Culture

Ils embellissent la ville grâce au Street Art

Publié le 31 janvier 2014

Lassés d’être confrontés à des murs lépreux, et poussés par l’envie de s'exprimer, de jeunes artistes mettent leur talent au profit de la réhabilitation de bâtiments, en créant du lien social dans leur quartier. Say Yess est allé à leur rencontre.

Le rideau de Des bulles et des ballons, à Montreuil. Crédit : La Graffiterie

« Mon objectif, c’est de colorer les murs de Montreuil ». C’est en octobre 2013,  à l’occasion de la journée portes ouvertes des atelier d’artistes, organisée par sa ville, que Joachim, 20 ans, a l’idée de créer son association, la Graffiterie. « En entrant chez les gens, je me suis aperçu qu’ils avaient des intérieurs très colorés… Alors que les rues, elles, sont grises ! »

A lire aussi : A Paris, une asso met un mur à la disposition des artistes.

Il crée alors un site Internet pour permettre aux street artists et aux murs de se rencontrer. Rideau de métal d’un commerçant ou façade décrépie… toutes les surfaces sont éligibles, pour peu que le propriétaire soit volontaire pour les confier –après présentation d’un projet – à un graffeur ou à un peintre.

L’envie de « rencontrer ses voisins »

« Pour l’instant, les gens font peu d’offres spontanées. Je passe beaucoup de temps à faire du porte à porte, à discuter », explique Joachim. Lui-même étudiant en art, il est déjà l’auteur de plusieurs fresques. S’il a plusieurs amis peintres, il insiste sur le fait qu’il ne veut pas « s’enfermer dans un collectif d’artistes ». L’objectif est ainsi d’attirer de nouvelles personnes…

Joachim ne fait payer aux propriétaires de murs que le matériel et la peinture. « L’idée, c’est aussi de sortir de chez soi, de rencontrer ses voisins. Et puis, je veux créer une vraie dynamique », affirme-t-il, tout en précisant que « c’est aux deux parties de fixer leurs conditions entre-elles ».

Son but à lui c’est de voir son idée se développer région par région, et pourquoi pas… à l’étranger ! La première étape, pour le moment, c’est la mise en place une nouvelle version du site Internet, prévue pour avant le début de l’été 2014. Pour ce faire, il a déjà fait appel au financement participatif, qui lui a permis de récolter 3.200 euros. Il aimerait également obtenir un soutien financier de la mairie de Montreuil.

Les municipalités font confiance

Un peu plus loin à l’Est, à Torcy, l’association Hard Déco réhabilite notamment les espaces publics et dynamise la ville. L’histoire commence il y a quelques années, entre des camarades d’enfance qui s’adonnent au graffiti : « On était chez un ami, et celui-ci nous a lancé un défi : ‘Est-ce que vous pouvez faire une île déserte sur le mur de ma chambre ?’ », se souvient Lionel, 29 ans, le président de l’association, qui existe depuis 2007. « On l’a pris au mot, et quand j’ai vu le rendu, j’ai pris conscience que c’était vraiment bien ! ».

Quatre graffeurs se regroupent, et partagent leur temps entre plusieurs activités. Il y a premièrement la partie commerciale – c’est à dire la décoration chez les particuliers – , mais aussi des activités purement associatives. « Nous sommes allés voir la mairie de Torcy, mais également les villes aux alentours, et nous avons été plutôt bien accueillis », explique Lionel.

Animations dans les quartiers, cours d’initiation au graff auprès des jeunes et revalorisation du paysage urbain… Progressivement, les municipalités leurs font de plus en plus confiance. « Nous avons par exemple décoré le hall d’un piscine à Emerainville, pour la communauté d’agglomérations du Val Maubuée. Plus récemment, nous avons repeint une dizaine de transformateurs EDF à Villevaudé », indique Lionel.

Peu d’espace pour s’exprimer

Non contents de mettre de la couleur dans la ville, Hard Déco contribue, avec deux autres associations, à mettre en place le « Festi’Val Fraîcheur ». Danse Hip’Hop, spectacles ou encore démonstration de graffiti… Les activités se veulent familiales. « La bombe à souvent une mauvaise image. Nous voulons changer ça », explique Lionel. Il déplore néanmoins le manque de murs libres pour permettre aux artistes de s’exprimer. « Quand nous répondons à une commande, nous appelons ça de la déco. Le mot graffiti s’applique plutôt a un art sans contraintes… Or cela reste difficile de le pratiquer dans de bonnes conditions ». A bon entendeur…

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Rédigé par

Anaëlle Guisset

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