Planète

Générations cobayes : « se faire du bien sans se faire de mal ! »

Publié le 9 août 2017

Humour décalé, commandos sur les festivals, web-série pour passer à l’action... Pour Générations Cobayes, tous les moyens sont bons pour informer les jeunes sur les liens entre pollution environnementale et santé. Rencontre.

Flyer des 7 commandements de l'éco-orgasme

– Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Léa Assouline. J’ai 26 ans. Cela fait trois ans et demi que je suis bénévole pour Générations cobayes. Je suis ce qu’on appelle une cobaye « obsédée ». On fonctionne avec un système d’engagement à la carte. On peut être un électron libre, faire des missions ponctuelles. Ou être plus engagé et participer aux « commandos » de groupes locaux. Moi, je fais partie du conseil d’administration et je m’occupe de projets de coopération entre groupes locaux.

– Quelle est la nature de votre engagement ?

Notre but est d’amener les jeunes à devenir acteurs de leurs pratiques. Cela se fait toujours dans la co-construction en prenant leurs avis et en restant proche d’eux. Nos objectifs consistent à vulgariser et communiquer des informations scientifiques sur l’environnement et la santé. Avec comme sujet phare : les perturbateurs endocriniens.

– Comment fonctionnez-vous ?

Nous sommes une association de jeunes qui parlent à des jeunes. On fonctionne avec des salariés, des services civiques et des stagiaires. Les autres sont bénévoles sans cotisations. Les chiffres fluctuent donc, mais sur notre groupe Facebook d’appels à bénévoles, on est plus de 1200 membres. Nous avons des « commandos » dans 15 villes françaises, avec entre 5 et 20 personnes selon les villes. Nous fonctionnons en sociocratie, c’est-à-dire avec des élections sans candidats. Lors du Sommet des Cobayes, un événement annuel pour se rencontrer, élire les « obsédés » et décider de l’avenir du mouvement, chacun vote pour un nom de bénévole pour proposer sa candidature comme porteur de projet. Entre 10 et 12 porteurs de projets sont ainsi désignés chaque année.

Lea Assouline et l'équipe Garorock de Générations Cobayes
Léa Assouline, à droite, avec les lunettes de soleil et un sex toy aux couleurs des 7 commandements de l’éco-orgasme.

– Qu’est-ce qui vous a amenés à créer cette activité ?

Au départ, on s’est créés suite au décès d’un étudiant atteint d’un cancer en 2008. Le mouvement « L’appel de la jeunesse » a été lancé par ses camarades, qui voulaient comprendre pourquoi il était mort si jeune de cette maladie. Ils ont invité des scientifiques à s’exprimer sur le sujet. Puis nous sommes devenus l’association « Générations cobayes » en 2013. On travaille toujours avec des scientifiques, qui sont des instances consultatives et forment les bénévoles sur les questions scientifiques.

Le Festival Youth We Can!
Cet article fait partie d’une série publiée à l’occasion du Festival Youth We Can!. Ce festival aura lieu le 23 septembre 2017 à La Villette. Il est organisé par le programme Jeun’ESS, et la plateforme de réflexion sur les Objectifs de Développement Durable, Convergences. Générations cobayes fait partie des nombreuses associations engagées présentes au festival. Vous pouvez aussi lire notre article déjà publié sur les Happyculteurs, qui organiseront aussi une animation autour des abeilles et de la biodiversité pendant le festival. 

– Comment réussissez-vous à toucher la jeunesse ?

On prône des solutions applicables par tous, au quotidien, avec des campagnes virales, des supports qui parlent aux jeunes. On a réalisé une websérie de sept épisodes, « Cobayes squad ». On fait des conférences dans les lycées, les campus. On tient des stands dans des festivals où on distribue un flyer sur les 7 commandements de l’éco-orgasme. Chaque étape avant de conclure correspond à un type de produit. On souligne l’impact de ces produits sur notre santé, mais surtout on donne des solutions. Les jeunes peuvent l’accrocher dans les toilettes, c’est très viral, dans les soirées ! On joue sur le côté fun, décalé. On travaille la forme, le graphisme. On fait des ateliers DIY aussi, où l’on montre que c’est très facile et pas forcément cher de faire soi-même son dentifrice ou son déo… Notre slogan, c’est : « se faire du bien sans se faire de mal ».


– Pourquoi est-ce important d’engager la jeunesse sur les thématiques que vous défendez ?

Les jeunes sont les acteurs de demain, plus tôt on s’y prend mieux c’est. Au départ, l’appel de la jeunesse s’adressait à tous, mais ce n’était pas efficace. On a alors appliqué les techniques des startups : on a resserré la cible autour des 18-35 ans avec un cœur de cible de 20 à 25 ans. On s’est dit que c’est plus simple de parler à des gens de notre âge. On les invite à devenir autonome. Car si chacun est acteur, on a un impact. Si plusieurs personnes achètent du bio, cela remontera au niveau politique.

– Pourquoi avoir choisi de participer au festival Youth We Can! et sous quelle forme ?

On est très heureux de participer à ce genre de festival, lié à nos engagements écologiques et environnementaux. Cela permet d’informer les jeunes. Nous sommes tous concernés par ces sujets. On va tenir un stand et proposer des démos pour des DIY sur les produits ménagers et les cosmétiques.

Un atelier DIY organisé par Générations Cobayes
Un atelier DIY organisé par Générations Cobayes.

– Pourquoi faut-il absolument venir au festival Youth we Can! ?

Il faut venir car le mouvement qui porte ce festival est très dynamique ! En venant, vous verrez plein de jeunes qui se bougent. On est sympa, fun et vous reviendrez avec pleins d’infos sans même vous en rendre compte !

Image writer

Rédigé par

Emmanuelle Genoud

0 commentaire

Cliquez sur le + pour voir les commentaires. Et remplissez le formulaire ci-dessous pour commenter un article.
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même thème

Décryptage

  • Recycles © Kamel Secraoui

    Quand les chambres à air deviennent ceinture et les mobiles retrouvent une jeunesse

    Lire la suite
  • L’ESS, à quoi ça sert ?

    Lire la suite
  • La finance solidaire, ça concerne tout le monde!

    Lire la suite
  • C’est quoi, l’économie circulaire?

    Lire la suite

Say yess tv

  • Comment changer de métier ?

    Béatrice Moulin et Clara de Switch Collective
    icone-youtube-play

    Par: Changer le monde en 2 heures

  • Le métier d’agent-e d’entretien d’espaces verts

    Agent d'entretien des espaces verts - Uniformation
    icone-youtube-play

    Par: Uniformation

  • Vivre sans déchets

    Vivre sans déchets - L'Echo positif
    icone-youtube-play

    Par: L'Echo Positif

Nos derniers articles

Xoel ramasse des haricots secs.
Planète

Maraîchage bio : l’insertion par la case nature

Partout en France, des chantiers d’insertion accueillent des publics éloignés du marché du travail. Avec le travail de la terre, c’est la confiance en soi et les projets professionnels qui se renforcent.

Rédigé par Marie Le Douaran
le 20 octobre 2017 En savoir plus

Citoyenneté

Des labos citoyens vous embarquent dans la recherche

Pour faire face au manque de moyens des laboratoires publics ou au cloisonnement des disciplines, des scientifiques sortent des labos traditionnels et mènent leurs recherches avec l'aide des citoyens.

Rédigé par Marie Le Douaran
le 13 octobre 2017 En savoir plus

Pique nique avec des réfugiés à Meyrargues.
Solidarités

Bienvenue dans nos villages !

Face au phénomène de désertification rurale, l’arrivée de demandeurs d’asile originaires de Syrie, d’Erythrée, de Somalie, de Tchétchénie ou encore du Soudan apporte un nouveau souffle dans des villages de France.

Rédigé par Pauline Bian-Gazeau
le 11 octobre 2017 En savoir plus

Afin d'améliorer votre expérience, Say Yess utilise des cookies. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies, pour nous aider à analyser les audiences de ce site.
En savoir plus
Votre commentaire a bien été soumis. Il est en attente de validation.