Agir au quotidien

Tourisme équitable : comment partir en vacances autrement ?

Publié le 7 octobre 2013

Envie de partir en vacances sans pour autant mettre de côté ses bonnes habitudes et son engagement quotidien ? Zoom sur une solution intéressante.

Respect de l’environnement, respect des populations ou de la culture : quand on parle de voyages alternatifs, les enjeux sont nombreux. On fait le point pour vous aider à y voir plus clair.

Comment le tourisme équitable se distingue de l’éco-tourisme, du tourisme durable, solidaire, responsable, social ?

Par opposition au tourisme « classique », de nombreux termes ont vu le jour pour définir et classer les vacances alternatives. Si, évidemment, les définitions se croisent, certaines approches ont toutefois des particularités. Eco-tourisme et tourisme durable misent par exemple avant tout sur le respect de l’environnement. Le tourisme social s’adresse aux personnes qui ont peu de ressources.

Le tourisme équitable défend lui « un partenariat équilibré entre le voyageur et le prestataire sur place », explique Julien Buot, de l’Ates, l’association pour le tourisme équitable et solidaire. L’homme et la rencontre sont au cœur du voyage, pour des séjours généralement en petits comités.

« Le tourisme équitable se situe à deux niveaux : à la fois c’est un voyage de découverte pour les gens d’ici, mais on pense aussi à ceux qui reçoivent. Dans le tourisme en général, on ne parle que du plaisir de ceux qui voyagent, là ça doit être pour tout le monde », explique Jean-Luc Gantheil, fondateur de Croq’nature. L’association propose des séjours équitables depuis 1985.

Attention cependant : « on n’est pas là pour aider, mais pour l’échange », souligne Julien Buot. Car cela reste des vacances, on n’est pas dans l’humanitaire. Par contre, un montant du voyage est généralement reversé à un projet de développement local.

Quel rôle pour les communautés locales ?

Les partenaires qui accueillent sur place jouent donc un rôle central. « On n’est pas une agence directive, poursuit Jean-Luc Gantheil. Ce sont eux qui font, qui encadrent. Ils sont aussi des ‘Croq’nature’. Notre rôle est de les accompagner et de s’entendre sur le programme », explique-t-il.

« Il y a une notion de partage équitable », précise-t-il également. C’est-à-dire que les communautés qui accueillent, sur place, sont rémunérées de façon juste. Par ailleurs, ce ne sont pas des occidentaux qui sont envoyés pour accueillir les touristes, mais bien les locaux qui sont employés.

Comment bien choisir ses vacances / son prestataire ?

L’Ates dispose d’un réseau de membres, labellisés « tourisme équitable », qui s’engagent à respecter la charte du tourisme équitable. On peut donc déjà s’adresser à ces prestataires-là.

Pour Jean-Luc Gantheil, c’est la « transparence » du voyagiste qui est essentielle. « Si la personne tourne autour du pot, c’est mauvais signe », estime-t-il. Il ne faut donc pas hésiter à poser des questions à son voyagiste, notamment sur la répartition des coûts du voyage. « De manière générale, le voyageur doit être bien informé », complète Julien Buot.

Par ailleurs, « On insiste beaucoup sur la préparation au voyage, que les personnes sachent où elles mettent les pieds », prévient Julien Buot. C’est pendant cette phase, en amont du voyage, qu’on peut mesurer l’importance de l’équité pour le voyagiste.

Autre indice : ce sont généralement des séjours en petits comités, avec peu de destinations au choix, car la structure connaît vraiment le pays et a noué des relations approfondies et durables avec les prestataires locaux.

Enfin, il ne faut pas hésiter à se renseigner auprès d’anciens clients des agences, notamment sur les forums en ligne.

Le tourisme équitable est-il forcément plus cher ?

« Le tourisme équitable a sa place dans toutes les gammes du marché », estime Julien Buot. « Pour un trek dans l’Himalaya, à la journée, ça peut même revenir moins cher », ajoute-t-il. Cependant, les séjours équitables sont souvent un peu plus longs que les séjours classiques. Mais quand on est logé chez l’habitant et non dans un palace avec golf et piscine, la facture est forcément moins salée.

Et puis pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour le tourisme équitable. L’offre se relocalise. En Europe, déjà, dans des pays comme l’Albanie, la Roumanie ou encore la Grèce. Voire même en France, avec des balades urbaines. « Le tourisme équitable peut commencer en bas de chez soi », explique Julien Buot.

Sans oublier, rappelle Jean-Luc Gantheil, que le tourisme équitable est souvent proposé par des structures à but non lucratif : « Nous sommes une association de voyages, c’est-à-dire qu’on ne fait pas de bénéfices et qu’il n’y a pas de redistribution à des actionnaires ». Un poste financier en moins, donc.

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Say Yess

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Tourisme équitable : comment partir en v...

Publié le 11 août 2014

[…] Envie de partir en vacances sans pour autant mettre de côté ses bonnes habitudes et son engagement quotidien ? Zoom sur une solution intéressante.  […]

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Gaspard d'Ornano

Publié le 23 juillet 2014

Exemple de tourisme équitable : https://www.youtube.com/watch?v=hhzj3qJkV_8&list=UUOLkMxfdEG45LAX-Rjun73A Saïga a mis en place un système de tourisme équitable en partenariat avec la 1ère aire marine protégée communautaire d'Afrique de l'Ouest; Keur Bamboung.

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