Planète

Dire adieu aux perturbateurs endocriniens : mode d’emploi

Publié le 2 octobre 2017

Au lit, dans notre assiette, sur notre peau… les perturbateurs endocriniens envahissent notre quotidien. Mais si le sujet a explosé dans les médias, s’y retrouver reste compliqué. Comment s’en débarrasser ? Les associations Générations Cobayes et Générations Futures nous éclairent.

Perturbateurs endocriniens - Générations cobayes

Pour éviter les perturbateurs endocriniens, préférez les sextoys en bois à ceux en plastique ! Avec ses 7 commandements de l’éco-orgasme, Générations Cobayes veut faire réagir les jeunes sur les réjouissances chimiques dangereuses. Adèle Muller, directrice de l’association, explique la démarche : « Avec humour, on montre qu’être écolo et faire attention n’est pas contraignant. On peut se faire plaisir sans se faire du mal ! ». Et puis, le sujet des parties de jambes en l’air, ça concerne tout le monde.

C'est la zone de titre
Mais un perturbateur endocrinien, c’est quoi au juste ? Une substance chimique – ou un mélange de substances – qui vient perturber le fonctionnement de notre système endocrinien, c’est-à-dire des organes qui secrètent des hormones. Et on retrouve ces molécules partout ! Dans nos baumes à lèvres (parabène), nos récipients en plastique (bisphénol A, phtalate), nos fruits et légumes (certains pesticides)…

S’informer : « Le pire c’est de ne pas savoir » 

Faire rire tout en informant sur les perturbateurs endocriniens est une gageure car la réalité est déprimante. L’association Générations Futures a analysé les aliments non bio composant les repas types d’une journée d’un enfant de 10 ans. L’enquête a relevé, sur une journée, la présence de 128 résidus chimiques, dont 47 substances cancérigènes et 37 perturbateurs endocriniens suspectés. Et quand l’association teste la présence de glyphosate (molécule contenue dans la majorité des herbicides ou désherbants) dans les urines de 30 cobayes, tous les échantillons se révèlent positifs.

 

Dessin de sensibilisation aux risques des pesticides sur la santé - Générations Futures
Dessin de sensibilisation aux risques des pesticides sur la santé – Générations Futures

« Comme je dis souvent, le pire c’est de ne pas savoir », raconte Nadine Lauverjat, coordinatrice de Générations futures. Pour résister à ces sans-gênes qui se tapent l’incruste dans votre vie, informez-vous. « Certains documentaires proposent une bonne entrée en matière comme ‘Nos enfants nous accuseront’ de Jean-Paul Jaud sur les pesticides ». Pour en savoir plus, les sites de Générations Cobayes et Générations Futures sont bien fournis en données statistiques, enquêtes, etc. Tout y est.

C'est la zone de titre
Attention, danger ! L’Organisation mondiale de la santé(OMS) qualifie les perturbateurs endocriniens de « menace mondiale pour la santé ». Ces produits chimiques seraient liés à l’augmentation d’un certain nombre de maladies comme le cancer du sein ou de la prostate, le diabète, l’infertilité… Pour tout comprendre, consultez le site de l’INSERM, l’institut national de la santé.

Hors de mon assiette

« Avancez étape par étape pour ne pas vous décourager ! », recommande Adèle de Générations Cobayes. « On ne peut pas changer toutes nos habitudes du jour au lendemain. Pas à pas, il faut devenir vigilant, se renseigner, regarder les étiquettes ».

Lors de vos courses, ayez le réflexe Yuka. Un simple scan du code-barre de votre paquet de pâtes ou votre conserve et cette appli vous renseigne sur leur impact sur la santé. Julie et François, les deux fondateurs (anciens participants du Ticket for Change tour), s’appuient sur OpenFoodFacts, une base de données libre de 131 300 références, pour analyser les produits. Bien sûr, pour vos courses, l’idéal reste encore d’acheter bio pour éviter toute exposition aux perturbateurs endocriniens liée au mode de production.

Bio - Générations Futures
Bio – Générations Futures

Pour choisir ses cosmétiques, tournez-vous vers des labels ou des marques de confiance comme Léa Nature. Sinon, avant d’acheter crème ou maquillage, vérifier leur innocuité sur la banque de données laveritesurlescosmetiques.com.

C'est la zone de titre
Aujourd’hui les magasins bios, les parapharmacies et les grandes surfaces regorgent de cosmétiques « verts » à prix raisonnables. Say Yess vous aide à vous y retrouver.

Pour des idées de cadeaux sains et écolos, Générations Cobayes a mis en ligne un nouveau service : la boutique la Réjouisserie ». Cette plateforme vend une sélection de produits comme la gourde Gobi, fabriquée en plastique sans bisphénol A, ou encore des protections d’hygiène intime en coton bio de la marque « Ma Culotte ». « Beaucoup d’entreprises que nous avons sélectionnées poursuivaient un engagement écologique. Par contre, elles ne réalisaient pas qu’elles répondaient aussi à des questions de santé. C’est dommage car les deux enjeux sont très liés ! », explique Adèle de Générations Cobayes.

Do It Yourself

Autre idée pour éloigner le danger : faire soi-même ! Générations Cobayes propose des ateliers DIY – Do It Yourself. « Nous expliquons l’intérêt économique, écolo de faire soi-même mais aussi l’intérêt sanitaire. On sait quel composant on met, pourquoi, ce qu’on peut enlever. Cela permet de réaliser qu’on peut remplacer des substances chimiques par du végétal, du bio… Avec quelques produits de base, on peut faire toute sa salle de bain ! », raconte Adèle.

Où trouve-t-on des perturbateurs endocriniens ? - Génération futures
Où trouve-t-on des perturbateurs endocriniens ? – Génération futures

Si vous vous sentez dépasser par tant de recommandations, retenez au moins quelques trucs simples. Préférez toujours les produits bruts aux produits transformés et méfiez-vous des fausses annonces. « Si c’est écrit ‘pas de parabène’, ça n’a pas de valeur. Mieux vaut se fier aux labels ! », explique Adèle. « Plus l’étiquette est longue, moins c’est bon signe ! ». A vous de jouer !

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Pour aller plus loin, devenez bénévole chez Générations Cobayes et partagez leur message positif ! L’engagement est flexible, chaque peut s’y retrouver en fonction de ses centres d’intérêt. Pas d’adhésion, c’est un engagement à la carte ! Pour savoir si c’est pour vous, découvrez le témoignage de Léa, jeune bénévole.

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Pauline Bian-Gazeau

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