Tendances de l'emploi

Forum Jeun’ESS : une journée pour trouver un job qui nous ressemble

Publié le 19 juin 2013

Plus de 3.000 jeunes, 27 recruteurs, 7 professionnels de l’emploi et 10 acteurs de la création d'activités étaient présents au CIDJ de Paris, le 13 juin dernier, pour le Forum Jeun’ESS. L’occasion pour les jeunes à la recherche d’un emploi de rencontrer des recruteurs dans tous les domaines de l’économie sociale et solidaire.

Jeudi, 10 heures, c’est le coup d’envoi du Forum emploi Jeun’ESS, au CIDJ de Paris. Les premiers candidats arrivent en nombre sur les stands des 27 recruteurs présents (associations, mutuelles, banques…).

Pour Romain Derieux, chargé de développement à Eqosphère, une plateforme collaborative en ligne destinée aux pros du recyclage, c’est l’occasion de trouver des perles rares. Parmi les postes proposés : chargés de mission, responsables de communication, commerciaux. « On a besoin de matière grise et de bras ! », lance Romain. « Eqosphère est une entreprise sociale, on recherche des jeunes qui ont envie de travailler dans une entreprise porteuse de valeurs, et qui ont vraiment envie de faire quelque chose de différent. »

Vidéo du Forum réalisée par le CIDJ

« Je ne veux pas travailler dans une entreprise classique »

Florence Allouche, 29 ans, se glisse dans la foule et patiente devant le stand de l’Apajh, l’Association pour adultes et jeunes handicapés. Titulaire d’un master Sciences de l’éducation, spécialisation intervention sociale, elle rêve d’un poste de chargée de mission : « J’ai déjà une expérience d’éducatrice dans un foyer de vie pour personnes handicapées, j’aime le contact humain, et je ne veux pas travailler dans une entreprise classique. » Dix minutes plus tard, Florence est enthousiaste : « Je leur ai laissé mon CV, c’est positif, ils ont l’air intéressés ! »

« Il y a de vraies opportunités dans l’économie sociale, à tous niveaux. On peut avoir une activité citoyenne tout en se professionnalisant. Alors il ne faut hésiter à se lancer ! ».

L’Apajh, qui gère des établissements pour personnes handicapées, propose de nombreux postes. L’un d’entre eux a retenu l’attention de Florence : chef de service dans un ESAT (établissement et service d’aide par le travail). « On recrute aussi en emplois d’avenir, pour les faiblement diplômés. Ça va de l’intégrateur web à l’agent administratif, du logisticien à l’aide médico-psychologique (AMP). Et on cherche aussi des éducateurs spécialisés », liste Émilie Vasseur, chargée de développement de l’Apajh. Elle ajoute : « Il y a de vraies opportunités dans l’économie sociale, à tous niveaux. On peut avoir une activité citoyenne tout en se professionnalisant. Alors il ne faut hésiter à se lancer ! ».

« Il faut valoriser tout ce qu’on a pu faire »

Le Forum Jeun’ESS, c’est aussi l’occasion pour les candidats de récolter l’avis de sept pros de l’emploi. Chacun apporte son conseil personnalisé. À l’Afij, Aurélie Tricot, Directrice déléguée, insiste sur l’importance de posséder une expérience « extra-professionnelle » de l’économie sociale : « Il faut valoriser tout ce qu’on a pu faire, son engagement associatif, ses stages… Ces expériences permettent aussi de développer son réseau. Et ce réseau contribue beaucoup à une première embauche. En plus, vous développez des compétences, vous apprenez un métier. »

>> Revivre la journée du Forum Jeun’ESS grâce au Storify du CIDJ

Pour Guillaume Chocteau, délégué général de Ressources Solidaires, les jeunes doivent aussi comprendre que « l’ESS ne se limite pas à l’associatif. L’économie sociale regroupe toute une palette de métiers, dans l’informatique, la comptabilité, le marketing… ». Donc, pas question de venir sans s’être préparé, avec pour tout bagage son engagement associatif. « On cherche avant tout des techniciens. Le plus important, ce sont les compétences techniques, ajoute-t-il. Il faut donc bien se renseigner sur les métiers des structures de l’ESS, et sur les formations liées à ces métiers. Par exemple, on cherche quelqu’un qui sait animer une équipe, mettre en place un plan de formation, ou saisir des écritures comptables. Les valeurs, l’engagement, ce sont des bonus qui rassurent les recruteurs ».

13 h 30. Devant le stand d’Eqosphère, une douzaine de candidats attend en file indienne, CV à la main. Ismaël Tebibel, 25 ans, est à la recherche d’une structure lui permettant de suivre un master contrôle de gestion et systèmes d’information en alternance, afin de devenir cadre financier. Ismaël, pour lequel « le social est une vocation depuis toujours », refuse de choisir n’importe quelle structure. « Je ne me vois pas travailler ailleurs que dans l’ESS ! », lance-t-il.

On retrouve Romain Derieux, le chargé de développement d’Eqosphère. Un peu fatigué, il a rencontré plus d’une centaine de jeunes en une demi-journée. Dans sa main, une pile de CV. Il ne boude pas son plaisir : « On a eu beaucoup de succès, c’est la preuve que l’entreprise sociale plaît, et que les jeunes cherchent quelque chose d’innovant, avec du sens ! »

« Il y a une méconnaissance des postes du secteur »

18 h. Le Forum s’achève. À l’autre bout du CIDJ, René Desbiolles, Directeur des ressources humaines au Crédit Coopératif, banque de l’économie sociale. Lui aussi a fait le plein de CV, pour des postes de commerciaux, de communicants, de comptables. « J’ai vu beaucoup de jeunes, surtout pour des postes de conseillers clientèle. Ils étaient nombreux à rechercher un contrat en alternance. »

Bien que submergé de demandes d’emploi, le Crédit Coopératif a parfois du mal à recruter. « Il y a une méconnaissance des postes du secteur, les gens rattachent trop l’ESS au social et au sanitaire, et ne pensent pas forcément qu’une banque puisse en faire partie. Heureusement qu’il existe des lieux de rencontres comme ce Forum ! »

Pour aller plus loin
Lire le numéro spécial ESS d’Entrée Active, la lettre de l’AFIJ à destination des jeunes diplômés. (PDF).
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Rédigé par

Fabien Soyez

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