Solidarités

Les Eurockéennes, un tremplin musical… et professionnel

Publié le 10 juillet 2017

Aux Eurockéennes de Belfort, du 6 au 9 juillet, il n’y a pas que de la musique. Des centaines de personnes, bénévoles, employées ou participantes à des chantiers d’insertion sont présentes pour le bon fonctionnement du festival.

Adelisa, 18 ans, et Amira, 20 ans, font partie de la brigade du tri aux Eurockéennes de Belfort.

Vêtus de leurs t-shirts bleus « Comfort Crew », Apolline et Sefa, 19 et 20 ans, distribuent une petite enquête aux festivaliers. « Il fait super chaud, mais on est contents ! C’est bien de travailler, même bénévolement, pour le festival parce que ça montre qu’on est prêts à s’impliquer pour autre chose que nos études. » Ils font partie des 400 bénévoles des Eurockéennes de Belfort (90), qui mènent à bien leurs missions durant quatre jours. Sur la presqu’île de Malsaucy, d’autres t-shirts bleus sont chargés de la billetterie, de l’accueil des artistes, de la presse ou encore des partenaires.

Les "petites mains" des Eurockéennes de Belfort.
Marion et Eléonore, 20 ans, au premier plan. Maryne et Mathilde, 20 et 19 ans, au second plan.

A leurs côtés, les t-shirts blancs sont le signe distinctif d’autres « petites mains » du festival. Chaque année, les Eurocks lancent une grande campagne de recrutement (500 emplois ont été pourvus pour cette édition) pour des postes très variés : accueil des festivaliers, régie, signalétique… « Je me dirige vers l’événementiel, donc j’ai postulé pour l’accueil, sourit Laura, tout juste 18 ans. Ce n’est pas évident de trouver un boulot d’été qui corresponde à ce qu’on veut faire, donc c’est bien d’être sur un si gros événement. J’espère que ça m’aidera pour trouver un stage ou un job l’an prochain ! » Attablées, Marion, Eléonore, Maryne et Mathilde nourrissent les mêmes ambitions professionnelles. Elles ont choisi elles aussi de s’investir pour avoir une première expérience dans ce domaine.

Donner une chance

Depuis 29 ans, le festival porté par l’association Territoire de musiques ne cesse de grandir et apporte une dynamique très importante sur le territoire. D’un point de vue économique, on comptabilise près de 11 millions d’euros de retombées directes et indirectes, et près de 100 000 euros pour des associations locales. Et le festival mise chaque année sur l’insertion en tissant des partenariats avec des structures locales.

Point de tri aux Eurockéennes de Belfort
Point de tri aux Eurockéennes de Belfort

Parmi la centaine de personnes embauchées pour la gestion des déchets sur le site, 7 sont en formation à l’Ecole de la 2e chance. L’organisme accueille des jeunes de 18-25 ans, majoritairement sans diplôme et sans expérience, qui n’ont pas encore trouvé leur voie. Pour les 7 membres de la « brigade du tri », le challenge des Eurockéennes « c’est d’être à l’heure, de respecter les consignes et les règles du festival », explique Alexandra Cauffre, directrice de l’école. Aucun d’entre eux ne se destine à une carrière dans le tri des déchets, mais « peu ont les codes de l’entreprise, c’est donc une expérience formatrice. »

Miser sur la confiance

« Pour nous, les quatre jours de musique c’est plutôt une soupape de décompression ! », sourit Laurent Fabius, du Service accueil de jour du CEP Ladouce à Bavilliers. En charge d’un chantier d’insertion mené depuis 10 ans avec les Eurockéennes, il coordonne une équipe de 7 mineurs non accompagnés et d’un mineur déscolarisé, qui participe à la mission de « montage-démontage » des accès sécurisés, avant et après le festival.

Eurockéennes de Belfort
Eurockéennes de Belfort

Il n’est pas encore question pour eux de trouver un emploi : « On a pour mission de régulariser la situation des mineurs non accompagnés afin qu’ils aient obtiennent un titre de séjour, explique Laurent Fabius. Tout élément, comme un contrat avec les Eurockéennes, est bon à apporter à leur dossier. Et c’est souvent une première expérience professionnelle pour eux. » En contrepartie de leur travail, les jeunes touchent un salaire de stagiaires, assistent aux concerts et sont intégrés à la grande équipe des salariés. Pour ces jeunes, originaires d’Afrique centrale ou d’Afrique noire, c’est aussi l’occasion d’être confrontés au monde du travail en France et à la culture française. « Les Eurockéennes leur font confiance, c’est un signal très positif et important pour nous et pour les jeunes. »

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Marie Le Douaran

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