Planète

Comment les Eurockéennes se mettent au vert

Publié le 16 octobre 2013

Plus de 30.000 visiteurs sur un site en plein air : au premier abord, cela n’associe pas le festival à une dynamique de protection de la nature… Pourtant, aux Eurocks, elle est de plus en plus incluse au programme.

« Si on voulait vraiment être respectueux, la solution, ce serait de ne pas faire de festival », prévient d’emblée Régis Pfleger, coordinateur technique des Eurockéennes. Mais il y a fort à parier que la décision aurait du mal à satisfaire les fans de musique…

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Aussi, depuis sa création, le festival a mis en place progressivement des mesures pour protéger son site, une réserve naturelle à quelques kilomètres de Belfort. « On essaie notamment d’être très vigilants sur le nettoyage », explique Régis Pfleger. Il faut dire que le site, la presqu’île du Malsaucy est un petit bijou de nature. « Un parc péri-urbain avec une zone avec des infrastructures et une autre beaucoup plus protégée », poursuit le coordinateur technique. On y trouve notamment un observatoire pour les oiseaux qui, idéalement situé derrière la grande scène, n’est pas impacté par le festival. C’est d’ailleurs le seul en France à avoir obtenu le label de la LPO (ligue de protection des oiseaux)

« On travaille avec la Maison de l’environnement et on essaie de faire attention à ce qui se fait toute l’année. On fait notamment attention à la nidification des oiseaux : on ne défriche pas n’importe où », explique Régis Pfleger. De la même façon, le festival a investi dans du matériel à basse consommation d’énergie pour l’éclairage. Cela a permis de réduire le nombre de groupes électrogènes utilisés sur le site.

Un public sensibilisé

Les festivaliers aussi s’y mettent. « C’est un public jeune, qui a intégré les gestes écologiques du quotidien. Ce public ne vient pas forcément au festival pour l’écologie, mais il est conscient que les 30.000 visiteurs par jour ont un impact sur l’environnement. Alors si on donne aux visiteurs la possibilité de faire un geste de compensation, en général ils sont partants« , explique Vincent Rouire, directeur de la Maison de l’environnement du Malsaucy.

Parmi les gestes qui sont possibles pour les visiteurs : le tri des déchets ou encore un effort sur les transports. Des partenariats ont été signés avec la SNCF ou la région, pour les TER ainsi qu’avec le réseau de bus de Belfort. « Le covoiturage se fait de manière assez naturelle sur un festival : on vient rarement seul. Mais on essaie aussi de développer les transports en commun », détaille Régis Pfleger. Sans oublier les vélos : ils sont 600 chaque soir à utiliser les pistes cyclables et le parking qui leur sont dédiés.

De l’électricité à partir des déchets

Autre piste explorée par les Eurockéennes : la valorisation des déchets. Sur les 4 jours de festival, environ 120 tonnes de déchets sont récupérées. « Une portion est déjà valorisée, comme le verre ainsi qu’une partie des emballages métalliques ou plastiques« , explique Vincent Rouire. « Mais une grosse partie des déchets est envoyée à l’incinération. C’est sur cette part qu’on a souhaité intervenir« , poursuit-il.

Pour la deuxième année consécutive, le festival a mis en place un dispositif novateur. Les déchets alimentaires (épluchures, marc de café, etc.) ont été triés et récoltés puis acheminés vers une entreprise alsacienne de traitement, Agrivalor. Transformés en méthane, ils ont ensuite permis de produire de l’électricité. « Environ 3,9 tonnes de déchets organiques ont été collectés. Cela a permis en gros la production de la chaleur et de l’électricité nécessaire à 4 heures de concerts sur une des scènes du festival« , se félicite Vincent Rouire. La collecte ne concerne que les professionnels : sur les stands de restauration, par exemple, les déchets (comme les épluchures) et les invendus sont collectés quotidiennement.

Enfin, d’autres pistes sont explorées pour l’avenir, à l’image des toilettes sèches, déjà répandues dans de nombreux festivals. Si toute une partie de la presqu’île est raccordée au réseau d’assainissement – et n’a donc pas besoin de toilettes chimiques – le camping, lui, pourrait utiliser ces toilettes bien meilleures pour l’environnement. « On a constaté un véritable intérêt du public », se félicite Régis Pfleger.

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Oriane Raffin

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