Citoyenneté

Eurockéennes : « Pour sensibiliser, on doit être prêt à parler de tout librement »

Publié le 13 juillet 2017

Durant quatre jours sur le site des Eurockéennes de Belfort, les festivaliers ont pu s’arrêter aux stands de prévention du festival. Risques auditifs, sexualité, drogue… Les sujets sont abordés sans pression ni tabou.

Stand de prévention sida, IST, aux Eurockéennes de Belfort

« Vous voulez gagner des places pour leurs Eurocks 2018 ? » Le stand de prévention des risques auditifs des Eurockéennes de Belfort sait comment attirer l’attention des festivaliers, déjà nombreux à venir piocher dans les réserves de bouchons d’oreilles. « On en distribue environ 12 000 paires par jour et on propose le prêt de casques anti-bruits pour les enfants et ados », explique Matthieu, audioprothésiste de métier. Pour sensibiliser aux risques auditifs (acouphènes, perte subite de l’audition, hyperacousie…), une petite exposition donne les réponses aux questions qui permettent de participer au tirage au sort et de remporter le sésame pour l’année prochaine.

Exposition sur les risques auditifs, stand sur les Eurockéennes de Belfort.
Exposition sur les risques auditifs.

« On connaît un peu les risques, mais on ne fait pas hyper attention, admet Fanny, 22 ans, questionnaire en main. Je mets les bouchons juste quand je trouve que ça devient trop fort. Et pour dormir au camping ! » Elle apprend au passage sous la tente qu’au-delà de 85 décibels, le son comporte des risques pour l’audition – le son est à 105 db en boite de nuit -, et les bouchons d’oreille peuvent l’atténuer de 20 à 30 db. « Tous les traumatismes ne sont pas irréversibles, mais une fois que les cellules auditives sont endommagées, elles ne peuvent être régénérées », précise Matthieu. Toujours avec le sourire, le spécialiste préconise donc à son auditoire de rester éloigné des enceintes et de faire des pauses auditives régulièrement.

Le kit de survie du festivalier

La zone « Pour l’amour du rock » dédiée à la sensibilisation, à l’entrée du festival, ne veille pas que sur l’audition des fêtards. Chacun peut se constituer un petit kit en fonction de ses besoins : bouchons d’oreilles, préservatifs mis à disposition par le conseil départemental… mais aussi chapeau de paille et crème solaire distribués par l’association de dermatologues Fauve ta peau. « Les festivaliers ont tendance à oublier ces objets pourtant indispensables, ils sont donc super contents de nous trouver ! On en profite pour rappeler les fondamentaux sur la protection du soleil grâce à un petit quiz », note Claire.

Sur le stand de réduction des risques de l'ALTAU
Sur le stand de réduction des risques de l’ALTAU, Association de Lutte contre les Toxicomanies de l’Aire Urbaine.

Sur le stand de prévention des risques de l’ALTAU (Association de Lutte contre les Toxicomanies de l’Aire Urbaine) on trouve des éthylotests, des dépliants d’information sur l’alcool et les drogues ou encore du matériel pour une consommation la plus sûre possible. Pour Maud, trentenaire habituée des festivals, c’est pratique et rassurant : « Je sais que si j’ai besoin de quelque chose, je peux le trouver ici et sur le camping. »

Les Eurocks solidaires

Say Yess est partenaire des Eurockéennes de Belfort. Retrouvez notre série d’articles sur les initiatives solidaires du festival : Les Eurockéennes, un tremplin musical… et professionnel 

Instaurer la confiance

Mais les stands ne sont pas dédiés uniquement à distribuer du matériel. Leur mission est aussi de créer un espace de discussion et de confiance, pour que les festivaliers viennent et reviennent. « Nous sommes là pour répondre à toutes les questions, rappeler l’existence des centres de dépistage et faire de la prévention autour de la sexualité : IST, grossesse, pilule du lendemain… », explique Sophie du stand « Préservatifs, infos IST SIDA ».

A chaque passage, un ruban coloré est accroché au poignet du festivalier, l’occasion de prendre quelques minutes pour discuter, « et en portant le bracelet, les festivaliers deviennent acteurs du partage du message ‘protégez-vous’ ». « Les festivaliers n’ont pas envie qu’on les embête ! Donc, il faut beaucoup d’humour, ne surtout pas juger les comportements ou les demandes et être prêt à parler de tout librement », explique Mickael, de l’ALTAU.

Un ruban coloré porté par les festivaliers pour diffuser le message : "protégez-vous".
Un ruban coloré porté par les festivaliers pour diffuser le message : « protégez-vous ».

Tous s’accordent sur le fait qu’il y aura toujours des comportements à risque en milieu festif. Mais pour ces observateurs aguerris des festivaliers, les comportements semblent évoluer : « De plus en plus de gens viennent à nous parce qu’ils trouvent la musique trop forte », constate Matthieu. De son côté, Mickael ajoute qu’« il y a toujours autant de produits consommés, alcool et cannabis en tête, mais les gens semblent mieux gérer et réguler leur consommation. » Année après année, les messages de sensibilisation tracent leur chemin sur le site du festival, toujours pour « l’amour du rock ».

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Rédigé par

Marie Le Douaran

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