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Finance solidaire: quand argent et éthique se rencontrent

Publié le 8 novembre 2013

Le monde de la finance a mauvaise presse, mais on peut pourtant y travailler au service des autres, plutôt que pour enrichir des actionnaires. Say Yess est allé à la rencontre de ceux qui ont fait ce choix.

« Aujourd’hui quand je pars au boulot, j’ai le sourire aux lèvres. » Depuis que Philippe Pascal, 33 ans, a quitté le groupe bancaire classique pour lequel il officiait comme conseiller clientèle, « le blues du dimanche soir, c’est terminé ». Il travaille à présent à La Nef, une société coopérative de finances solidaires, qui accorde des prêts pour des projets professionnels et associatifs d’utilité sociale. En particulier dans le domaine de l’environnement. « Nous faisons circuler directement l’argent entre les épargnants et des porteurs de projets, en toute transparence, et sans passer par les marchés », se félicite-t-il.

Une activité qui monte

Comme Philippe Pascal, nombreux sont les professionnels qui choisissent de se tourner vers la finance solidaire. Et ils ont raison, car selon le baromètre Finansol, ce secteur se développe. En 2012, on totalise plus d’un milliard d’euros de financements solidaires (+16,5 % par rapport à 2011). L’épargne, elle, atteint 4,7 milliards d’euros (+33%).

Souvent, on enfonçait encore plus des gens qui avaient des difficultés financières.

A l’origine de l’orientation professionnelle, souvent un ras-le-bol face aux structures classiques. « Chez mon ancien employeur, je ne faisais que vendre des produits, que cela soit bon ou non pour le client. J’avais des scrupules également sur le montant des frais bancaires appliqués en cas de découvert: souvent, on enfonçait encore plus des gens qui avaient des difficultés financières », se souvient Philippe Pascal.

Rendre l’argent utile

D’autres sont arrivés dans le secteur juste après leurs études, mais ont tout de suite accroché. C’est le cas de Thibault Peroys, 28 ans, responsable d’investissement au sein de l’Ides (Institut de développement de l’économie sociale), qui dépend du Crédit Coopératif. L’Ides est l’un des seuls acteurs en France à financer les coopératives. « Je gère une trentaine de sociétés dans des domaines très divers : éditeur de logiciels, fromagerie bio, plomberie… c’est une vraie richesse. » Le jeune homme aime échanger avec les directeurs de Scop, des gens qui « ont des valeurs fortes, et doivent avoir les épaules larges pour faire avancer ensemble les salariés-actionnaires ».

Chargée de développement d’épargne solidaire à la direction des marchés de particuliers du Crédit Coopératif, Eva Gabaud, 26 ans a également rejoint son emploi une fois son diplôme en poche. « Nous proposons aux clients de rendre leur épargne utile, grâce à des produits bancaires solidaires. La crise économique a fait naître de véritables questionnements chez les gens. Ils veulent savoir ce que les banques font de leur argent. Le Crédit coopératif leur permet de se réapproprier la finance. En ce sens, la finance solidaire a des vertus pédagogiques. »

Plus riche avec moins d’argent dans les poches

Si travailler dans la finance solidaire implique de gagner moins bien sa vie que dans le système classique, aucun de nos interlocuteurs ne regrette sa décision. « Je me sens plus riche humainement », confie Philippe Pascal. « Dans un fonds classique, vous avez beaucoup plus de pression car les actionnaires veulent avoir un retour sur investissement. A l’Ides, la priorité c’est que les projets se fassent », ajoute quant à lui Thibault Peroys.

«Je suis passée par des structures classiques pendant mes stages d’études, mais j’avais besoin de trouver un vrai sens à mon travail. Au Crédit Coopératif, nous exerçons notre métier de banquier différemment, avec et pour nos clients sociétaires.», conclut quant à elle Eva Gabaud.

 

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Rédigé par

Anaëlle Guisset

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