Tendances de l'emploi

Ils ont rejoint l’ESS… sans changer de métier !

Publié le 26 février 2014

Dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, presque tous les métiers sont représentés. Que ce soit par choix ou par hasard, des jeunes ont quitté une entreprise traditionnelle pour exercer leur profession autrement. Et ils ne le regrettent pas !

Changer… pour donner du sens à son boulot

« Je me sens utile. Nous aidons des gens à trouver un emploi, facilitons leur vie personnelle, surtout dans une région peu urbaine comme la nôtre ! » Eve, 31 ans, est formatrice auto-école chez Ader (Association départementale pour l’éducation routière et l’aide à la mobilité), à Ussel (Corrèze). La jeune femme permet notamment à des personnes en grande difficulté sociale et professionnelle de passer le code et le permis pour un coût réduit, tout en étant plus étroitement accompagnées. Parmi ses élèves, beaucoup de bénéficiaires du RSA (Revenu de solidarité active) envoyés par des prescripteurs sociaux, ainsi que des travailleurs souffrant de légers handicaps mentaux.

Auparavant, Eve était monitrice dans une auto-école classique, près de Perpignan. « Quand j’ai dû déménager en Corrèze, j’ai eu le choix entre deux offres de travail dont celle d’Ader. Je n’ai pas hésité ». Pas besoin de formation complémentaire, le diplôme d’Etat de moniteur suffit. La jeune femme a néanmoins été accompagnée par ses collègues dans les premiers temps. « J’aime la démarche de l’auto-école sociale. J’apprécie de ne pas être uniquement dans la recherche permanente de la rentabilité, et d’être libre de prendre un quart d’heure de plus si un élève en a besoin. »

Changer… pour de meilleures conditions de travail

Mathieu, 26 ans, est marin depuis deux ans et demi pour la Scop du Lamanage des Ports de Marseille et du Golfe de Fos. Son job ? Assurer l’amarrage des navires. Auparavant, il travaillait comme matelot à la SNCM (Société nationale maritime Corse Méditerranée). Une « bonne expérience qui lui a permis de connaître le monde », lui qui effectuait les liaisons entre Marseille et la Corse.
« Pour des raisons familiales, j’avais besoin d’un travail plus permanent que les contrats saisonniers que m’offrait la SNCM. Finalement, j’ai perdu la Corse mais j’ai gagné en épanouissement et en stabilité », s’amuse-t-il. D’autant que ni lui, ni Eve n’ont constaté de baisse de salaire…

Changer… pour prendre part aux décisions stratégiques

Mais Mathieu apprécie aussi le modèle coopératif qui permet aux salariés « de travailler pour eux et de se sentir responsable de leur société ». Une opinion que semble partager Hélène, 30 ans, chef de projet communication chez Scopic, une agence de communication et d’évènements à Nantes qui compte 15 salariés (dont 8 associés) : « Je suis associée depuis 1 an. Le statut de Scop permet de s’impliquer pleinement dans la vie de l’entreprise, de partager un projet collectif, de prendre part aux décisions stratégiques et de mesurer le fruit de son travail ».

La jeune femme a travaillé en agences événementielles et à la communication d’un laboratoire pharmaceutique en région parisienne. Il y a trois ans, elle « choisit de quitter Paris et un environnement professionnel qui ne me [lui] correspondait pas vraiment », souhaitant « trouver une structure plus à [son] image. »  « J’ai choisi Scopic parce que c’est une agence globale, créative, ouverte sur son territoire avec une identité forte et des valeurs affirmées. J’ai alors découvert le statut de Scop, ce qui n’a fait que conforter mon choix », ajoute-t-elle, enthousiaste.

Changer… pour se sentir mieux valorisé

Pour Hélène, « l’esprit collectif n’est pas réservé aux Scop mais fait partie de l’ADN de la Scop. La valeur humaine est au centre du projet d’entreprise et valorisée. Travailler prend plus de sens, a fortiori quand on est associé ! ». Mathieu, de son côté, est encore considéré comme « stagiaire » et pourra devenir associé dans un an environ.

En attendant, il apprécie l’organisation de sa Scop qui donne sa place à chacun : « elle comprend plusieurs commissions thématiques qui comptent maximum 15 salariés. Moi je suis dans la commission de matériel, au sein de laquelle on se réunit pour débattre sur les frais que l’on a eus, sur l’entretien, les acquisitions à faire… Il existe d’autres commissions : hygiène et sécurité, discipline, embauches… ». Plus encore, le jeune homme voit d’un très bon œil que ce type de structure permette à un salarié d’être élu président par le conseil d’administration. « Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir devenir président de sa société… » dit-il.

Je cherche un emploi dans l’ESS, par où je commence ?

Vous pouvez consulter les interlocuteurs classiques pour connaître les offres : votre agence Pôle emploi, Cap emploi pour les travailleurs en situation de Handicap, la Mission locale…

Plus spécifiquement, le Portail de l’emploi dans l’Economie sociale et solidaire de l’Udes et le site Ressources solidaires donnent toutes les infos nécessaires et rassemblent de nombreuses offres d’emploi. 

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Rédigé par

Anaëlle Guisset

3 commentaires

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MOUSTOIFA Natacha

Publié le 20 octobre 2016

Bonjour Je suis actuellement en train de faire des démarches pour rejoindre mon conjoint à belfort cette année . J ai toujours travaillé dans le tourisme en tant que chargée de développement touristique et aujourd'hui je souhaite lier ma vocation et l ESS et me sentir utile à belfort pouvez vous m aider à trouver du travail? En vous remerciant

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Bounil

Publié le 14 juillet 2016

Salut je suis un marin dans une company hydro carbure algérienne je cherche un emploi merci

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Ils ont rejoint l’ESS… sans change...

Publié le 27 février 2014

[…] Dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, presque tous les métiers sont représentés. Que ce soit par choix ou par hasard, des jeunes ont quitté une entreprise traditionnelle pour exercer leur profession autrement. Et ils ne le regrettent pas !  […]

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