Culture

Quand festivités riment avec solidarité et responsabilité

Publié le 30 juin 2017

Les festivals de musique rassemblent chaque année des dizaines de milliers de personnes. Pour les organisateurs, il n’est pas question de reléguer les questions environnementales et sociales au second plan.

©cheik_toure

Il fait beau, il fait chaud, la saison des festivals est bel et bien lancée ! Chaque année, des millions de Français – 6 en 2016 selon le site Tous les Festivals – profitent de concerts en plein air. Autant de personnes que les organisateurs de festivals se promettent de divertir mais aussi, de plus en plus, de sensibiliser.

Certains ont misé dès leur conception sur le développement durable, comme le festival écolo We Love Green, ou la solidarité comme Solidays, qui reverse ses bénéfices à des associations de lutte contre le sida. De nombreux autres géants, du Hellfest à Clisson (44) aux Vieilles Charrues à Carhaix (29), en passant par Les Eurockéennes de Belfort (90), développent depuis plusieurs années un volet responsable et solidaire dans leur organisation : réduction des déchets, préservation des ressources et du lieu, mixité des publics…

Point déchet au Festival Les vieilles Charrues , à Carhaix
Point déchet au Festival Les vieilles Charrues , à Carhaix. © Droits réservés

Dans l’espace « All access » qui associe culture et handicap depuis l’édition 2016, les Eurocks vont même expérimenter cette année un « bar sourd » où il faudra apprendre à commander en langue des signes. « En tant que valide, on ne se rend pas compte que tout nous est accessible, reconnaît Bastien, éducateur spécialisé qui sera présent à Belfort du 6 au 9 juillet. Les festivals ont pris le pli de trier les déchets et d’accueillir les personnes à mobilité réduite, donc je trouve ça super important d’aller encore plus loin. Une telle démarche ne peut qu’ouvrir nos horizons, en plus de donner accès aux festivités à des personnes qui y ont peu accès. »

Toujours plus responsables

En Bretagne, le Collectif des festivals constate que ces axes de développement sont de plus en plus importants. « Sur l’accessibilité, le regard s’est élargi au-delà du handicap physique : les festivals réfléchissent de plus en plus à l’accès aux personnes en situation de handicap sensoriel ou psychique », remarque Émilie Cherbonnel, chargée de communication du Collectif.

Fondé en 2005 sous l’impulsion de festivals bretons, il en réunit désormais 29 sur toute la région. Il leur propose de ratifier une charte de bonnes pratiques en matière de développement durable et effectue un travail de fond en proposant des accompagnements personnalisés, en alimentant un fond de ressources documentaires ou encore en menant des recherches thématiques. Le Collectif se concentre actuellement sur les ressources humaines, la transition énergétique et la restauration durable des festivals.

Engager le débat

Pour les festivals naissants, il est quasiment impossible de ne pas réfléchir à ces questions. Certains les intègrent même à leur programmation. « En lançant la première édition du Festival Solidaire Causette à Bordeaux, nous avons évidemment voulu avoir le moins d’empreinte carbone possible », explique Alexa Faucher, responsable de la communication. Une démarche dans la continuité solidaire du festival dédié à la condition des femmes dans la société, qui souhaite soutenir des associations et rassembler un public de différents horizons.

Affiche du Festival solidaire Causette à Bordeaux
Affiche du Festival Solidaire Causette à Bordeaux.

« Nous avons conçu un programme très large – concerts, films, pièces de théâtre, tables rondes, ateliers… – avec un certain nombre en accès gratuit. Notre responsabilité, ce n’est pas de faire un festival réservé aux filles mais pour les femmes, les hommes, les enfants… Et que tous ensemble réfléchissent à ces problématiques. »

Mêler mixité, responsabilité sociale, engagement durable et programmation attractive est un défi que les festivals relèvent de plus en plus efficacement. Et sans jamais oublier un objectif : que la fête soit au rendez-vous pour tout le monde !

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Rédigé par

Marie Le Douaran

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