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Avec Happyculteur, découvrez l’apiculture en ville

Publié le 20 juillet 2017

Leena et Rémi ont lancé Happyculteur en mars 2017. Rencontre avec deux passionnés souhaitant démocratiser l'apiculture citadine. Pour que chacun-e puisse s'engager pour la biodiversité, à son échelle et près de chez soi.

À propos d’Happyculteur :

Happyculteur est une jeune startup, lancée en mars 2017 par Leena et Rémi. Depuis mai 2017, ils sont à plein temps sur leur projet. Say Yess est parti à leur rencontre.

– Qui êtes-vous ?

Leena : Je m’appelle Leena, j’ai 26 ans. Après une école de commerce, j’ai travaillé deux ans et demi chez Bluenove, un cabinet de conseil en innovation ouverte et en intelligence collective. C’est là-bas qu’on s’est rencontrés avec Rémi.

Rémi : Je m’appelle Rémi, j’ai 25 ans et j’ai fait Grenoble INP, une école d’ingénieur. J’ai enchaîné sur un CDI chez Bluenove après mon stage de fin d’études. J’y ai travaillé un an et demi avant qu’on lance Happyculteur.

Leena : On a participé au Startup Weekend Food à l’ESCP, l’été dernier. Nous avons remporté le premier prix, ce qui nous a poussés à nous lancer dans ce projet.

Leena d'Happyculteur
Leena © Happyculteur

– Quelle est la nature de votre action ?

Leena : Avec Happyculteur, on veut permettre à chaque personne vivant en ville de s’engager pour la sauvegarde des abeilles et le maintien de la biodiversité, à son échelle et près de chez soi. Car, actuellement, si tu veux découvrir l’apiculture, c’est compliqué. Pour donner un exemple, il y a deux ans d’attente pour s’inscrire à l’un des ruchers-écoles de Paris.

Aujourd’hui, on propose des demi-journées d’initiation à l’apiculture et  un format pour suivre la ruche au fil des saisons. Cela représente trois ou quatre sessions, en incluant l’extraction de miel. On est encore en pleine phase de test.

Demain, on voudrait proposer un concept de ruche collaborative avec un apiculteur mentor référent.

– Comment fonctionnez-vous, avec qui et pourquoi ?

Leena : On a rencontré la Direction des Espaces Verts et de l’Environnement (la DEVE) de Paris, et les mairies d’arrondissement. On a des interlocuteurs à plusieurs niveaux.

Rémi : C’est important d’avoir une vision globale pour protéger la biodiversité. On travaille sur une cartographie en open data pour recenser toute la biodiversité à Paris, toutes les toitures végétalisées, les espaces verts… On travaille avec l’INRA pour la quantifier grâce à des indices de biodiversité. En parallèle, on cartographie les ruches déjà existantes.

On a déjà référencé plus d’une centaine de ruches. Les apiculteurs n’aiment pas trop divulguer l’emplacement de leurs ruches, pour éviter les vols. Donc on essaie plutôt de faire des zones de densité. On n’a pas vocation à remplacer les apiculteurs. Ils ont une façon de parler de l’apiculture qui est hyper belle, on n’en parlera jamais aussi bien qu’eux. On veut plutôt créer un réseau d’apiculteurs qui soutiennent notre démarche. Et contribuer à démocratiser leur activité de notre côté.

Rémi d'Happyculteur
Rémi © Happyculteur

– Qu’est-ce qui vous a amenés à créer cette activité ?

Rémi : Ma mère s’est lancée dans l’apiculture en amateur il y a cinq ans, à Nantes. A Paris, on s’est rendu compte que l’apiculture, c’était complètement fermé. On ne sait même pas qu’il y a des ruches alors qu’il y en a plus de 700 ! On trouvait dommage que l’apiculture ne soit pas plus accessible et démocratisée. On veut rapprocher les citoyens des abeilles et surtout des logiques de biodiversité et de préservation de l’environnement.

Leena : L’apiculteur avec lequel on travaille, Volkan, de CityBzz, a des ruches sur le toit de la Recyclerie. Il a travaillé six ans en campagne, et disait qu’il a 0% de mortalité en ville. Alors, qu’en moyenne, il y a 30% de mortalité au niveau national. L’abeille se sent mieux en ville qu’en campagne. Il y a moins de pesticides, qui représentent la première cause de mortalité des abeilles. Et il y a plus de variétés de fleurs, présentes en plus petites quantités certes, mais qui vont fleurir à différentes périodes de l’année.

Le Festival Youth We Can!
Cet article fait partie d’une série publiée à l’occasion du Festival Youth We Can!. Ce festival aura lieu le 23 septembre 2017 à La Villette. Il est organisé par le programme Jeun’ESS, et la plateforme de réflexion sur les Objectifs de Développement Durable, Convergences. Happyculteur fait partie des nombreuses initiatives présentes au festival.

– Comment réussissez-vous à toucher la jeunesse ?

Rémi : Euh, Facebook ? (Rires.)

Leena : Plus sérieusement, c’est le discours, le ton. On n’a pas envie de complexifier l’apiculture ni d’avoir de discours alarmiste. On a un discours volontairement simple, vulgarisateur, positif, qui donne envie et qui ne fait pas peur. Et puis, comme on est jeunes, nous aussi, les gens s’identifient à nous. On touche beaucoup de 25-35 ans. On choisit aussi des lieux que fréquentent les jeunes, comme la Recyclerie.

– Pourquoi est-ce important d’engager la jeunesse sur la thématique que vous défendez ?

Leena : Elle n’est pas assez engagée sur ces sujets-là de manière générale. Pourtant, quand tu parles d’apiculture aux gens, ils repartent avec un smile de ouf, ils trouvent ça incroyable de pouvoir en faire en ville. Le potentiel au niveau lien social est hyper motivant.

– Pourquoi avoir choisi de participer au festival Youth We Can! et sous quelle forme ?

Leena : Je connaissais déjà Convergences. On aura un stand sur lequel on proposera une animation sur l’apiculture urbaine, avec une dégustation de miel. On va montrer et expliquer l’intérieur d’une ruche – vide, bien sûr !

– Pourquoi faut-il absolument venir au festival Youth we Can! ?

Cet événement va allier le côté festival, musique, et la rencontre avec d’autres jeunes qui proposent des actions à ton niveau. L’objectif du festival, tel que je le conçois, c’est de donner envie de s’engager soit en rejoignant une initiative soit en créant la sienne.

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Rédigé par

Pauline Coutier

4 commentaires

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celine

Publié le 06 avril 2018

En 2015 Paris comptait déjà 700 ruches ... Je suis pour la sauvegarde DES abeilles mais tout le monde semble oublié qu'Apis Mellifera ne représente qu'une espèce d'abeilles sur le millier d'espèces existantes et qui permettent une vrai diversité végétale. 70% des 999 autres espèces sont terricoles alors plutôt que d'installer des ruches à tout va et de créer une compétition entre les espèces pensons AUSSI aux 999 autres espèces d'abeilles et laissons leur des coins de friches fleuris où elles pourront nidifier et se nourrir

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L’équipe Happyculteur

Publié le 30 août 2017

Merci pour vos commentaires ca nous fait très plaisir ! Dans le cadre du développement de notre projet, nous souhaitons recueillir un maximum de réponses à ce questionnaire. Pourriez-vous prendre quelques minutes pour y répondre ! Cela nous serait d’une très grande aide ! Merci ! https://form.jotformeu.com/72133764051349

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photographe grenoble

Publié le 16 août 2017

Une startup qui développe un très bon projet visant à la sauvegarde de la biodiversité.

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Deux entrepreneurs développent l'apiculture urbaine – La part du colibri

Publié le 13 août 2017

[…] Lire l’article, chez Sayyess […]

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