Entreprendre, mode d'emploi

Entrepreneur social : faire face aux défis

Publié le 5 février 2014

Ils ont moins de 30 ans, de l’énergie à revendre. Un jour ils se sont lancés dans l’économie sociale. Comment parviennent-ils, au quotidien, à concilier rentabilité et impact social ? Réponse de quatre entrepreneurs pas comme les autres.

S’adapter aux équipes en insertion

« La cadence n’est pas la même que dans un atelier classique, les emplois du temps sont souvent aménagés. » Alexia Tronel savait qu’elle cumulait les contraintes lorsqu’elle a monté l’Atelier Bartavelle, une marque de vestes haut de gamme confectionnées par des femmes en insertion. «  Mais il y a une vraie cohésion d’équipe et les façonnières ont la volonté de s’en sortir. A nous d’être présentes pour que le produit final soit parfait », assure-t-elle.

Coline Laugraud, qui s’apprête à ouvrir le restaurant d’insertion Tab ed Séson, constate aussi la motivation exceptionnelle des équipes. Mais elle reconnaît qu’il vaut mieux communiquer sur la qualité de la table que sur sa mission sociale : « Les gens pensent encore que des personnes qui sortent de prison par exemple n’ont aucune compétence. »

Ajout du 16 mai 2017 : Tab ed Séson est devenu Séson et a ouvert depuis !
Equilibre entre rémunération et rentabilité

Entre valeurs et obligations de rentabilité, chacun trouve sa formule. Les membres de Solidarité Etudiante ont ainsi opté pour le statut de coopérative : « Nous avons 240 sociétaires étudiants dans la structure centrale et des comités d’usagers locaux pour chaque épicerie et cafétéria universitaire, décrit Nicolas Mérigot, le directeur. Dans le monde économique c’est toujours celui qui met le plus d’argent qui décide ; chez nous chaque personne a une voix. »

Pour l’association Entropie le défi a consisté à trouver le moyen de rémunérer le service rendu, inédit jusqu’ici : des stages pour apprendre à « auto-produire » ustensiles de cuisine, mobilier ou petit électroménager. « Une subvention européenne a permis de tester la formule pendant un an et certains particuliers ont payé leur atelier, se souvient Christophe André, le fondateur. Aujourd’hui on est reconnu comme structure de formation donc ce sont les droits à la formation de nos stagiaires qui financent la prestation. »

Gérer le regard des autres

Sens de la débrouille et motivation au zénith sont indispensables pour tenir la distance, surtout que la rémunération est souvent modeste. Ainsi chez Solidarité Etudiante les salaires vont de 1 à 1,2 Smic. « J’aurais pu aller dans le secteur financier comme certains de mes camarades et gagner le double de mon salaire, affirme Coline Laugraud, de Tab ed Séson. Mais je vis correctement, je peux profiter de ma vie et j’ai du sens dans mon travail. C’est mon premier job, j’ai beaucoup de chance ! »

Pour Christophe André le plus compliqué a été de faire comprendre à parents et amis qu’il interrompait un parcours prometteur d’ingénieur pour monter son association : « Ils ont encore du mal à accorder de l’importance au projet parce que je gagne peu, regrette-t-il. Les valeurs arrivent en deuxième plan, c’est un peu énervant. »

Face aux embûches, rien de tel que les petits succès du quotidien : la motivation des futurs cuisiniers de Tab ed’Séson, le bonheur de signer six contrats d’embauche en contrats d’avenir pour le directeur de Solidarité Etudiante. Ou encore la fierté des ouvrières du Secours catholique devant la première collection de l’Atelier Bartavelle. « Notre objectif c’est d’avoir suffisamment de commandes pour avoir un jour notre propre atelier », rêve tout haut Alexia Tronel. « Mais chaque chose en son temps », ajoute-t-elle aussitôt. Une formule de sagesse dans ce domaine de l’ESS où tout reste à inventer.

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Rédigé par

Hélène Seingier

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Publié le 27 février 2014

[…] Ils ont moins de 30 ans, de l’énergie à revendre. Un jour ils se sont lancés dans l’économie sociale. Comment parviennent-ils, au quotidien, à concilier rentabilité et impact social ? Réponse de quatre entrepreneurs pas comme les autres.  […]

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Publié le 05 février 2014

[…] Ils ont moins de 30 ans, de l’énergie à revendre. Un jour ils se sont lancés dans l’économie sociale. Comment parviennent-ils, au quotidien, à concilier rentabilité et impact social ? Réponse de quatre entrepreneurs pas comme les autres.  […]

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La veille du jour | Pearltrees

Publié le 05 février 2014

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