Citoyenneté

Le quartier, l’échelle idéale pour se bouger !

Publié le 10 novembre 2017

A Auxerre, Lyon, Nantes ou Tours, des associations aident les habitants à transformer leurs quartiers. Ils montent des projets juste là, au coin de la rue, et découvrent qu'ils ont du pouvoir sur leur pâté de maisons.

Ils vivent à l’étage du dessus ou de l’autre côté du palier et ont décidé d’agir pour l’environnement. Ils sont « ambassadeurs » dans leur immeuble et sensibilisent leur voisinage au tri des déchets ou aux économies d’énergie. « Le quartier ou l’immeuble sont des entrées très faciles pour l’engagement. On voit très vite l’impact de son action », explique Pauline Veillerot, coordinatrice de l’association Anciela. Initiatives collectives (compostages collectifs, jardins partagés, systèmes d’échanges locaux…) ou individuelles (mobilisation de ses voisins)… Cette association lyonnaise accompagne de nombreux projets citoyens autour des enjeux d’écologie et de solidarité.

En Touraine, les habitants empoignent plutôt la bêche ou le pinceau pour transformer leur espace. Dans les quartiers populaires de Rabière, à Joué-lès-Tours, et du Sanitas, à Tours, ils créent des oeuvres éphémères dans des lieux de la vie quotidienne : répétitions de théâtre ou oeuvres paysagères dans un espace vert, arts plastiques près d’un arrêt de tram… Tout pour faire de la rue un espace vraiment public ! L’association Pih-Poh chapeaute le tout, en offrant aux habitants l’accompagnement de plasticiens, d’animateurs sociaux et de paysagistes.

Concert dans la rue Paul Nizan, à Nantes, animée par l’association La Nizanerie

Redécouvrir sa « puissance d’agir »

En se bougeant pour leur quartier, c’est leur puissance d’agir que les habitants redécouvrent. Pih-Poh incite les citoyens à prendre des photos de leur environnement, pour recréer le lien avec les politiques : « L’important est que les habitants documentent eux-mêmes leur vécu et que cette perception remonte à ceux qui décident », explique Ida, coordinatrice. A Nantes, les bénévoles de La Nizanerie, font vivre un kiosque, un jardin partagé et un micromarché dans la nouvelle rue Paul Nizan, un ancien parking sauvage. Tous les membres du conseil solidaire de l’association, sorte de conseil d’administration, sont des habitants.

Le grand défi consiste à faire émerger des projets communs, plutôt que d’imposer des idées aux habitants. C’est ce à quoi s’attelle par exemple le Mouvement pour le développement social local (Mdsl) : il anime des ateliers d’avenir dans de nombreuses villes de France depuis les années 1980, pour aider les citoyens à choisir quel changement opérer. « On peut toujours faire parler les gens quand on sait écouter !, affirme Marie Renée Bourget Daitch, conseillère technique. Ce sont les habitants qui savent, qui vivent ! » Concrètement, après une journée et demie de concertation, les participants travaillent sur 4 à 5 idées de projets. C’est ainsi qu’à Aurillac, des habitants que la maire n’avait encore jamais vus sont devenus leaders d’initiatives de recyclage ou de jardin partagé. Pour structurer leur action, les mouvements citoyens peuvent ensuite compter sur l’expertise d’associations d’accompagnement, comme Anciela.

C'est la zone de titre
S’impliquer dans un conseil de quartier, une autre voie d’engagement ? Mis en place dans les communes de plus de 80 000 habitants, les Conseils de quartier sont des espaces ouverts à tous, de participation des habitants à la vie quotidienne de la ville. Ils relayent les attentes des habitants et informent sur les projets de la commune. Chacun peut proposer sa participation : https://www.collectivites-locales.gouv.fr/conseils-quartier

Effet collatéral : plus de lien social !

Créer un mouvement collectif et inclusif prend du temps. Mais la patience est souvent récompensée. Ida, de Pih-Poh, raconte : « Des personnes avaient besoin de nous observer sur un temps long avant de venir nous voir. Des dames âgées, souvent assises sur un banc en face, ont mis un mois à rejoindre l’un de nos chantiers ». Des personnes sans-abri participent aussi aux chantiers de l’association, ouverts à tous. « Le seul moyen d’impliquer, c’est le plaisir, sinon les gens n’ont aucune raison de revenir », poursuit Ida.

A La Nizanerie, les bénévoles les plus investis sont les nouveaux arrivants sur l’île de Nantes. Ils viennent rencontrer des personnes avec les mêmes valeurs et veulent, en même temps, se frotter à des gens différents. »Je rencontre des personnes qui réfléchissent à leur manière de vivre, explique Marie, 28 ans. Cela m’a donné envie de jardiner, de faire du vélo… de me lancer ! »  Pour élargir le cercle des habitués, l’association se lance dans un travail de porte-à-porte, avec des techniques d’animation et d’éducation populaire, pour expliquer son rôle.

A travers une école de foot, l’association les Rosoirs, à Auxerre, renforce le vivre ensemble

Toutes ces initiatives facilitent la participation citoyenne et le vivre ensemble. Pauline, d’Anciela, observe : « Ce n’est pas forcément leur finalité première mais elles ont pour conséquence d’améliorer le lien social, la vie de quartier, la solidarité… » Comme à Auxerre avec l’association de quartier des Rosoirs. L’école de foot a été imaginée comme un outil pour favoriser la transmission de principes de vie en société et créer des liens entre les parents d’origines culturelles différentes. Thibaud, bénévole, explique : « L’école de foot est un moteur. Derrière, les parents sont un peu forcés de mettre la main à la pâte ». La mobilisation et la mixité ne s’imposent pas, mais une fois enclenchées, elles changent la vie ici, tout près !

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ALLER PLUS LOIN
Anciela propose des modes d’emploi autour de la mise en place d’actions collectives concrètes (boîtes à partage, composteurs collectifs…) et anime la démarche « Agir dans mon quartier ».
Pour vous investir autour de chez vous, contactez des associations comme  le collectif Pas sans nous, Zéro déchet et son opération « Mon commerçant m’emballe durablement » ou encore le
réseau des jardins partagés

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Pauline Bian-Gazeau

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