Culture

Réemploi : La Réserve des arts s’y emploie !

Publié le 27 septembre 2013

Depuis 2008, La Réserve des arts, ressourcerie spécialisée, collecte, valorise et vend des déchets d’entreprises à des créateurs.

Les bénévoles de l’asso préparant une composition– digne d’un tableau abstrait !- à partir de rebus d’entreprises. Photo : Réserve des arts

Saviez-vous que le XIVe arrondissement de Paris avait sa caverne d’Ali Baba ? C’est La Réserve des arts, une boutique associative née en 2008 qui, grâce au réemploi de déchets d’entreprises, offre une seconde vie à des matériaux rebuts qu’elle vend aux professionnels de la culture et aux étudiants en art.

Chutes de cuir multicolores, bobines de fils industrielles, pots de peinture acrylique (à 1,50€ le kg contre environ 20€ sur le marché traditionnel), cartons ondulés, planches de bois… On trouve de tout à La Réserve des arts ! Feriel Oussalah, créatrice de bijoux et d’accessoires, fouine dans le rayon quincaillerie à la recherche de matériaux pour fabriquer des aumônières. « Je viens de lancer ma marque, Nurbana Paris [bientôt sur la toile, ndlr], et travaille sur la nouvelle collection. Comme je créé des pièces uniques, c’est un lieu formidable pour trouver l’inspiration », affirme-t-elle.

Pour les pros et les étudiants

Pour pouvoir s’approvisionner ici, Feriel a rejoint la communauté grandissante (375 en 2012) des adhérents à l’association. « Parmi les professionnels on recense environ 40 métiers, de l’art thérapeute au scénographe en passant par le sculpteur, le costumier, ou encore le centre de loisirs et l’association culturelle, explique Cathy Tizzoni, responsable de la communication. Mais 30% de nos adhérents sont étudiants ».

Comme Alice Bandini, étudiante aux Beaux Arts de Cergy à l’époque où les deux fondatrices de La Réserve des arts (Jeanne Granger et Sylvie Bétard) étaient venues présenter leur association. « La philosophie du réemploi, à laquelle j’étais déjà sensible, m’a séduite. Pendant mes études, j’ai trouvé toutes mes matières premières à la Réserve des Arts…ou dans la rue ! ». Une fois son diplôme en poche, Alice est passée du statut d’adhérente à celui de bénévole – l’asso en dénombre une vingtaine – et depuis 6 mois, à celui de salariée (en contrat aidé).

De la collecte à la sensibilisation

Car La Réserve a besoin de monde pour assurer ses missions ! A commencer par la collecte des déchets, une à deux fois par semaine, dans trois entreprises respectivement spécialisées dans la maroquinerie de luxe, le bricolage et l’événementiel. « L’an dernier, nous avons collecté 24 tonnes de déchets », précise Cathy. L’étape suivante, c’est la valorisation : inventoriés, pesés, photographiés, les matériaux sont ensuite mis en rayon à la boutique par les bénévoles ou en ligne sur le Valorisateur, stock virtuel.

Et qui dit Valorisateur dit « valoristes »! Au nombre de 7, ces professionnels de la culture missionnés par l’association sensibilisent entreprises, écoles ou institutions au réemploi. « Cela peut se faire par le biais d’une œuvre d’art, affirme Cathy. L’une de nos valoristes créera prochainement, dans le hall d’entrée d’une entreprise, une œuvre à partir de 60.000 gobelets en plastique, un chiffre qui correspond à la consommation annuelle des salariés. Nous espérons que cela les interpellera ».

Des projets en Réserve !

Des idées de génie comme celle-ci, La Réserve en regorge ! Parmi elles, l’ouverture – en réponse à une étude menée par Ecoprod sur les déchets générés par le secteur de l’audiovisuel – d’une nouvelle boutique-atelier dédiée aux costumes et aux décors ; ou encore la participation à la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets en novembre prochain. A cette occasion, vous pourrez découvrir les œuvres des adhérents et suivre un « parcours du réemploi » dans le quartier qui vous mènera de reJoué, boutique de jouets solidaires, à la Bricothèque de l’Accorderie du XIVe. Mais d’ici là, rendez-vous à tous les jeunes créateurs sur le site de La Réserve des arts, pour devenir adhérent, bénévole ou simplement pour s’inscrire à la newsletter !

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Rédigé par

Anastasia Altmayer

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