l’association, et se livre à des présentations, notamment sur la frappe de monnaie. Il a également participé à la création d’une base de données à destination des passionnés.

Nourrir sa créativité par les rencontres

« L’itinérance permet de diminuer la séparation entre les spectateurs et les comédiens. Cela permet d’échanger, de nourrir notre créativité !» Julien, 32 ans, est le fondateur de la compagnie de théâtre Popul’art, en 2007, à Nantes, dont les spectacles et animations sont inspirés par l’art forain. La famille Detritos et leur « Cinéma dynamique artisanal », Martine et son « Tarot de cuisine », la radio itinérante « Radio-Charrette » et sa « guerre des mondes »… Ce sont quelques exemples des numéros loufoques proposés par l’association.

L’itinérance permet de diminuer la séparation entre spectateurs et comédiens.

Engagés par des collectivités territoriales ou des associations, les comédiens sillonnent toute la France : campagnes reculées, quartiers difficiles, festivals ruraux… Pour Julien, ce modèle permet notamment de mener le théâtre dans des lieux dépourvus de structures adaptées, et de toucher un public qui n’est pas toujours habitué aux salles de spectacles traditionnelles . « C’est une dynamique populaire, on y rencontre autant de jeunes que de personnes âgées. Et cela nous donne une vraie autonomie : on peut jouer partout, dans les champs, sur la plage … ».

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Mais la soif d’échanges et de rencontre ne s’arrête pas à nos frontières, car une partie de la compagnie -dont Julien- est en partance pour une tournée en Europe de l’Est, à partir d’avril prochain avec un nouveau spectacle !

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Envie vous aussi de sillonner les routes et de monter votre compagnie de théâtre itinérant ? Le Citi (Centre International pour les Théâtres Itinérants) est un bon interlocuteur. Cette organisation professionnelle et réseau d’acteurs est soutenu par le ministère de la Culture. Elle compte aujourd’hui une trentaine de compagnies membres.

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Rédigé par

Anaëlle Guisset

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