Etudes & formations

« Formez-vous à un métier, pas à l’humanitaire en général ! »

Publié le 15 octobre 2013

Les formations à « l’humanitaire » se multiplient mais les aptitudes techniques restent les plus indiquées pour partir sur le terrain.

Avoir le cœur sur la main c’est bien, mais ça ne suffit pas à être utile sur le terrain ! Qu’il s’agisse de creuser des puits après une catastrophe, d’opérer des blessés en zone de guerre ou d’acheminer des rations dans une région de famine, les professionnels de l’urgence possèdent avant tout des compétences techniques.

Responsable du recrutement terrain pour MSF France, Marc Ferrier embauche des sages-femmes, des électriciens ou encore des pros de la logistique. « Le meilleur conseil que je puisse donner c’est de se former à un métier précis, pas à l’humanitaire en général », dit-il. Depuis peu les étudiants en médecine du CHU de Brest peuvent ainsi faire leur internat au sein de l’ONG, sur le terrain.

« Mieux vaut choisir un métier et le mettre en oeuvre ensuite »

Même son de cloche au département RH d’Action Contre la Faim, où travaille Olivier Benquet : « Nous recevons plus de 100 candidatures par poste d’expatrié mais nous n’envoyons que des experts en nutrition, en agronomie, en assainissement… Mieux vaut choisir un métier et le mettre en œuvre ensuite dans une ONG. »

Bien sûr, certaines écoles forment spécifiquement des techniciens de l’urgence comme l’Institut Bioforce à Lyon, accessible avec un niveau bac. Houssami Himidi est passé par là et enchaîne depuis les missions pour MSF. « Ces écoles démontrent un intérêt réel pour le secteur mais ne sont pas un pré-requis », relativise Olivier Benquet.

En fait il existe autant de voies vers les métiers de l’urgence que de compétences utiles sur le terrain. Mathieu Jequece, ingénieur en environnement, a ainsi travaillé 8 ans dans le domaine de l’eau chez Veolia et Suez avant de partir en Haïti comme « coordinateur eau et assainissement » pour l’ONG Solidarités International.

« Rien ne remplace l’expérience »

Plus généralistes, les postes d’encadrants de mission exigent de maîtriser le management, la recherche de fonds ou encore la gestion de projet. Les formations dans ce domaine poussent comme des champignons ces dernières années – parmi les plus réputées on citera les 3A à Lyon, l’Ifaid à Bordeaux, les DU spécialisés d’Aix-Marseille ou encore les Masters 2 de Créteil ou de la Sorbonne.

« Mais rien ne remplace l’expérience, rappelle Olivier Benquet. Sortir d’une formation généraliste à « l’humanitaire » et vouloir devenir chef de mission, c’est comme se former en gestion d’entreprise et prétendre directement au poste de PDG ! » Marc Ferrier, de MSF, est encore plus sévère : « L’urgence ce n’est pas un métier en soi ; ces écoles généralistes attirent un peu les jeunes dans des pièges. »

Des missions sur le terrain pour « mettre le pied à l’étrier »

Coordinateur d’une mission en Egypte pour PUAMI (Première Urgence – Aide Médicale Internationale), Frédéric Murat est passé par la petite porte. « J’avais un master en Relations internationales et Action à l’Etranger de la Sorbonne mais ce sont deux missions successives au Liban qui m’ont mis le pied à l’étrier, raconte-t-il.

Manager des équipes ou parler avec les autorités des camps palestiniens ça exige une maturité qu’on n’a pas quand on termine les études. »

D’autres points forts sur un CV : les langues étrangères, incontournables, mais aussi les volontariats, services civiques et autres engagements bénévoles. Histoire de prouver que vous n’êtes pas devenu(e) solidaire du jour au lendemain.

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Rédigé par

Hélène Seingier

3 commentaires

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Meité Bafemory

Publié le 04 août 2017

Bonjour Je suis titulaire d'un Master 1 en Management (école de commerce) et j'exerce actuellement une fonction de cadre dans l'humanitaires et la solidarité. Je cherche actuellement une foramtion diplômante mon métier (si possible à Strasbourg). Pourriez vous m' informer et me guider guider dans ma quête. Merci d'avance. Cordialement

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