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Faire un don à une association sans dépenser un rond, c’est possible !

Publié le 6 octobre 2017

En naviguant sur un moteur de recherche, en répondant à un sondage ou en regardant une publicité, on peut soutenir des causes sans vider son porte-monnaie. Suivez le guide !

Abibao, co-fondé par Vincent Maréchal

Selon le dernier baromètre France Générosité, 78 % des sondés se déclarant donateurs ont plus de 35 ans. Pourtant, les moins de 30 ans ont une image positive de la générosité ! Leurs freins seraient ailleurs. Moyens limités, choix de causes trop vaste mais aussi attente de nouvelles manières de faire des dons, plus adaptées à leur modes de vie, ressortent de l’étude France Générosité sur les jeunes et la générosité.

Plusieurs sites et applis s’attaquent aujourd’hui à ces questions. En naviguant sur un moteur de recherche, en répondant à un sondage ou en regardant une publicité, il devient possible de soutenir des causes qui vous tiennent à cœur, sans vider votre porte-monnaie. En d’autres termes de pratiquer le slacktivisme (anglicisme formé du terme « slack », fainéant en anglais, et « activisme ») qui désigne une nouvelle forme d’engagement sur internet.

Des moteurs de recherche pour financer des projets

Chercher une info dans un moteur de recherche est entré depuis longtemps dans nos pratiques quotidiennes. Chaque jour, 3,3 milliards de requêtes sont saisies sur Google. Des moteurs de recherche, comme Lilo ou Ecosia, proposent de redistribuer les revenus publicitaires générés à des causes solidaires.

« Chaque recherche sur internet génère de l’argent grâce aux liens publicitaires qui apparaissent sur les pages de résultats de recherche, explique Clément Le Bras, co-fondateur de Lilo. Cela représente environ 30 euros par an par utilisateur. Sur Lilo, on utilise le même système que Google, sauf que 50 % de cet argent peut être reversé à des projets environnementaux et sociaux. Chaque recherche génère une goutte d’eau. L’internaute choisit ensuite de donner ses gouttes à des projets, que l’on transforme en argent. » Depuis la création du site en 2015, 437 000 euros ont déjà été reversés.

Ecosia propose quant à lui de financer des plantations d’arbre. Ecosia publie des rapports financiers tous les mois sur les projets financés et la part des revenus publicitaires reversée aux projets, de l’ordre de 80 %.  Le moteur de recherche enregistre 5,5 millions d’utilisateurs actifs et indique que plus 14 millions d’arbres ont déjà été plantés.

Si la marge de progrès est encore grande (les 30 millions de recherches par mois effectuées sur Lilo représentent à peine 1 % de la part de marché), la démarche de ces moteurs de recherche s’affirme militante : « Notre but est de rendre le pouvoir à l’utilisateur, affirme Clément Le Bras. On ne collecte pas de données personnelles, on travaille en open data et on lutte contre le tracking publicitaire en ayant la possibilité de désactiver les cookies. »

Visionner des publicités en échange d’un don

D’autres sites, comme Goodeed et Anona, choisissent de cibler la publicité. Goodeed a été créé le premier en 2014, par un lycéen de 17 ans. Le site est aussi une application. « Vincent, le fondateur, est parti du constat que le don est peu pratiqué par les jeunes, explique Lydie Herduin responsable de la communication de Goodeed. Son idée était de le rendre plus accessible. Aujourd’hui on vit dans un monde où la pub est partout. Donc il s’est dit pourquoi ne pas utiliser cette pub pour un but non lucratif et la détourner. » Le principe est donc simple : l’internaute crée un compte, choisit le projet d’une association ou d’une ONG qu’il souhaite soutenir, puis il visionne une publicité qui financera ce don. Il doit la regarder au minimum 20 secondes et peut ensuite switcher. Aujourd’hui l’association est devenue une société, avec 220 000 utilisateurs, une soixantaine d’associations partenaires et une cinquantaine d’annonceurs. En septembre 2017, les 9 millions de dons (sous forme de vidéos visionnées) ont été atteints. « A la base, on souhaitait rendre le don gratuit, reprend Lydie. Aujourd’hui ce système marche. Maintenant on cherche à le rendre ludique, pour sensibiliser les jeunes générations et qu’à terme ils deviennent des futurs donateurs. On développe un système de gamification avec des badges selon son niveau d’engagement. 70 % des utilisateurs ont entre 18 et 35 ans et sont primo-donateurs : notre mission de sensibilisation porte donc bien ses fruits ! »

Goodeed

Alban est l’un de ces tout jeunes utilisateurs. Il a découvert l’appli sur les réseaux sociaux et a trouvé l’idée « révolutionnaire ». « J’utilise Goodeed car je n’ai pas besoin d’y consacrer des heures ni de dépenser le peu d’argent que j’ai en tant que lycéen. Surtout qu’il y a vraiment des projets très différents, des projets en France et à l’international, des projets sociaux et environnementaux… Je regarde mes trois publicités tous les matins, avant d’aller en cours. Je me sens tellement utile avec ça. »

Répondre à des sondages pour effectuer un don

La jeune plateforme Abibao propose une autre mode de fonctionnement pour soutenir des associations. Vincent Maréchal son co-fondateur de 29 ans, propose aux internautes de répondre au sondage d’une entreprise pour financer une association. Là encore la démarche est gratuite pour l’utilisateur, il devra juste donner un peu de son temps. « Nous proposons un cercle vertueux, explique Vincent. Les entreprises payent car elles ont besoin de réponses qualitatives à des sondages. L’internaute en s’inscrivant répond à quelques questions, mais on ne lui demande ni son nom ni son adresse, seulement un email via lequel il recevra les sondages. Celui-ci n’est pas communiqué, ni revendu. On ne fait pas de marketing avec. On a même décorrélé nos bases de données : les données personnelles ne sont pas reliées aux sondages. »

Associations que l'on peut soutenir en répondant à un sondage sur Abibao.
Associations que l’on peut soutenir en répondant à un sondage sur Abibao.

Six associations d’intérêt général, intervenant dans différents domaines (droits des homosexuels, des femmes, clowns à l’hôpital, recherche scientifique…), peuvent être financées. L’objectif n’est pas d’en proposer trop, pour ne pas noyer l’internaute. Une fois le sondage rempli, environ 50 % de la somme payée par l’entreprise est reversée sous forme de don à une association.

Soutenir une asso tout en faisant du shopping en ligne

Solimoov fonctionne encore différemment. C’est un petit module à ajouter sur sa barre de navigateur. Lorsque l’on effectue une recherche, les résultats des sites partenaires apparaissent dans les résultats de recherche sur Google. Si on effectue des achats sur l’un de ces sites partenaires, 4 % du montant de notre achat (en moyenne) seront reversés à l’association de son choix. Il n’y pas de surcoût du produit pour l’internaute. Plus de 472 sites de e-commerce sont partenaires et reversent un pourcentage des ventes réalisées à travers le module à l’association choisie. 170 associations peuvent être soutenues de cette manière. Solimoov dispose de la reconnaissance d’entreprise de l’économie sociale et solidaire et s’engage à ne pas commercialiser les données de ses internautes.

Solimoov

Selon vos pratiques et vos affinités, les possibilités de s’engager en ligne sont multiples. A vous de choisir les sites et applis qui vous correspondent !

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Rédigé par

Emmanuelle Genoud

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Laura

Publié le 10 octobre 2017

Ou courir solidaire avec Km for Change ;)

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