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Projet étudiant

Quand une idée se transforme en projet étudiant… et crée une vocation

Nous avons retrouvé Lou et Mathilde, les deux fondatrices du Baba. L'occasion pour elles de revenir sur leur accompagnement par Enactus et nous en dire plus sur ce que l'entrepreneuriat étudiant leur a apporté.

Lou Blanco et Mathilde Prilleux, fondatrices du Baba
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Au tout début, le Baba n’était rien d’autre qu’une « idée cool », comme le dit Lou Blanco. Le projet prend corps lorsque Lou et Mathilde rejoignent Enactus. Cette association accompagne des projets d’entrepreneuriat social portés par des étudiant-e-s. Et elle est séduite par le projet. Car les deux jeunes femmes veulent créer un marché-cantine dont les plats seraient concoctés par des chefs migrants. Retour sur une année d’accompagnement.

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Say Yess a laissé la parole à trois jeunes engagés au sein de la structure. Retrouvez les témoignages de GuillaumeKévin et Rosine. 

D’une simple idée à un vrai projet à impact social

Sans trop savoir à quoi s’attendre, les deux étudiantes décident de s’impliquer au maximum dans le programme d’accompagnement. Dans un premier temps, Margaux, leur coordinatrice Enactus, les aide à dépasser le stade de l’idée pour développer une vraie identité. C’est ainsi que naît le Baba.

Le Baba s’inspire des food markets sud-africains qui effacent les barrières sociales dans un pays encore marqué par son histoire. Sous ce format de marché-cantinue, le Baba se veut un lieu de rencontre entre chefs migrants et gourmands désireux de découvrir une nouvelle culture.

Lou et Mathilde le reconnaissent, l’accompagnement, découpé en plusieurs temps forts sur l’année universitaire, leur permet de « passer d’une idée cool à un projet cadré ». Elles comprennent vite qu’elles ont besoin de fédérer une équipe autour du projet. Clément, Marie et Oum les rejoignent.

Un équilibre à trouver

Ces premiers temps ne sont pas forcément évidents. Les deux jeunes entrepreneures doivent apprendre à déléguer. Après quelques tâtonnements, l’équipe arrive à trouver un équilibre dans la répartition des tâches.

Cette expérience leur fait comprendre que l’entrepreneuriat ne se passe pas toujours comme prévu. « On s’est retrouvés dans des situations où il fallait être inventif, sinon ça ne marchait pas » déclare Lou. Et la gestion d’une équipe en fait partie. Notamment lorsqu’ils doivent continuer l’aventure à quatre. Pour autant, aucun regret ! Le Baba leur a apporté tant professionnellement que personnellement.

La pédagogie d’Enactus : apprendre en faisant

Pour Enactus, il n’y a pas meilleur professeur que la pratique. « On pousse les projets à expérimenter au plus vite. Il est important qu’ils testent leur idée, même si c’est à une échelle réduite », précise Margaux. C’est que l’équipe fait avec succès en créant des événements autour de leur concept.

Mathilde à la soirée de lancement du Baba.

Revivez la soirée de lancement du Baba, à laquelle Say Yess a assisté.

Et l’impact social du projet est déjà palpable. Certains cuisiniers ont déjà été contactés par d’autres structures. « Cela prouve que le Baba sert de tremplin. On ne cherche pas à augmenter les revenus de deux ou trois chefs réfugiés. On recherche l’autonomisation à long terme, par la formation professionnelle. Pour qu’ils travaillent dans un domaine qui leur plaît vraiment », explique Lou.

Cette expérience concrète leur a permis de développer de nombreuses compétences, en gestion de projets notamment. Un complément précieux à la formation théorique dispensée à Sciences Po. « J’ai enfin l’impression de savoir faire quelque chose de mes mains » dit Mathilde, amusée. « Le théorique, c’est bien, mais au bout d’un moment, il faut décrocher le téléphone, trouver des solutions, et trouver des solutions de dernière minute quand ça marche pas. »

Et leur acharnement est récompensé, puisqu’elles ont remporté plusieurs prix, notamment le deuxième Prix de la Solidarité étudiante de la Fondation Veolia et le troisième prix du Concours Innovate de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Grâce aux opportunités offertes par Enactus, le projet a également reçu un fonds d’amorçage d’une valeur de 1000€ de la Fondation VINCI pour la Cité.

 

Continuer le Baba aussi longtemps que possible

Même si l’année est terminée, l’aventure du Baba ne s’achève pas pour autant. Il reste encore à éprouver le concept de marché-cantine. « Lors de nos événements, on a vu que les gens sont intrigués par ce qu’ils mangent, ils ont besoin de poser des questions, de rencontrer les chefs » explique Lou.

Cette aventure entrepreneuriale a bouleversé les plans des deux étudiantes. Lou, qui s’intéressait à l’économie du développement, veut continuer à entreprendre. Mathilde est toujours attachée à la culture, mais aimerait renforcer le rôle de l’action publique dans le soutien de l’entrepreneuriat social. Toutes deux partagent la même vision : donner du poids à l’Economie sociale et solidaire (ESS), mais en passant par des chemins différents.

Pour le moment, elles ne comptent pas arrêter leur activité. Mais cela dépendra du chemin que chacune va emprunter. « On s’est toutes les deux mis dans la tête de faire une école de commerce après Sciences Po.»

Le Baba a cependant vocation à évoluer, même après leur départ. A l’avenir, les deux jeunes entrepreneures espèrent transformer ce projet associatif en Coopérative d’activité et d’emploi (CAE). Mais pour le moment, elles cherchent surtout à recruter d’autres étudiant-e-s. Ce qui leur permettrait de préparer et anticiper les prochaines étapes de développement. Celles qui avaient auparavant du mal à déléguer semblent avoir compris l’importance d’être bien entourées.

 

Vous êtes étudiant-e et le projet vous intéresse ? Retrouvez les postes disponibles sur la page Facebook du Baba. Pour participer à la campagne de financement participatif, rendez-vous sur Kisskissbankbank.

 

Auteur de l'article : Pauline Coutier

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